BAUTRU
[écrite à Fontainebleau entre le 7 et le 25 octobre 1644] -
Il se plaint à luy de ce que, par la discontinuation de faire sa Cour, il a perdu les entrées qu'il avoit chez M. le Cardinal 3, & luy parle de la maladie de son Eminence 4.
Toy qui m'as veu jadis avec tant de bonté Du Parnasse François bannir la pauvreté, Lors que, solliciteur des Muses affligées, J'appliquois tous mes soins à les voir soulagées 5,
1. Guillaume Bautru (a) (1S88-1665), comte de Serrant, est académicien, conseiller d'Etat et introducteur des ambassadeurs, après avoir été lui-même ambassadeur en Flandres et envoyé du roi en Espagne et en Savoie. Il s'est toujours fait admirer par ses bons mots. Il a trouvé le moyen, après avoir été favori de Richelieu, de l'être aussi de Mazarin. Il a 56 ans. Il vient de marier son fils unique il y a un mois (8 septembre 1644) (Galettes : 1644, p. 760) : le contrat fut signé par la reine régente, Gaston de France, Mazarin, le duc de Lougueville, le comte d'Harcourt, le chancelier Séguier, le duc de Montbazon. le maréchal d'Estrées, etc.. (99* volume des insin. du chlet de Paris : f° 42);
(.t) Et non pas de Bautru.
Rare & puissant Esprit, dont l'entretien charmant [13] N'est pas moins honoré de Jule que d'Armand 6, Songe à ce que je fus, repasse en ta mémoire L'éclat avantageux de ma première gloire 7, Et pleins moy de me voir entièrement privé De ce haut poinct d'honneur où j'estois eslevé. Tu sçais que j'ay toujours adoré ce grand homme Que la France possède à la gloire de Romme ; Ouy, tu sçais, mieux que tous, avec combien d'ardeur J'ay fait, depuis quinze ans, des vœux pour sa Gran- Et tu n'ignores pas les solides offices [deur,
Dont il paya mon zèle & non pas mes services. J'adorois sa Vertu, qui fut mon élément,