‹ Épistres en versChapitre 44 sur 177 · BALZAC · texte numérisé non relu

BALZAC

[écrite à Paris, vers le 25 mars 1646] 2

Il respond à une Epistre qu'il a receue de luy en vers Latins 3, luy dit des nouvelles de l'Académie & plusieurs autres particularitez agréables.

Divin Balzac, Prince de l'Eloquence, Tu veux qu'enfin je rompe mon silence ; Tu me choisis entre tes favoris Pour te mander ce qu'on fait à Paris ;

1. Jean-Louis Guez (a) (i597?-i6)4) n'est pas, comme il se fait appeler, sieur de Balzac, car il a cédé son droit d'aînesse à son frère François le 25 mai 1634 moyennant 60.000 livres. Il vit depuis une quinzaine d'années au château de Balzac prés d'Angoulème. Il a une cinquantaine d'années. Il est en train de préparer son volume de Lettres cïwisies qui paraîtra l'année suivante (Voy. Lettres de Balzac à

(a) Je crois utile de faire remarquer que ce nom se prononce comme l'adjectif gai : il est, en effet, orthographié Gay dans l'acte de baptême de Balzac (Castaigne, Recherches.... : p. 22). Au xvn* siècle, les lettres s et j, comme finales, s'emploient indifféremment l'une pour l'autre : le ^ ne doit pas plus se prononcer que nous ne prononçons I*j du pluriel.

Tu me choisis au milieu de nos Maistres, [28]

Qui vont par tout, qui sçavent tous les estres

Du double Mont, que doit bien fréquenter

L'Esprit hardi qui te veut contenter,

Qui mieux que moy sçavent ce qui se passe

Dans le Lycée aussi bien qu'au Parnasse,

Et mieux aussi, je le dy sans mentir,

Trouveroient l'art de te bien divertir.

Mais tu le veux : il faut donc te complaire ;

A tes désirs il faut donc satisfaire.

Si mon Epistre a pour toy peu d'appas,

Mon zèle au moins ne te déplaira pas.

Or commençons par nostre Académie.

Quoy que toujours puissamment affermie, Elle ne va qu'à pas lents & contez Dans les desseins qu'elle avoit projettez Sous Richelieu, l'ornement de son Age, Qui luy donna crédit, force & courages Le grand Seguier, qui marche sur ses pas,

Chapelain, la pi. n. i. : lettres du 20 août et du 5 sept. 1646).

Sur Balzac, voy. : Castaigne, Recherches sur la maison où naquit Bal\ac ; Ch. Drouhet, Les originaux du « Barbon ».

Page 1