COUVENT DES CAPUCINS-SAINT-HONORÉ
et terres labourables situés entre la grande rue du Faubourg-Saint-Honoré et le mur de clôture de la carrière des Tuileries. Henri III approuva cette donation par ses lettres patentes du 25 septembre 1 5 7 4 et l’évêque de Paris permit enfin aux Capucins, le 18 juin 1676, de s’établir dans son diocèse (1b Le Roi , par de nouvelles lettres du mois de juillet 1676, enregistrées au Parlement le 6 septembre suivant^, les autorisa à construire en France des églises et monastères. Les religieux quittèrent alors Picpus pour se transporter au faubourg Saint-Honoré. Des lettres patentes de Henri IV, en date du 19 octobre 1600, enregistrées le 5 mai 1601, confirmèrent l’établissement des Capucins, ainsi que leurs privilèges, immunités et franchises, et les donations et aumônes qui leur avaient été faites pour la construction de leurs monastères. Louis XIII et Louis XIV, par des lettres patentes des mois de mai 1619 et décembre 1662, renouvelèrent ces privilèges.
Dès leur établissement dans l’hôtel des Coquilles, les Capucins avaient installé une chapelle provisoire dont la dédicace eut lieu le 28 novembre 1675. Le roi Henri III 1 eur en fit construire peu après une autre, qui fut dédiée par l’évêque de Sisteron, en 1 5 8 3 , sous le titre de l’Assomption de la Sainte-Vierge. Comme elle était promptement devenue insuffisante, les religieux se décidèrent à bâtir une grande église qui fut commencée en i6o3 et achevée en 1610. Le cardinal de Joyeuse en célébra la dédicace, le icr novembre de cette année. Cet édifice, dont le plan formait un carré long, était divisé en deux parties par le chœur des religieux et la nef; cinq chapelles ouvraient sur le côté droit de la nef. Le chœur fut complètement refait en 1 735 et, à la fin du xvme siècle, il fallut reconstruire la nef.
L’enclos des Capucins s’accrut au cours du xvne siècle par le don que leur fit, le 12 mai 1623, Claude-Marguerite de Gondi, veuve de M. de Halluin, marquis de Maignelay, d’une maison avec ses dépendances contiguë à leurs propriétés W.
places, maisons, jardins et terres dans le fauxbourg Saint-Honoré, tenant d’une part à la maison et jardin de l’Hostel des Coquilles, appartenans pour lors à ladicte Reine , et aboutissant par derrière à la closlure de la carrière des Tuileries. « ( Arcb. nat. , S. 3705.)
(1) ffün peu avant que Sa Majesté eut donné ses lettres, monseigneur l’illustrissime evesque de Paris, qui nous avoit été beaucoup contraire et qui l’estoit encore, se relascha tant soit peu pour un temps et donna à nos Peres les siennes propres pour favoriser notre etablissement , et après ce fut le prélat de France qui, après nous avoir bien connus, est devenu notre parfait amy et protecteur jusques au dernier soupir de sa vie.» (Chronologie historique, p. 22.)
(2) Le texte des arrêts d’enregistrement de 1676 et 1601 a été publié parFéiibien. (T. V, p. 4 et 4o.)
(3) L’auteur de la Chronologie historique constate que le P. Pacifique fut inhumé en 1576 h Saint- Germain-l’Auxerrois , parce (pie les Capucins n’avaient pas encore d’église ni de cimetière. (P. 18.)
(4) La marquise de Maignelay s’était réservé l’usufruit de l’immeuble et avait imposé aux Capucins la construction d’un mur de clôture du côté des religieuses de l’Assomption «pour que les deux convens fussent séparés suivant les lois de l’église». Mais la question de mitoyenneté provoqua un différend auquel la marquise mit fin, le 12 juillet 1689, par la vente aux religieuses d'un corps de logis de l’hôtel qu’elle occupait. (Arcb. nat., S. 3705.)
Berty s’est demandé comment Mme de Maignelay avait pu aliéner une partie de la maison quelle avait antérieurement donnée aux Capucins. Il est probable que, en sa qualité d'usufruitière, elle agit simplement au nom des religieux, puisqu’elle
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11 occupait, par suite, tout remplacement compris entre la rue clu Faubourg- Saint-IIonoré, le jardin des Tuileries, le couvent des Feuillants W et celui des religieuses de l’Assomption.
Le monastère, qui avait été édifié en i6o3, agrandi et renouvelé en 1781, était le plus considérable de tous ceux que l’Ordre possédait en France^ : il comprenait deux corps de logis dénommés le grand et le petit couvent. Le grand couvent formait un bâtiment quadrilatéral avec préau, construit, en bordure sur le passage des Feuillants; il était relié à l’église par le petit couvent, qui consistait en deux ailes de moindre importance, entre lesquelles se trouvaient un cloître et un cimetière. Ces constructions étaient entourées de jardins vastes et bien entretenus U). Dans l’enclos, du coté du faubourg, existaient aussi quelques maisons louées à des particuliers.
En exécution d’un décret de l’Assemblée nationale du 5 février 1790, les religieux durent quitter leur maison, au cours de cette année, pour se transporter au couvent des Capucins du Marais, et, le 3o juillet, l’Assemblée prit possession du local pour y installer ses bureaux L’église servit de Dépôt pour réunir les livres provenant des émigrés et des Bibliothèques monastiques de Paris. Plus tard, un arrêté consulaire du ier floréal an x (21 avril 1802) prescrivit la vente de toutes les propriétés nationales comprises entre la rue Saint-Honoré et les Tuileries, et l’ouverture des rues de Rivoli, de Castiglione et du Mont-Thabor, d’après les plans de l'architecte Percier, fit disparaître les derniers vestiges du couvent.
était assistée dans cette vente du notaire Charles, svndic honoraire des Capucins. D’ailleurs, elle leur laissa, par son testament du 19 février i644, les 3,ooo livres provenant de la vente. (Minutes de l’étude Fauchey. )
(1) Entre les Feuillants et les Capucins se trouvait un passage reliant les Tuileries au faubourg Saint- Honoré, dont les deux couvents se disputaient la possession. Un arrêt du Conseil intervint, le 1 5 septembre 1601, pour régler le différend, qui fut définitivement tranché, en 1608, par une transaction amiable. (Cf. Topographie historique, t. I, p. 3o.)
(2) rrLe couvent est fort spacieux, pour être aujourd’hui dans la ville: car, lorsqu’il fut bâti, ce quartier n’étoit qu’un fauxbourg. Les bâtimens réguliers sont moins simples que les autres couvens des Capucins; ils sont d’ailleurs si vastes, qu’ils peuvent contenir une communauté d’environ cent cinquante religieux. En 1 7 3 1 , ils ont fait rebâtir le portail et le mur de clôture qui sont sur la rue Saint-Honoré et en 1735 ils ont fait rebâtir le chœur de leur eglise.
On peut dire que, dans ce morceau d’archilecture, ainsi que dans la construction du portail qui est sur la rue Saint-Honoré, ces Peres sont sortis de l’uniformité qui règne ordinairement dans les bâtimens des couvens de leur Ordre.» (Piganiol, t. III, p. 9.)
<3) «Les Capucins de cette maison ont un jardin , le moins curieux et cependant le mieux cultivé de Paris, avec un peu de choux, de raves et d’herbes. Us ont pratiqué des compartimens dans leur parterre qui sont plus agréables à la vue que ceux de nos plus illustres familles; et, de plus, les ont distribués avec tant d’ordre et de symmetrie qu’ils réjouissent plus les yeux que ne font les tulipes et les annemones. Les arbres sont coupés en palissades, les allées sont larges et bien touffues; il y en a une entre autres (à la porte du jardin et du couvent et finit contre les murs des Tuilleries) des plus plaisantes qui se voient. Elle est d une largeur extraordinaire, toujours sombre et fraîche et toujours couverte de branches et de feuilles , et pourtant n’est bordée d'arbres que d’un côté. » (Sauvai, t. I,p. 487.)
IMan du couvent des Capucins du faubourg Saint-Honoré u).
ÉPITAPHES DU COUVENT
ÉGLISE