Voy. T. l'' : p. 204, n
100 Du doux plaisir de me voir exalté
Quand dans mon cœur tu glissas ta louange, Mais ce jour-là tu me parus un Ange.
Lors je connus qu'un favorable accueil N'affoiblit point la force d'un bel œil,
105 Et qu'un souris d'une obligeante bouche
Ne gaste rien dans l'ame qu'elle touche. Veux-tu sçavoir ce qui m'embarassa ?
J'eus peur d'abord, quand ta voix m'encensa. Qu'un tel honneur, qu'on avoit peine à croire,
iro En m'élevant ne fist tort à ta gloire.
Tu le connus, &, pour me rasseurer, « Ouy, repris-tu, j'ay droit de t'honorer : « Le grand Gombaut S Benserade ^, Corneille 3, « Ce Pelisson 4 dont tu me dis merveille,
115 « Ce noble cœur, cet esprit éclatant [215]
« Ont mesme goust, & t'en ont dit autant ; « Scarons, Brebeuf^, Chapelain 7, & Ménage ^
1. Jean-Oger Gombauld (1590 ?-i666), académicien, est âgé d'environ 68 ans. Il a récemment fait imprimer ses Epigrammes (6 février 1657); sa tragédie Les Danaîdes va bientôt paraître ou a déjà paru (8 septembre 1658).
2. Isaac DE Bensseradde(i6i3-i69i) (voy, T. l*' : p. 221, n. 4) est âgé d'environ 45 ans. Il a renoncé depuis longtemps à écrire des comédies et des tragédies. Il compose maintenant les vers de presque tous les ballets qui se dansent à la cour.
3. Pierre Corneille (1606-1684) est âgé d'environ 52 ans. Il a renoncé au théâtre depuis l'échec de Peribarite, Roy des Lombards (1652). A Rouen, où Corneille habite maintenant, marguillier de sa
Karoisse, et où il continue la traduction de L'Irnitaiion de Jésus Christ, loliére et sa troupe viennent de faire un assez long séjour, et Corneille est devenu amoureux d'une actrice de la troupe, M"* du Parc, à qui il a adressé de délicieuses pièces de vers ; en même temps, il s'est repris de passion pour le théâtre : bientôt, avec Œdipe (représentée le 24 janvier 1659), ^^ commencera une seconde série de tragédies.