A MS^ LE DUC DE GRAMMONT
L'Ambassadeur, quoy qu'on en veuille croire,
Doit de son Maistre aymer sur tout la gloire,
Et celuy-là parle sans jugement
Qui croit l'avoir définy galamment
Un Fourbe grave, un rusé Politique
Qjai va mentir pour la chose publique.
DUC, à ce conte, il falloit t'advertir
De ne bouger, ou d'apprendre à mentir :
Tu n'es point fourbe & ne le peux parestre ;
Ton cœur, jaloux de l'honneur de ton Maistre
Plus que du tien, detesteroit les biens
QjLii luy viendroient par de lasches moyens ;
Tu veux la Paix, où ton Roy s'intéresse ; [204]
Mais l'Espagnol, nonobstant sa foiblesse.
Croit qu'il ne peut cette Paix inspirer
Sans se trahir, sans se deshonorer,
Flatté sans cesse, en prolongeant la guerre,
Du vain espoir de maistriser la Terre.
A MONSIEUR
DE
PELI SSON".
Il luy parle de la maladie de Monsieur le Procureur gênerai, & des autres accidens arrivez dans sa maison \
EPISTRE VIII
[écrite à Paris, en juillet 1658] 3
PELISSON, qui lis dans mon ame, Qui vois qu'elle est toute de flâme, Qui sçais les maux qu'elle a soufferts Pour le cher Maistre que tu sers, Découvre un peu, s'il est possible.
Quand il doit se rendre visible, Car il n'est pas en mon pouvoir D'estre plus long- temps sans le voir.
Depuis mon retour de Touraine, Tu sçais mon mal, tu sçais ma peine, Et que, la fièvre qui me prit Avant passé dans mon esprit.
I. Paul Pellisson (a) (1628-1693), conseiller du roi en ses conseils et en la cour des comptes, aides et finances de Montpellier, est aussi,
(a) Et non pas Pélisson (voy. Cab. des titres : Pièces orig. 2227 : 50382, f° 7).