A MONSIEUR LABBE DE LA VICTOIRE. IO
J*allois en poste au monument i.
145 Quoy que leur advis fust contraire,
Cher Abbé, je les laissois faire Parce qu'il ne m'en coustoit rien, Parce qu'ils me vouloient du bien, Parce qu'en un mot leur science
150 Esgalloit leur expérience ;
Je crûs, quand on me fit suer,
du'il falloit me laisser tuer
Pour sauver l'estime connue [78]
De celuy qui fit la beveue,
155 Comme si son art m'eust esté
Plus précieux que ma santé.
Bourdelot fera mieux, sans doute.
Et, comme il prend une autre route, Deussay-je avec luy m'égarer,
160 Je le suy, sans considérer
Que le chemin qu'il me prépare, Peut-estre à jamais nous sépare.
Dy-luy, si tel est nostre sort.
Que je luy pardonne ma mort
165 Qui plus que son art est certaine
Et qui me va tirer de peine.
Abbé, si j'estois asseuré Qu'en ma mort tu m'eusses pleuré, Je doute qu'il me prist envie
vapeur seroit trop grande, le patient pourra, par intervalles, mettre la teste dehors le pavillon, puis la remettre jusques à ce que ladite fumée sera passée ; là il suera quelque peu s'il est possible, puis pourra sortir et se mettre au lict, enveloppé du linseul qui aura servy audit pavillon, ayant un linge chaud sur le ventre & poitrine ; & en ce lict suera doucement une heure ou deux. j> (Thierry de Héry, La méthode curatoire de la maladie vénérienne... : p. 127-151).
I. « Monument signifie encore le tombeau, & particulièrement en Poésie. > (Furetière 1690). Cf. T. I'"" : p. 6, vers 48.
no EPISTRE.
170 De retourner encor en vie,
Dans la peur qu'on ne te vist pas Si tendre en mon second trépas.
Souifre, dans cette incertitude, Que j'applique icy mon estude,
175 Pour te revoir, à me guérir ;
Car, si je me laisse mourir, Il faut qu'en trois jours on m'oublie, Et je ne sçaurois sans folie Attendre un plus heureux destin
^So Qu'Armand % de qui j'ay veu la fin,
En qui nostre douleur profonde [79]
Crût voir celle de tout le Monde :
On le plaignit deux ou trois jours ; Apres cela je vy le Cours ^
185 Et le Louvre & les Tuileries 3
Dans les mesmes Galanteries.
Pour nous, je me figure assez Que, quand nous serons trespassez.
On dira : « Ma foy, c'est dommage »,
^9'^ Et n'en aurons pas davantage.