‹ Episodes miraculeuxChapitre 39 sur 48 · CM · texte numérisé non relu

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un soin minutieux, étaient empreints, je m'en souviens encore, dune secrète solennité qui me frappait moi-même, tandis que j allais et venais ainsi en ma chambre. Dans cette chambre je n'étais pas seul : il était manifeste qu'il y avait Dieu. La sainte ^'ierg■e, que j'invoquais, y était aussi sans doute.

La foi, une foi ardente et chaude, était descen.lue en moi et emljrasait mon àme.

Quand tout fut achevé, je m'agenouillai de nouveau. « — O sainte Vierge Marie, ayez pitié de moi et guérissez mon aveuglement physique et moral ! »

Et, en prononçant ces paroles, le cœur plein c confiance, je me frottai successivement les deux yeux et le front avec ma serviette, c^ue j'avais trempée dans l'eau de Lourdes. Ce geste que je décris ne dura pas trente secondes.

Qu'on juge de mon saisissement, je dirai presque de mon épouvante ! A peine avais-je touché de cette eau miraculeuse mes yeux et mon iront, que je me sentis guéri lout è» coup, brusquement, sans transition, avec une soudaineté que, dans mon langage imparfait, je ne puis comparer qu'à celle de la foudre.

Étrange contradiction de la nature humaine ! Tout à l'heure, j'en croyais ma foi qui me promettait ma guérison; et maintenant, je n'en pouvais croire mes yeux qui m assuraient que ^sS cette guérison était accomplie !

Non ! je n'en croyais point mes propres sens.

Tellement que je commis la faute de iNloïse et

fe=J frappai deux fois le rocher. Je continuai de

prier et de mouiller mes yeux et mon front, n osant point vérifier ma guérison.

Au bout de dix minutes pourtant, toutes les énergies vitales revenues dans ma vue ne pouvaient phis me laisser aucun doute.

— Je suis guéri ! m écriai-je.

Et je courus vers ma bibliothèque pour JVL;^r-^ atteindre un livre quelconf{ue et lire..'. Je m'arrêtai :

— Non ! non ! ce n'est pas un livre quel-

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conque que je puis prendre en ce moment!...

J'allai alors chercher sur ma cheminée la Notice relative aux Apparitions de Notre-Dame de Lourdes, qui avait été jointe à l'envoi de l'eau. Certes ce n'était que justice. ^^^"i

Je lus cent quatre pages sans m'interrompre et sans éprouver la moindie fatio-ue. Vingt minutes auparavant, je n'aurais pas pu lire trois lignes.

Et si je dus cesser à la page 104, v c'est qu'il était cinq heures trente-cinq minutes du soir, et qu'à cette heure-là, le 10 octobre, il fait à peu près nuit à Pans. Lorsque je fermai le livre on allumait le gaz dans les magasins de la rue. ^^

Le soir je me confessai et je fis part a l'abbé Ferrand de Missol de l'étonnante grâce que la sainte Vierge venait de m' accorder.

Il voulut bien me pei mettre de communier le ■-Â> lendemain, pour *F^^f'"Ti^=^^i^;2<<rS^2«^'\/«

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remercier Dieu et pour fortifier les résolutions qu'un tel événement devait faire naître en mon cœur.

Ainsi que je l'ai dit plus haut, Wladimir avait quitté Paris.

Contre-coups étonnants! C'est parce que ^VIadimir, revenant des Grands-Duchés allemands avait dû traverser la capitale de la France que, pour le voir, j'étais accouru du fond de ma province. Si Wladimir, par son voyage, ne m'eût appelé à Paris, je serais demeuré en Périgord et je n'eusse point été amené sur le chemin de cette entrevue de conséquence extraordinaire avec mon vieil ami Freycinet. Ce n'est point tout : si le jour de mon arrivée, le 2 octobre, à une heure et demie, j'avais trouvé Wladimir à l'hôtel Rastadt; si, juste à cet instant, il n eût été sorti pour une courte promenade de vingt ou trente minutes, je n eusse pas songé à m'informer de Freycinet et ne serais point allé en quelque sorte pour tuer le temps!) à la maison où je le rencontrai et où sa parole me décida; — j'aurais en un mot laissé sans doute passer le moment de la grâce et la divine occasion. ..

Et cette date du 2 octobre marque précisément dans le calendrier catholique la fête universelle des Anges Gardiens, et le jour de leur plus grande influence ici-bas !...

Au délicat agencement de toutes ces conjonctures, — à cette merveilleuse disposition de tous les détails, — à cette longue et graduelle préparation de circonstances pour me conduire sur le chemin du Miracle, — ;i ces fines attaches de tous les incidents et à leur constante direction vers le même but, — à cette soigneuse élaboration d'heures et de minutes, — à cet

étrange choix du jour, pour l'action décisive sur ma

Oui, certes, ô mon Dieu! l'intewention de vos Saints Anges est évidente au plus simple regard de la raison croyante ; — mais, outre le bienfait matériel de ma vue reconstituée, n'aviez-vous pas, Seigneur, un autre but et d'autres desseins profonds, quiétaiententièrementinaccessibles aux investigations de mon esprit?

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