Sur Paul Pellisson, voy. p. 246, n. i
5. Paul ScARRON (voy. p. 119, n. i) est âgé d'environ 48 ans.
6. Le poète Georges de Brébeuf (1616 ?-i66r), gentilhomme normand, s'est rendu célèbre par sa traduction de La Pharsale de
« A ton Talent donnent mesme avantage ; « Jusqu'au Rainsi 9, l'opposé d'un flatteur, a Jusqu'à Boileau ^°, ce grand Observateur, « Jusqu'à Sapho ", cette Muse vivante, a Aiment le jeu de ta veine galante ;
Lucain (1654). Depuis, il a publié Lucain travesty (1656) et des Poésies diverses (1658), Il est âgé d'environ 42 ans, et compte depuis plusieurs années parmi les protégés de Foucquet (Moreri).
7. Jean Chapelain (i 595-1674) (voy. T. 1" : p. 40, n. i) est âgé d'environ 63 ans.
8. Gilles Ménage (161 3-1692) habite un appartement au cloître Notre-Dame ; il y tient, tous les mercredis, une assemblée appelée par lui mercuriale, fréquentée par quantité de gens de lettres. Il est âgé d'environ 45 ans (Moreri).
9. Jacques Bordier (?-i666), seigneur du Raincy, extravagant et « impétueux », est ami de Scudéry, de Pellisson, etc.. (Œuvres de Scarron : I, 209). « Estant allé à Rome, il y passa pour le plus fou des François qui y eussent encore esté... Entre chien et loup, il alloit par certaines rues tout nu, enveloppé d'un drap qu'il ouvroit quand il passoit quelque femme... Il se délecta de passer pour impie... Ceux qui le fréquentent disent qu'il n'a pas l'ame mal faitte... Il sera quelquefois trois heures sans dire un mot, mesme en visite... Il employé tout son temps à s'habiller. Quelquefois il n'est pas prest à quatre heures du soir. » (Tallemant : IV, 374-580). Il écrit des vers assez agréables.
Son père, Jacques Bordier (?-i66o), seigneur du Raincy, est (( filz d'un chandelier de la place Maubert ». Autrefois secrétaire du conseil du roi, il fut quelque temps exilé par Richelieu pour lui avoir tenu tête dans des circonstances qui donnèrent lieu à une épigramme fameuse de Laffémas, se terminant par les deux vers :
Pour estre filz d'un chandellier Il a bien manqué de lumière.
11 est maintenant intendant des finances ; il s'est fait bâtir, au Raincy, une maison luxueuse : construite par Louis fe Vau, décorée par Charles le Brun, François Perrier, Charles du Fresnoy, entourée de jardins par André le Nostre, elle lui a coûté plus d'un million de livres. Après sa mort, ses fils, en 1663, vendront ce château à la princesse palatine (Tallemant : IV, 374-376. — Chavard & Stemler, Recherches sur le Raincy : p. 10-13, 62).
10. Gilles Boileau (voy. p. 186, n. i) est âgé d'environ 27 ans.
11. C'est ainsi que les poètes de l'époque appellent Madeleine E ScuDÉRY (1607-1701). Agée d'environ 51 ans, elle travaille à sa
Clelie, interminable roman dont elle a déjà publié les trois premières parties, chacune en deux volumes (1654, 1655, 1^57) *> ^^^ deux dernières (quatre volumes) paraîtront en 1660.
a Conrart ^ l'estime, & les Dieux de la Cour « T'ont exhorté de la donner au jour;
125 « Le grand SEGUIER ^ luy-mesme le désire,
oc Et par avance il t'a donné sa cire 3. « Peut-tu donc estre ou parestre surpris « De mon suffrage, après ces grands espris ? « Ouy, je l'estime, & c'est à juste titre.
130 « Haste-toy donc de m'écrire une Epistre :
(( J'en ay leu dix, dont j'ay l'esprit si plein « Que, si j'occupe & ton cœur & ta main, « Je vivray mieux dans tes Vers qu'on imprime « Que dans les miens dont tu fais tant d'estime. »
135 J'obeïs donc à ton Commandement.
Je te diray pourtant sincèrement.
Quelque dessein que tes yeux adorables Fassent icy de m'estre favorables, Qu'en leur faveur tu ménageras mieux
140 Tous les momens qui te sont précieux.
Tu connois bien que, pour se satisfaire, [216] C'est en eux seuls qu'ils ont droit de se plaire; De cette Epistre ils seront peu touchez : Ces yeux toujours doivent estre attachez
145 Sur ton Miroir, quand ils cessent de lire
Avec transport ce que tu viens d'écrire.
1. Valentin Conrart (voy. T. I" : p. 243, n. i) est âgé d'environ 55 ans.
2. Pierre Séguier, chancelier de France et garde des sceaux, « protecteur » de l'académie, est âgé d'environ 70 ans.
3. Le privilège, pour l'impression du volume à'Epistres en vers de Bois-Robert qui paraîtra en mai 1659, est daté du 4 février 1657 (voy. p. 287). La présente épître est donc écrite postérieurement à cette date.