‹ EpitaphesChapitre 12 sur 20 · ÉPITAPHE D'UN BUCHERON · texte numérisé non relu

ÉPITAPHE D'UN BUCHERON

Ci-git un tel. Son cœur humait dès le matin L'air par Teau imbibé d'amer parfum de thym, D'acre essence de houx taillés, de liqueur douce De sapin, du terreux arôme de la mousse, il eût été Tami du Rouge-Chaperon Et du Petit-Poucet grand comme un champignon. Le lierre rimait bien au toit de sa chaumière. Sœur d'un vieil arbre, à la lisière forestière. Tout près, les écureuils qui savent voler haut Sans ailes, descendaient se baigner au ruisseau. Sa hache voyageait comme un quartier de lune Dans les branches qu'il émondait l'autre après l'une.

Cette hache au combat a suivi le sapeur.

Retrouvée à ses pieds, comme aux jours de labeur

Il la posait au tronc d'un aulne dont la sève

Saignait comme ce jour radieux qui se lève.

Page 1