‹ Épistres en versChapitre 145 sur 177 · Voy. p. 47, n · texte numérisé non relu

Voy. p. 47, n

Tous passe-temps, tous jeux, tous exercices,

55 Balets, festins me donnoient de l'ennuy,

Excepté ceux qui se faisoient chez luy ; Quand on m'eust fait resusciter Heleine, [184] Pour moy de grâce & d'attraits toute pleine, Hors de Ruel x qui fut mon Elément,

60 J'aurois baaillé près d'elle asseurement.

Jugez par là ce qu'on a lieu de croire D'une plus belle et plus solide gloire : ANNE 2, l'Amour de la terre & des Cieux, Dont la splendeur esblouit tous les yeux,

65 Cette Princesse, en miracles féconde,

Dont les vertus ont charmé tout le monde, Qui règne plus icy par sa bonté Que par l'éclat de son authorité, Cette Adorable & merveilleuse Reine,

70 Qui sur les cœurs est par tout souveraine,

Qu'on void bénir par ceux qu'elle a sousmis, Qui fait la guerre & n'a point d'ennemis, Bref qui, d'un mot, d'un sousris, d'une œillade, Pourroit guérir l'esprit le plus malade,

75 Non seulement vous souffre au cabinet,

Mais, pour ce cœur, pour cet esprit si net Que justement cette Reine divine Estime en vous ainsi qu'en Socratine »,

1. A Rueil, près de Paris, Richelieu avait une maison de plaisance. Bois-Robert en fit autrefois une longue description en vers, qui parut en 1627 dans le Recueil des plus beaux vers... (p. 557). Cf. Epistres de 1659 : Livre Ier, Ep. vu.

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