‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inéditsChapitre 126 sur 236 · Voy. p. II, n. I · texte numérisé non relu

Voy. p. II, n. I

3 5 Un teint de Lys, une bouche incarnatte, [i43]

Car l'Art qui mord plaist mieux que l'Art qui Et vous sçavez (chacun le croit aussi) [flatte,

Que dans cet Art j'ay souvent réussi.

Mais, attendant que mon esprit sépare

40 Cette matière & qu'il vous la prépare

Pour vous tenir ce qu'il vous a promis. De mon costé me sera-t'il permis De vous sommer, généreuse Comtesse, De me tenir aussi vostre promesse ?

45 Souvenez-vous que, quand je pris congé.

Me voyant triste & le teint tout changé, « Croiray-je, Abbé, vinstes-vous à me dire, « Que le chagrin ait sur vous quelque empire ? « Vous qui la joye en tous lieux inspirez,

30 « Je vous voy triste ! Hé quoy ! vous soupirez !

« Est-ce d'ennuy d'abandonner la Ville, « Ou bien si c'est quelque effet de la Bile ' ? « — Helas ! vous dis-je & d'un ton languissant, (( Pour peu de jours vous me verrez absent,

55 « Et ce n'est point la Bile qui m'envoye

« Ce noir chagrin qui trouble ainsi ma joye.

« Pour le retour je seray diligent,

« Mais ce retour se fera sans argent,

« Et, si dans peu l'épargne ^ ne m'assiste,

60 « Comme Rouen, Paris me verra triste ;

« Car c'est l'argent qui seul me touche au cœur : « Il fait ma joye, il fait ma belle humeur ; [144] « Si je n'en ay, je ne plais à personne ;

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