I. Voy. T. P' : p. 222, n
A MADAME LA COMTESSE d'oLONNE. 163
S*il ne prend d'elle sa vertu, Je le prise moins qu'un festu.
Enfin ce n'est point une fable ; Je ne suis que trop véritable, Comtesse, & vous le connoissez :
J'ay soixante ans ; ils sont passez ; Je touche à mon climaterique S Et par vous je luy fais la nique ; Car, si tost que vostre liqueur
80 Hier m'eut passé jusques au cœur,
Sa vertu, de vos yeux aydée.
Passa tous les Arts de Medée ; Ouy, ces yeux, les fléaux ^ des humains, Secondez par vos belles mains,
85 Sceurent rendre au moindre des vostres
La gayté qu'ils ostent aux autres.
Je me sentis de belle humeur ; Au lieu d'un jugement fort meur Qu'on deust bien avoir en mon âge,
90 Je n'estallé que badinage ;
Je ne fus jamais, en parlant, Ny plus joly ny plus galand ; Brancas 3, qui n'est pas trop rieuse.
Eut beau faire la sérieuse :
1. «r CLIMACTERIQ.UE. adj. m. & f. Année dangereuse à passer, &. où on est en danger de mort au dire des Astrologues. Une vieille expérience, ou plustost erreur populaire, a confirmé cette opinion. Suétone dit qu'Auguste félicita son nepveu de ce qu'il avoit passé la 63. année, qu'on tient climacterique. On le dit aussi des années 49 & 56. » (Furetiére 1690).
Bois-Robert n'a donc pas encore 63 ans, et la présente épître est écrite au plus tard en 1652.