‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inédits (volume 2)Chapitre 175 sur 185 · Le texte porte par erreur Renardière · texte numérisé non relu

Le texte porte par erreur Renardière

1 . Hippolyte-Jules Pillet (a) (?-i663), seigneur de la Ménardière (/;), médecin ordinaire de Gaston de France, a déjà publié divers ouvrages de médecine et de littérature. Plus tard, il deviendra lecteur de la chambre du roi, puis sera reçu académicien en 1655 (Moreri).

Il a écrit récemment une longue épître à M11' de Vandy sur cette aventure d'un « beau Jouvencel » qui vient de se poignarder pour elle ; c'est à cette pièce de vers que Dupin fait ici allusion. Lorsqu'en 1656 la Ménardière réunira en un volume ses Poésies, il intitulera celle-ci : Avanture du Près.... L4HHt, Je n'ai pu identifier ce jeune homme dont le nom commence par un L, et qui en 1656 sera l'un des présidents d'une cour que j'ignore.

Sur la pruderie de M11' de Vandy, voy. Mémoires de Mu* de Mont' pensier : III, 9.

(a) Orthographe hypothétique, mais probablement exacte.

(b) Et non pas Mesnardière. De nombreux contemporains écrivent d'ailleurs Ménardière.

278 l'adieu de forges

Adieu, HONNECOURT \ claire brune,

Brune aux sourcils, aux yeux de gets, 35° Au teint plus blanc qui fut jamais ;

Vivez corne on vous a nourrie,

Si vous voulez estre chérie

De la Comtesse qui le veut,

Mais qui ne veut que ce qu'on peut , 355 Et LECLERC 2, bonne Demoiselle

Qui ne soupe qu'à la chandelle

(Dont elle est en mauvaise humeur),

Vous en prie de tout son cœur,

Car je sçay bien quelle vous ayme, ?6o Ma foy, presqu' autant qu'elle mesme

Et, je crois, bien d'autres aussi.

Ne le croyez-vous pas ainsi ?

Ouy, Belle, vous le devez croire

Corne une véritable histoire.

365 Que je dis un adieu fasch eux

A trois qui ne sont rien que deux.

C'est à vous, Monsieur et Madame,

Qui deux ne vive^ aue d'une ame,

Tant vos cœurs se trouvent unis 3 7° Dedans des plaisirs infinis 3 . [15]

Par tout on vante & l'on publie

1. Je n'ai pu identifier cette M1U d'Honnecourt, qui semble bien être au service de la comtesse de Maure.

2. MUe Leclerc m'est également inconnue. Puisqu'elle se plaint de ne souper qu'à la chandelle, cela prouve d'une part que cette épitre est écrite à une époque de l'année où l'on soupe sans chandelle, c'està-dire pas plus tard que la fin de juillet ; et d'autre part que M1U Leclerc est, comme M11" d'Honnecourt, au service de la comtesse de Maure, chez qui l'on mange à des heures insolites : « la comtesse de Maure passoit, quand elle estoit fille, pour la plus desreiglée personne du monde en fait de repas et de visites ; mais ce n'estoit rien au prix de ce que c'est à cette heure, car elle a trouvé un homme qui luy dame bien le pion... On disne chez eux quand on gouste ailleurs..., et souvent il leur est

Vôtre bonté corne infinie,

Et je parle de ses effets

Corne des biens les plus parfaits J75 Que Von puisse mettre en usage ;

Mesme ave\ avec avantage

Tous les biens & tous les trésors

De l'ame aussi bien que du corps ;

Je parle de vôtre franchise 380 Corne infuse de non point acquise.

Faut-il que je vous dise adieu ?

Les pauvres font des vœux à Dieu,

Par l'entremise de S. Georges,

Que vous passiez l'hyver a Forges ; 38s Mais ces vœux sont trop imparfaits

Pour produire de tels effets,

Et Paris a des lacqs de soye

Où Von se prend avecque joye ;

Et puis on veut vôtre retour 390 Avec un tel exce\ d'amour

Que sans cesse on s'impatiente

Dans cet espoir & cette attente.

Et vous, jeune de VALENÇAY '4,

arrivé de commencer leurs visites à huict heures du soir. » (Tallemant : III, 158).

3. On verra plus loin, au vers 403, qu'il s'agit ici de « Monsieur & Madame d'Entrague », c'est-à-dire de Léon d'Iluers (?- 1664), marquis d'Entraygues, et de sa seconde femme, Catherine del Bene (a) (Cab. des titres : Dossiers bleus 365 : 9507, f° 25).

4. Louise d'Estampes (?-?), fille de Mme d'Entraygues, dont il vient d'être question, et de son premier mari, Jean D'EsTAMras (?-i629), baron de Bellebrune et fils d'un seigneur de Valençay. Dans deux ou trois ans, le 13 mars 1647, e^e épousera Antoine Gouffier, marquis de Thoix, gouverneur de Blois, descendant d'une famille illustre (Cab. des titres : Cab. d'Hozier 130 : 3362, f* 26).

(a) Et non pas d'Elbène (voy. Cab. des titres : Pièces orig . 1048 : 24143, f" 8, 9, 10, 16).

280 l'adieu de forges

Belle, agréable, dt je le sçay, 395 On ne sçauroit plus vous attendre.

Quoy ? vous ne voulez pas entendre

Que c'est tres-impatiemment [16]

Qu'on souffre ce retardement

Que vous faites dans la Province 400 Qui fait le revenu d'un Prince ?

Revenei doneques à Paris,

Pour y passer vos jours en ris.

Monsieur A Madame d'ENTRAGUE,

Adieu ; ce m'est un coup de Dague 405 De vous laisser dans ce désert

Où l'on void peu de beau dessert.

Dame SAUVAT \ il faut qu'on voye

Si j'ay trop grand sujet de joye

De vous dire adieu. Croyei-moy, 410 j'en laisse à juger le pour quoy

A ceux qui sçavent le génie

Dont charme^ toute compagnie,

Et qui conessent le talent

De vôtre esprit tant excellent 415 En qui toute la grâce abonde

Dont on peut ravir tout le monde.

On ne vous prit jamais sans vert,

Dévot Abbé de BOISROBERT*

Et Prieur deux fois tout ensemble > .

1. Catherine de Donon (?-?j, veuve de François Sauvât, trésorier de l'écurie, puis maître d'hôtel du roi, est tante de Jean de Donon, seigneur de Montgeroult. et de Pierre de Donon, seigneur de la Montagne, tous deux beaux-frères de Marion de l'Orme (voy. p. 268, n. 1 et a) ; elle est aussi tante de Marie Chastelain, mère de Marion de l'Orme.

Page 1