‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inéditsChapitre 107 sur 236 · LA COMTESSE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE

Il la remercie de six bouteilles de Syrop de sa façon.

[écrite en 1652 après le 3 mars] ^

C'est trop ; vostre présent m'estonne, Belle & libérale D'OLONNE ; Il vient avec profusion ; J'en ay de la confusion.

Donner bouteille sur bouteille De cette liqueur nompareille, Pur ouvrage de vostre main ?

Un Dieu mesme en feroit le vain ; Ouy, pour avoir pareille grâce, Un Dieu se mettroit en ma place.

Avec excez vous me donnez, [124]

Quand sur les autres vous prenez, Car vostre beauté sans seconde Ravit les cœurs à tout le monde

I. Catherine-Henriette d'Angennes (?-i7r4) est depuis peu (mars 1652) la femme de Louis de la Trémoïlle (1626-1686), comte d'Olonne, qui servit à Nordlingen (1645) et sous les ordres du prince

A MADAME LA COMTESSE d'oLONNE. i6i

De ces mesmes mains qui me font

Le beau présent qui me confond.

C'est, sans mentir, estre trop bonne,

Belle & généreuse D'OLONNE,

Que prodiguer pour un Barbon

Un Syrop si rare & si bon.

Toutefois c'est pourvostre gloire ;

Car, dés que j'en ay voulu boire

Avec un plaisir infiny.

Je suis aussi-tost rajeuny,

Pour authoriser les Oracles

Q.ui vous ont promis cent miracles ;

Vous en avez fait de plus beaux,

Mais le mien est des plus nouveaux.

Comme il se fait, sous vostre empire,

D'un cœur de Bronze un cœur de Cire,

En ceux des plus fermes Amans

Vous faites d'autres changemens :

Vos yeux, en tirans redoutables.

Des heureux font des misérables ;

Mais, comme ils sont fort rigoureux,

Ils n'en ont jamais fait d'heureux 3 :

En ce point, beauté ravissante,

Vous voulez parestre impuissante.

Parmy cent miracles divers ^ [^^S]

de Condé en Catalogne (Anselme : IV, 175). Elle est cousine au neuvième degré de la fameuse Julie d'Angennes, marquise de Montauzier.

Comme elle n'est comtesse d'Olonne que depuis son mariage, qui eut lieu entre le 5 et le 7 mars 1652 (Loret : I, 220), la présente épître est postérieure au j mars 1652.

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