‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inéditsChapitre 177 sur 236 · Voy. p. Il, n. I · texte numérisé non relu

Voy. p. Il, n. I

A MADAME LA MARaUlSE DE S. ANGE 2él

Preschant tout haut mon innocence,

Vous irritiez une Puissance

Qui, sur d'autres vains fondemens, [219]

Pretextoit ses ressentimens; 4) Vous voyiez ma perte asseurée :

Vous sçaviez qu'on l'avoit jurée ;

Vous voyiez de tous les costez

Mes Protecteurs épouvantez ;

Mon mal devenoit incurable ; So A prendre un party misérable

Le péril estoit évident,

Et vous me serviez cependant.

Quelle ame ardante & vigoureuse,

Quelle ame, de gloire amoureuse, , , Icy bas a jamais porté

Plus haut la générosité ?

Quelle vertu mieux que la vostre.

Aux Siècles plus beaux que le nostre,

A jamais induit les mortels ; A luy consacrer des Autels ?

Moy qui i'éprouve, je l'admire.

Et c'est tout ce que j'en puis dire.

O que cet Oncle glorieux %

Qu'on révère parmy nos Dieux, 65 Doit, avec le charme & la grâce

D'un tel Ange issu de sa race,*

Aymer son grand cœur aujourd'huy

Si noble & si digne de luy !

S'il vous connoist, belle Enemonde,

11 est le plus heureux du monde.

Qu'on m'a faussement soupçonné ! [220]

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