‹ Episodes miraculeuxChapitre 32 sur 48 · XA · texte numérisé non relu

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par trois plaques y de marbre blanc

/y ^ hp.utes et larges. Et sur ce marbre est inscrit, le / /) y ^'^^^^ sommaire des dix-huit

ht àl .M \ -O'^^^ — ^ Apparitions.

Le Curé de ourdes avait

été investi de son grand

rôl

e ici-nas, lors

la V]

avait »* r^ envoyé Bernadette par

ce commandement formel : a Allez dire aux prêtres que je veux que l'on me construise ici une chapelle, w Or, sur ce marbre on lisait cet ordre célèbre : « Allez dire aux prêtres que je veux que l'on

\ me construise ici une chapelle » — Pouvait-elle être remise

plus nettement en mémoire, la mission et la personne du premier ouvrier de la première heure, de celui qui avait creusé le premier fondement et posé la première pierre ?

Le Curé de Lourdes avait un jour demandé à l'Apparition de la ^ Grotte de faire fleurir les roses parmi les frimas de février,

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et la Vierge lui avait répondu par le mot « Pénitence ». — Or, courant par-dessus les frises et faisant le tour de la nef, une longue ligne, composée avec des cœurs d'or, reproduit quelques-unes des paroles de Notre-Dame de Lourdes; et voilà justement qu'au-dessus du grand arceau qui forme l'entrée de cette chapelle latérale se trouve ce mot même que Marie avait répondu à la demande du Curé de Lourdes, et que la vie du saint prêtre avait si douloureusement réalisée : « Pénitence ».

Le Curé de Lourdes, conformément à ce décret de Marie, avait reçu sur son épaule le poids d'une Croix terrible. — Or, quel était le sujet de la Voie douloureuse que l'artiste avait sculpté à la droite de l'autel, dominant la petite ogive qui conduit à la chapelle suivante? C'était le Cyrénéen, c'était l'Homme portant la Croix.

A l'autel où iSL l'abbé Martignon venait de célébrer la Messe, les souvenirs de cette même époque ressortaient également, sous le voile transparent des allégories.

Choisie parmi toute la légion des B heureux, on y pouvait contempler la S qui figure le mieux la Voyante de Lourd une bergère comme elle, une innocente faut de nos contrées méridionales, posséd la même jeunesse, et parlant le même idiome : la très pure et très radieuse Germaine Cousin. A son côté est la houlette de la ofardeuse de brebis, et sa tête est recouverte

de cette coifTure, ressemblante de forme comme

Vv v^ de nom, qu'on appelle capuchon dans la région

de ' " Toulouse, et capulet dans celle des Pyrénées.

« — De tous mes agneaux, disait Bernadette, celui que j'aime

le plus, c'est le plus petit, w Aux pieds de Germaine se

trouve le petit agneau. — Derrière elle le chien, symbole de

la Vigilance^ de la Fidélité et de la Force, pour défendre

bergère et troupeau ; et cette triple vertu rappelait le Pasteur

énergique qui n'avait jamais permis à la persécution déchaînée de

toucher à 1 Enfant de Marie.

A la demande des Roses, Bernadette, on s'en souvient, était rentrée jadis

les mains vides Mais voici que sur l'autel la sainte bergère a aujourd'hui

son tablier tout plein de Roses et que ses mains virginales les répandent à profusion devant elle. Et comme aux Roses il faut un parfum, voici encore que, devant la pierre du sacrifice, un Miracle s'épanouit, embaumant toutes les âmes, et répandant toute bonne odeur sur la mémoire du Serviteur de Marie.

Autrefois la Vierge avait souri comme pour promettre les Roses après cette vie, en la saison du printemps éternel.... Notre-Dame

de Lourdes ^^ venait de tenir la promesse que contenait son

sourire. ©^ :f^

Arrêtons-nous un instant, et appliquons à ce fait d'ordre surnaturel et à ce symbolisme mystique la simple logique de la raison.

Si, en rendant la santé à madame Guerrier, Notre-

'^f Dame de Lourdes n'avait point eu dessein de ^ préciser le sens manifeste qui frappe tous les esprits, et de mêler h cette guérison le souvenir de son Serviteur, n'est-il pas évident qu'elle eût choisi un autre moment v^ç, ce Neuvième jour marqué h l'avance, une autre circonstance que cette dernière messe delaNcuvaine, célébrée par l'intime ami, un autre lieu que cette chapelle significative? Elle eût choisi la veille, le lendemain ou toute autre date; la Grotte, la Piscine, un autre autel, faisant h un autre prêtre la grâce de dire la messe à l'heure et à l'endroit du Miracle. Mais il semble qu'elle ait expressément voulu que le jour, le prêtre et le lieu signifiassent le même nom et donnassent la réponse si instantanément sollicitée. Et, sous l'action de sa volonté toutepuissante, tous les détails de l'événement, se faisant écho e reflet l'un à l'autre, proclamaient et mettaient en saillie la même Vérité.

Non ! non ! de pareilles concordances et de semblables rapprochements ne sont point de fortuites rencontres du hasard! Ces délicates harmonies, ces détails exquis, si soigneusement et si heureusement combinés par Celui qui dirige tout, dénotent aussi infailliblement cette main divine, que les agencements d'une montre et le mouvement des aioruillles dénotent l'action d'un horlog-er. Ces circonstances sont le langage même de Dieu s'adressant aux hommes, langage h la fois clair et énigmatique comme celui des paraboles qu'ilfaisait jadis entendreauxfoules assemblées, sur les rives du lac de Génézareth ou sur les places de Jérusalem. L'âme naïve écoute, comprend et adore. « Avons, disait le Seisrneur à ses

isciples, Il a ete aonne de connaître les mystères du Royaume de Dieu : mais à ceux-ci non pas. Ils ont des yeux et ils ne voient point. Ils ont des oreilles et n'entendent pas. »

Et voilà pourquoi en présence de tout fait miraculeux, de tout acte direct de la puissance divine, il est nécessaire d'ouvrir le regard et d'avoir l'oreille attentive, c'est-à-dire d'en examiner et d'en méditer pieusement toutes les circonstances, afin d'en mettre à profit l'enseignement, après en avoir saisi le sens véritable.

Vous souvenez-vous, lecteur, de ce touchant passage de la Genèse, dans lequel il est raconté comment Eliézer, s'en étant allé en Mésopotamie, vers la cité de Nachor, chercher une épouse pour le jeune Isaac, s'arrêta au bord du puits qui est à l'entrée de la ville. Puis il tourna son cœur en haut et prononça ces paroles :

« — Seîgfnear, Dieu d'Abraham mon maître, venez aujourd'hui à mon aide, je vous en conjure, et que mon maître Abraham trouve grâce devant vous. Me voici près de ce puits, et les filles de la ville vont s'y rendre pour puiser de l'eau. Faites, ô mon Dieu! faites que celle à qui je dirai : « Inclinez votre urne pour que je boive » et qui me répondra : « Non seulement je veux que vous bu- « viez, mais je veux encore donner à boire à « vos chameaux » ; que celle-là soit celle que vous avez destinée à votre serviteur Isaac : et par ce signe je comprendrai que mon maître Abraham a trouvé grâce devant vous. »

« Il n'avait pas fini de parler et voilà que paraît Rebecca portant une amphore sur son épaule Elle descend,

remplit son vase et va s'en retourner.

quand Éliézer se présentant :

« — Vouclriez-vous, lui dit-il, me donner un peu de votre eau, car j'ai soif?

« — Buvez, seigneur.

« Et la jeune fille, s'empressant d'abaisser l'urne qui était sur son épaule, la penche sur son bras pour lui présenter h boire.

« Et quand il eut fini :

« — Je veux encore, ajouta-t-elle, puiser de l'eau our vos chameaux, afin que tous puissent boire jus-

u'au dernier

« Eliézer l'avait contemplée en silence, attentif à

1 arrêt que rendait le Seigneur. Cependant il tirait de

ses coffres des boucles d'or et des bracelets d'un

grand poids.

« Et quand les chameaux eurent bu :

(c — De qui donc êtes-vous la fille?.... « — Je suis la fille de Bathucl, fils de Melcha: mon grand-père est Nachor.... «

« Eliézer se prosterna, adora le Très-Haut et s'écria :

« — Béni soit le Seigneur de mon maître Abraham, qui l'a comblé de sa grâce et de sa vérité, et qui m'a conduit tout droit à la maison de son fièie. )).

A cette concordance parfaite entre l'intime prière de son âme et le signe demandé qui s'accomplissait à la lettre, Éliézer avait reconnu la très claire réponse du

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