‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inédits (volume 2)Chapitre 174 sur 185 · Voy. p. 277, n · texte numérisé non relu

Voy. p. 277, n

276 l'adieu de forges

Ce qu'il fit n'cstoit que par mine ;

Il ne vouloit point trépasser :

Ce n'estoit que pour grimacer ;

Car, Belle, alors que l'on trépasse, 500 Que c'est de bon & sans grimasse,

On y va d'une autre façon :

On prend un fer comme un poinçon,

Un poignard, puis on se poignarde,

Mettant le fer jusqu'à la garde 505 Dessus la région du cœur ;

Et cela, c'est d'home d'honeur.

C'est pourquoy trouve^ bon, la Belle,

Que, de poignard ny oVallumelle,

De fauconneau ny de canon, iio Je n'aille pour vous che\ Caron :

Si vous estiez dans sa Nacelle,

Je m'en donnerois sous l'aisselle

Et volontiers m embarquer ois

Pour y vivre dessous vos loix ; î 1 ^ Mais tant que sere\ à la Reine,

Pour nos maux et pour nôtre peine, [13]

Ne faites ce faux jugement

Que pour vous j'aille au monument,

Car vous pourriez, sans faire songe, 520 Inventer un très-grand mensonge,

Et par ainsi faire un péché

Dont vôtre esprit seroit taché ;

Apres, les Amans a-outrance,

Vous voyans faire pénitence, 5*5 De tous leurs maux ser oient vange\.

Il semble que vous y songei ;

Mais n'y songea point, je vous prie :

Je vous le dis sans flatterie,

Que pour cent millions d'appas 3 30 Je ne me poignarderay pas.

Ecrivez-le à la MENARDIERE \

Qu'il n'aura point cette matière,

Et qu'il ne dira point de moy

Ce qu'il a dit d'un fou, mafoy.

3 3 s Adieu, vous, jeune Damoiselle .

Ce n'est point une bagatelle

Si l'on dit, vous voyant un jour,

Que vous donnez beaucoup d'amour.

Soit au jour, soit à la chandelle, 340 Enfin vous estes tous jours belle.

Mais on dit (c'est le commun bruict)

Que vous seriez belle la nuict ;

Je ne comprends point ce langage, [14]

Si ce n'est qu'avec avantage 345 Les feux jettent plus de clarté

A minuit qu'au grand jour d'Esté.

Quoy ? ce discours vous importune ?

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