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bien d'une âme qui l'a mérité par la sainteté de sa vie passée, et que la Providence destine à de orandes choses'^ »
L'abbé de ?dusy gravit, à son tour, les degrés de la chaire. II s'agenouille, prie quelques instants, et tourne vers le peuple, qui désormais sera sa lanulle, son visage profondément ému.
« Tout à l'heure, dit il, vous écoutiez une parole pieuse et savante, vous faisant le portrait du vrai piètre, du « Curé de Paroisse » selon le cœur tle Dieu. — Dans toute hi sin- "^^jj^ (pi'elle me l'a accordée, pour vous, qui cérité de mon âme, j'ai pro- aile/, être et qui êtes déjà ma pre-
mis d'être ce prètre-là : je l'ai ^^^ niière et ma plus chère affection.
promis à Notre-Seigneur et à sa divine Mère.
« Je viens parmi vous, et me voici, dès ce moment, chargé de vos âmes contre toute prévision naturelle... Je n avais jamais exercé le saint ministère. Depuis vingt ans, j'étais malade : je ne pouvais me servir de mes yeux.
Onze ans, j'ai été privé du bonheur de dire la Sainte- Messe. Cette voix que Aj vous entendez, pendant "T" plusieurs années j'en ^ avais perdu l'usage. Résiirné à mon mal, je n'es- ^' :â=jL:t^
ma
m an
m'a comme contraint de 1 implorer, et Notre-Dame de Lourdes a daiuné me l'obtenir.
• « J ai reçu avec joie cette insigne faveur, et chaque jour j'en remercie cette bonne Mère. ..
Mais c'est pour vous , mes frères ;
erais ni demandais ^^-^yp'T\ v} la guérison. On la de- \ \
landait pour moi, on ^ ^y\.- \
Aussi vous donnerai-je tout ce que j'ai : mes journées et mes veilles, ma santé et mes forces, retrouvées à la Grotte de Lourdes.
J'ai laissé ma famille, mes amis, un ministère de missions que j'aimais, tout cela pour vous; et je l'ai fait avec bonheur. Je ne reo-arderai pas en arrière, je ne regarderai pas en avant, mais seulement le sillon à creuser dans vos âmes ; et pour cette œuvre importante, je ne compte que sur Marie. Non, non ! grâces à Dieu ! je n'ai pas eu confiance en moi-même. C'est à Notre-Dame de Lourdes de continuer son Miracle. C'est Elle, c'est Marie immaculée, (pu sera e pasteur de cette pa- 5:^ roisse, je veux qu'elle soit vénéié^' et ai-
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mée parmi vous, je veux qu'elle y soit la Reine... Oui, mes chers frères, vous - ,7^ lui donnerez la plénitude de vos cœurs,
^ ' et vous aurez pour elle un culte filial. Et
elle achèvera ce que, pour le salut de vos / ' âmes, elle a commencé à Lourdes.
"^-^ « Tous les jours, je la prierai pour vous. —
Je la prierai pour vous, vieillards blanchis par les ans, et qui approchez du Paradis, afin qu'elle prolonge et bénisse le soir de votre vie ; je la prierai, afin qu'elle vous assiste à l'heure redoutable et qu'elle vous ouvre alors les portes du Ciel. Je la prierai pour vous, hommes de l'âge mûr, qui portez le poids du travail et qui avez souvent tant de difficultés et de peines à mener toutes choses dans la conduite de la vie : je la prierai, afin qu'elle vous aide, vous éclaire et vous dirige. Je la " — r prierai pour vous, jeunes gens, en proie aux '^ tentations et aux orages de l'adolescence, afin ^^ (pi'ellc vous préserve de tout mal , et \/ ([u'elle vous fasse la grâce d'employer au bien les énergies puissantes qui
bouillonnent en vous. Je la prierai ^ pour vous, jeunes filles, afin
(pi'elle garde de tout péril votre ^^ ^ belle innocence et
qu'elle vous embrase de l'amour du Seigneur. Je la prierai pour vous, enfants,
— ll'J —
afin (lutllo vous fas^f graiulii- c»)nime sou divin fils Jésus, eu sagesse, eu âge et en gràee, devant Dieu et devant les liommes. Je la prierai pour les égarés, afin (piClle les remette dans le chemin ; j)our les méchants, afin ([u elle les rende hons; poui- les hons, afin qu'ils deviennent meilleurs... 1-^t vous aussi, vous la prierez pour moi, afin qu'elle me donne (pielque chose de son cœur, pour vous aimer de j)lus en plus, quelque chose de sa puissance, pour vous servir de mieux en mieux... » Telles turent quel([ues-uns de ses accents apostoli- (pics et paternels. I.a multitude qui se pressait dans l'église versait des larmes. -'' ' ■
Dans raj)iès-midi, un employé du chemin de ^^^ fer viut au Presbytère apporter quelque colis ou quel([ue dépèche. C'était l'un de ceux qui, uu an et demi auparavant, dans la nuit du 6 août, avaient transhordé, de la voiture dans la salle d attente, et de la salle d'attente dans le wagon, le prêtre sans mouvement et sans force, qui allait chercher, à Lourdes, le plus étonnant des prodiges. Se souvenant de tous ces détails et les rappelant aux uns et aux autres, il ne pouvait détacher son regard de ce même prêtre, ^^ miraculeusement guéri, et devenant,par une particulière disposition de la Providence, curé de cette même paroisse où, dans
pèlcnnaj^c d'espérance, il avait fait sa première
"^^ Imite noc -
turne, sa pre - t^
I mière station donlon -
^ Tous les cœurs chrétiens, dans la paroisse de Cliagny, et même bien des ^ y^\ cœurs encore incroyants , étaient dans 1 .dléi^resse. Cette installation de l'homme du Miracle, cette parole qui remuait les plus nobles sentiments de l'âme, étaient l'annonce du plus heureux avenir. Durant cette lète radieuse, un mot retentissait sur toutes es lèvres : le mot de l'aube sans nuages et de la confiance joyeuse : — C est le commencement d'un beau jour !
Mais il en est de tout(;s choses en ce moiuU comme de la terre qui tourne sur son axe , perpétuellement emportée , par son mouvement mystérieux, de la clarté aux ténèbres et des té- ^;- nèbres à la clarté. Tandis que ces ravons d aurore se levaient à
ir-
Chagnv, les ombres mélanco- .
liques du couchant descendaient peu à peu sur le vieux manoir de Dio'oine.
KL