‹ Épistres en vers. Éd. critique avec un commentaire tiré de documents pour plupart inéditsChapitre 8 sur 236 · Le cardinal de Richelieu · texte numérisé non relu

Le cardinal de Richelieu

je perdis mon cher Maistre presque dans le mesme temps, & avec luy toute ma joye & toutes mes espérances. Je

90 luy fus véritablement présenté, lors que je revins auprès de luy, par le grand Cardinal Mazarin, qui les pouvoit relever, chez qui il m'estoit assez aisé de conserver mes entrées & mes habitudes, & que j'eusse tenu à gloire d'acquérir pour Maistre si, après ce divin Homme que je

ç^ pleureray toute ma vie, mon cœur eust pu me permettre d'en choisir un. C'est ce qui a fait dire à cet Illustre Auteur qui parle si favorablement de ma Muse :

Qui fut chère au grand Richelieu, El qui trouve la mesme grâce 100 Devant un autre Demy-Dieu ^°.

J'avoue que j'ay quelquefois trouvé cette grâce ; mais je l'ay plus cherchée pour la réparation de mon honneur que quelques ennemis ont voulu blesser, que pour l'achèvement de ma fortune que mes disgrâces ont fort traver-

10^ sée. Si je n'ay point receu de bienfaits de ce grand Homme qui m'a toujours honoré d'une si particulière bien-veillance & qui a si dignement succédé à mon bienfaicteur, c'est que je ne luy ay jamais rien demandé ny en prose ny en vers, que l'honneur d'estre quelquefois souffert en

jio sa présence ". Il auroit sans doute fait quelque chose de

6. Sur François Citoys et l'amitié qui l'unissait à Bois-Robert, voy. T. I", p. 96, n, 6.

7. Cette anecdote est racontée par plusieurs contemporains ; voy., par exemple, Tallemant, 11,480. C'est en avril et mai 1642 que le cardinal de Richelieu fut gravement malade à Narbonne.

8. Il était alors dans la disgrâce du roi depuis la représentation de la Mirante de Desmarets (voy. T. I", p. 59, n. i).

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