‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inéditsChapitre 180 sur 236 · Voy. T. i" : p. 65, n · texte numérisé non relu

Voy. T. i" : p. 65, n

3. Ces six derniers vers sont presque identiques aux six derniers vers d'une Epigramme adressée à Paget (Epistres de 1659 : p. 285 des Autres Œuvres). Cette epigramme et la présente épître doivent être écrites à peu près en même temps. Or l'épigramme est accompagnée de cette mention : « Ce fut sur cette Epigramme que Monsieur de Lyonne me regagna l'amitié de Monsieur Servien, après vingt-deux ans de haine. » Puisque la haine de Servient pour Bois-Robert remonte à février 1636 (voy. p. 168, n. i), leur réconciliation date donc de 1658 ; on verra plus loin (p. 281, n. i) qu'il faut placer cette réconciliation en janvier ou février 1658. La présente épître doit par conséquent être écrite dans les derniers mois de 1657.

A MONSIEUR DE

Il le remercie de l'avoir reconcilié avec Monsieur Servien \

[écrite en janvier ou en février 1658] ^

Illustre & généreux LYONNE, Dont la haute Vertu m'estonne Dans ce temps dur & mal-heureux Stérile en Hommes généreux, Enfin c'est par ta bonté rare, Dont tu ne fus jamais avare, Qja 'après avoir désespéré De voir un Ministre adoré Je satisfais à cette envie Qui fait le repos de ma vie. Je ne l'ay pas veu seulement, • Ce visage doux & charmant

I. Hugues DE Lionne (a) (1611-1671), seigneur de Berny, maître des cérémonies des ordres du roi, s'est distingué récemment, à trois reprises, comme ambassadeur extraordinaire : en 1655 ^" Italie pour

(a) Et non de Lyoïine (voy. Cab. des titres : Pièces orig. 1783 : 41 192).

Pour qui tu m'as veu tout de flâme : [224] J'ay veu son cœur, j'ay veu son ame ;

15 Et, si selon mes vœux ardans

J'ay pénétré jusqu'au dedans, Je pense (admire mon audace) due je reprenois quelque place Dans ce cœur, que tu m'as gagné

20 Et qui sans toy m'eust dédaigné.

LYONNE, admire ton Ouvrage, Et voy quel notable avantage Tu m'as aujourd'huy procuré, Me monstrant cet Homme adoré.

2$ Depuis que le plus grand des hommes

S'éclipsa du Siècle où nous sommes (Tu vois que je marque en ce lieu L'Incomparable RICHELIEU), Toute la Cour, je le confesse,

30 Me fut un Objet de tristesse :

J'avois peine à porter les yeux Sur ces endroits délicieux, Témoins de ma gloire passée Qu'avec luy je vis éclipsée 4 ;

35 LYONNE, on ne me connut plus :

faire élire le pape Alexandre VII^ puis en 1656 en Espagne, et en 1657 à la diète de Francfort pour rélection de l'empereur ; il profita de cette dernière ambassade pour constituter la ligue du Rhin. 11 est âgé de 47 ans. Dans un an (juin 1659) ^^ deviendra ministre d'Etat ; et, lorsque le roi prendra en mains le gouvernement (avril 1663), Hugues de Lionne sera l'un de ses trois grands ministres : il sera chargé des affaires étrangères (Moreri).

2. J'ai déjà dit (p. 168, n. i) que Hugues de Lionne est neveu de Servient.

On verra plus loin (p. 281, n. i) que la réconciliation de Bois- Robert et de Servient date de janvier ou février 1658.

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