A MONSIEUR SCARON
M'arrcste & ne me permet pas
De priser icy mes appas :
Vous m'avez dit qu'ils sont à craindre,
C'est donc à vous à les dépeindre.
SCARON, de ce Bal si charmant
Je n'ay pas dit tout l'ornement :
Beauvais ^ y paroist admirable.
Tant pour sa grâce incomparable,
Pour la justesse de ses pas.
Que pour ses innocens appas.
J'y voy des Dames de Province
Plaire encore aux yeux de mon Prince.
Ce Prince, en grâce nompareil,
environ demi-heure auparavant son décès ». On l'enterrera dans la chapelle de l'abbaye sainte Croix de Poitiers (a).
Deux de ses frères, Charles d'Appellevoysin, marquis de la Roche-du-Maine, et Claude d'Appellevoysin, baron du Fou, sont en ce moment, comme volontaires, à l'armée du comte d'Harcourt qui combat contre les troupes rebelles du prince de Condé (Ga'^etie^ : 1651, p. 1478).
La mère du grand-père paternel de M"* de la Roche-du-Maine était sœur de Baptiste Tiercelin, évêque de Luçon (Cab. des titres : Pièus orig, 80 : 1607, f» 301).
I. Jeanne-Baptiste de Beauvais (1637 }-i66^), femme de chambre de la reine-mère, est fille de Pierre de Beauvais, seigneur de Gentilly, substitut du procureur général au parlement, et de Catherine-Henriette Bellier (?-i690), dite Catherine la Borgnesse, première femme de chambre et favorite de la reine-mére (Cab. des titres : Dossiers bleus 77 : 1722, f° 5). Elle est âgée de 15 ans. Tout récemment, à Poitiers, vers le 29 novembre 165 1, elle fut souffletée, dans un bal, par le frère de Louis XIV, Philippe de France, duc d'Anjou, âgé de II ans, parce qu'elle riait d'une chute qu'il venait de faire (Loret : I, 184). Sa mère voudrait bien qu'elle devînt fille d'honneur de la reinemère, mais les autres filles de la reine s'y opposent (Id. : I, 209). On a vu plus haut (p. 57, n. i) qu'elle se mariera dans dix mois avec le marquis de Richelieu.
(a) Ces renseignements essentiels sur M"' de la Roche-du-Maine (prénoms, et détails sur sa mort) me sont fournis par son épitaphe, gravée dans la chapelle où elle est enterrée. C'est M. F. de Vaux, alors archiviste départemental de la Vienne, qui m'a révélé l'existence de cette épitaphe et a eu l'obligeance de m'en envoyer une copie.
Sur tout y luit comme un Soleil ^ ; 85 L'air grave qu'il y fait parestre
Sent bien son Roy, sent bien son Maistre.
Mais il fait plus d'éclat ailleurs :
Par ses vertus & par ses mœurs
Tout va d'une égale cadance ; 90 Et ce grand Roy, pendant qu'il dance.
Fait encor assez bien dancer
Ceux qui l'ont voulu traverser ;
Un Courrier vient de son armée,
Qui dit qu'ainsi qu'une fumée 95 Tous ces grands projets inouis [91]
Se sont enfin évanouis 2.
Si je vous écrivois en prose.
Je dirois encor quelque chose
Du retour de ce Mazarin, 100 Qui fait bruit comme un tabourin 3 ;
Car je crains en rime forcée
De mal expliquer ma pensée.
Enfin cet homme baffoué,
Sifflé, vendu, mocqué, joué, 105 Cet objet de tant de Satires