I. Voy. T. I", p. 103, n. i
l68 EPISTRE
Parce que mon règne est finy.
65 Le doux Païs des Ordonnances,
D'où j'ay veu pleuvoir les Finances,
Est le seul endroit de la Cour
Oii je cherche à faire séjour ;
Mais j'irois plustost sur les nues [131]
70 due d'en trouver les avenues.
Tu sçais bien, généreux Abbé,
Qu'innocemment je suis tombé
Dans l'inévitable disgrâce.
D'un de ceux qui gardent la place ^ ; 75 Et j'aurois les sens plus troublez
S'il en avoit toutes les Clefs.
Je voy que ton Illustre frère
En est aussi dépositaire 2,
Et, si tu luy voulois parler.
1. Abel Servient (rt) (1593-1659), seigneur de Sablé, académicien, conseiller d'Etat, célèbre par le rôle important qu'il joua au congrès de Munster, est, depuis la mort de Charles de la Vieuville, surintendant des finances en même temps que Nicolas Foucquet (8 février 1653) (Ga-ettes : 1655, p. 175). La présente épître est donc postérieure à cette date. Il n'a cessé d'en vouloir à Bois-Robert depuis son exil de 1656-1643, dont il attribue la cause à celui-ci (Tallemant : IV, 405).
Un de ses frères, Ennemond Servient, est ambassadeur en Savoie depuis 1648.
Un autre frère, François Servient, abbé de Maure et de S. Jouinde-Marnes, devient évêque de Carcassonne le 27 mai 1653, puis un an plus tard évêque de Bayeux (23 mai 1654) (Gallia christ. ; VI, 926 ; XI, 395)-
Une de ses sœurs, Isabeau Servient, est la mère du fameux Hugues de Lionne, futur ministre (voy. p. 265, n. i), à qui Bois- Robert adressera une épître (Livre IV, Ep, xi).
2. Nicolas F0UCQ.UET : voy. la note précédente, et p. 7, u. i.
(a) Et non pas Servien (voy. Cab. des titres : Pièces orig. 2695 : 59857). Pourtant, seul de toute sa famille, Abel Servient finit, dans les dernières années dé sa vie, par signer Servien, cédant en cela à ses contemporains, qui presque tous écrivaient ainsi son nom. C'est là une de ces rares exceptions dont j'ai parlé dans mon Introduction (T. I" : p. X, n. i).
A MONSIEUR L ABBE rOUCaUET. 169
80 Qu'il pourroit m'y laisser couler ;
Ouy, ouy, si tu me sers d'escorte, Déguisant mon nom à la porte, Tu riras de m'y voir receu Sans estre d'Abel ' apperceu, Et voicy de quelle manière.
Le pauvre Douville est mon frère 2, Et ce nom, qu'il ne connoist pas, Nous tire d'un grand embarras.
Il porte titre d'Ydrografe, D'Ingénieur, de Geoo:rafe,
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Mais avec ces trois qualitez Il est gueux de tous les costez ; Bref, il n'a plus d'autre ressource Que celle qu'il trouve en ma bourse.
Sans les obstacles que je voy, Je parlerois aussi pour moy ; J'aurois quelque droit, je l'avoue (Souffre, en passant, que je me loue).
De prétendre à ma pension.