DE S. ANGE
Il la remercie d'avoir osé soustenir son innocence pendant sa disgrâce \
[écrite dans les derniers mois de 1657] ^
Beauté charmante & secourable, Qjai daignez m'estre favorable Et qui, sans craindre le danger, M'avez bien osé protéger Au milieu de tant d'impostures Et de bizarres conjunctures.
Puisque l'on sçait de tous costez Ce que je dois à vos bontez.
Souffrez que je fasse parestre Qu'au moins je sçay les reconnestre ; Si ce petit remerciment Ne marquoit mon ressentiment, Serois-je pas, belle Enemonde, Le plus ingrat homme du monde ?
I. Ennemonde Servient (?-?), première femme de François LE Charron (i626?-i702), marquis de Saint-Ange, premier maître d'hôtel de la reine-mére, est fille d'Eiinemond Servient (1596 ?-
26o EPISTRE
^5 Pour vous mes vœux sont impuissans ; [218]
Je puis vous offrir quelque encens,
Si vostre belle Renommée
Se paist d'une vaine fumée ;
Mais, pour vous les plus doux parfums ^^ Du Parnasse estant si communs,
Je crains que l'encens que j'appreste
Ne vous fasse mal à la teste.
Que puis-je donc faire pour vous.
Si mes Vers, quoy que nets & doux 4, ^5 N'ont la vertu ny la puissance
De marquer ma reconnoissance ?
Il faut cependant m'y borner :
Cest tout ce que je puis donner ;
Et, si vous regardez encore ^° Un cœur zélé qui vous adore,
Le peu que j'ose vous offrir
Se pourra peut-estre souffrir.
Certes, lors que je considère
Qu'au hazard mesme de déplaire, ^^ Vous & vostre Espoux généreux.
Osant deffendre un mal-heureux.
Avez bravé divers obstacles.
Je voy, comme on void des miracles,
Deux âmes qui vivent encor "^^ Comme on vivoit au siècle d'or.
1679), qui est ambassadeur en Savoie depuis 1653 '■> ^^^^ ^st donc nièce du célèbre Abel Servient, surintendant des finances, ainsi que de François Servient (i6oo?-i659), évêque de Bayeux. Elle est aussi cousine germaine de Hugues de Lionne (Cab. des titres : Cah, d'HoTJer 87 : 2295, f° 2 ; Dossiers Meus 613 : 16157, f*' 13 et 14).