Voy. p. Il, n. I
A MADAME LA MARaUlSE DE S. ANGE 2él
Preschant tout haut mon innocence,
Vous irritiez une Puissance
Qui, sur d'autres vains fondemens, [219]
Pretextoit ses ressentimens; 4) Vous voyiez ma perte asseurée :
Vous sçaviez qu'on l'avoit jurée ;
Vous voyiez de tous les costez
Mes Protecteurs épouvantez ;
Mon mal devenoit incurable ; So A prendre un party misérable
Le péril estoit évident,
Et vous me serviez cependant.
Quelle ame ardante & vigoureuse,
Quelle ame, de gloire amoureuse, , , Icy bas a jamais porté
Plus haut la générosité ?
Quelle vertu mieux que la vostre.
Aux Siècles plus beaux que le nostre,
A jamais induit les mortels ; A luy consacrer des Autels ?
Moy qui i'éprouve, je l'admire.
Et c'est tout ce que j'en puis dire.
O que cet Oncle glorieux %
Qu'on révère parmy nos Dieux, 65 Doit, avec le charme & la grâce
D'un tel Ange issu de sa race,*
Aymer son grand cœur aujourd'huy
Si noble & si digne de luy !
S'il vous connoist, belle Enemonde,
11 est le plus heureux du monde.
Qu'on m'a faussement soupçonné ! [220]