Voy. T. I*', p. 22-2 î, V
11. Sur cette attitude désintéressée de Bois-Robert dans ses relations avec Mazarin, voy. T. l"", p. 50, n. 4.
l6 ADVIS.
plus pour moy si j'avois esté plus pressant ; maison sçait bien qu'on ne le peut voir qu'avec des difficultez qu'on ne bazarde plus que fort rarement à mon âge ^ Les GrandSy comme le dit Balzac fort judicieusement & fort galam-
115 ment, nont pas toujours devant les yeux les portraits de leurs serviteurs &. de leurs amis ahsens,pour les faire souvenir de ceux qu'ils oublient^ & je ne suis pas si nécessaire à l'Estat que je doive embarrasser la mémoire de celuy qui s'occupe tous les jours aux plus importantes affaires du Monde. Il
120 me fait accueil quand il me voit, &, comme j'ay peu d'ambition, je me trouve assez étably pour borner toute ma fortune à ses caresses. Si on m'accuse de luy avoir fait quelque plainte de son oubly dans un sonnet que l'on trouvera à la fin de mes Epistres 2, on sera forcé de con-
125 fesser à mesme temps que cette plainte est plus galante & plus obligeante que criminelle :
Je le dy sans reproche écne demande rien ;
Je suis né bon François ; d'ailleurs tu fais Justice :
Rétablissant V Estât, tu me fais trop de bien.
130 On trouvera dans plusieurs de mes Epistres, tant de ce nouveau Volume que du premier que j'ay pris la liberté de luy dédier, que je parle toujours le mesme langage, soit que je m'adresse à luy, soit que j'écrive à ceux de son Illustre Famille, & que je me suis toujours borné à l'hon-
i}5 neur de sa bienveillance, sans l'importuner que fort rarement de mes interests. Comme il est plus juste que ceux qui servent emportent les grâces, que ceux de qui le règne est finy, je ne puis sans témérité en prétendre de nou-
1, Sur les difficultés qu'il rencontre lorsqu'il veut voir Mazarin, voy. T. !•% p. 47, n. 5.
2. A la page 253 du volume, parmi les Autres Œuvres. Je rappelle que je ne réimprime ici que les épîtres.
velles. Cest bien assez pour moy qu'un grand Homme
140 qui a le cœur de toute la Cour ' ne me juge pas indigne de l'honneur de ses bonnes grâces, & qu'il en répande sur moy quelques-unes de temps en temps. Puisqu'il est presque le seul en ce siècle qui considère les gens de mérite & qui se plaist à les obliger, je confesse que, de
145 mon costé, je ne connoy presque plus que luy que l'on doive honorer sur le Parnasse. Cest le plus doux objet de toutes nos Muses, & je ne courtise plus la mienne que parce qu'il témoigne d'avoir une estime particulière pour elle, & qu'il ne dédaigne pas ses petits presens. Aussi-tost
150 que j'ay sceu qu'il trouvoit quelque grâce & quelque naïveté dans mes Epistres, j'en ay rassemblé cinquante nouvelles en ce Volume, & il a trouvé bon que je prisse la liberté de les luy dédier avec trois ou quatre feuilles d'autres Vers que l'on n'avoit point encore veus de moy, afin
IS5 que le Livre fust un peu plus ample & plus digne de celuy qui l'agrée & qui a la bonté de le vouloir protéger. Quoy qu'il paroisse assez petit, comme le caractère est menu & qu'il abrège beaucoup, pour user des termes de l'Imprimerie, on verra qu'il ne contient guère moins de
160 sept mille Vers, tant auxEpistres qu'au reste. Je le donne donc tout nouveau, à l'exception de deux ou trois pièces qui m'ont esté dérobées & que j'ay trouvées avec bien des fautes dans les Poésies choisies de Sercy.^Comme il ne s'en trouve plus du premier Volume, qui a esté imprimé
165 chez Besongne avec plus de fautes que de mois *, mes amis m'ont prié d'en donner une seconde Edition plus correcte. Je travaille de toutes mes forces pour leurcom-