L’ABBÉ MANDAT
Épitaphe gravée sur un losange de marbre noir (1) :
752. — + || Cy GIST || LE CORPS DE |] MESSIRE L’ABBÉ MANDAT, || DOYEN DES CON¬ SEILLERS || cleres du Parlement || de Paris. || 1732.
Guithermy, t. I, p. 426 (reproduction figurée).
(1) frCe carreau de marbre noir faisait partie du pour mettre une couche d’asphalte en avant de la dallage de la seconde travée de la galerie méridio- porte latérale de l’église qui s’ouvre en cet ennale du cloître; on l’a supprimé tout récemment droit. s (Guilhermy, t. 1, p. 424.)
Vue du couvent des Carmes déchaussés (1).
COUVENT
DES CARMES DÉCHAUSSÉS
NOTICE HISTORIQUE
A la suite de la réforme de l’Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel, les religieux de la nouvelle observance s’étaient promptement répandus, durant la seconde moitié du xvie siècle, dans les monastères d’Espagne et d’Italie.
Le pape Paul V, désireux de leur procurer un établissement en France, envoya à Paris deux d’entre eux qui étaient d’origine française, et les recommanda à la bienveillance de Henri IV par des lettres missives du 20 avril 1610, que le cardinal de Joyeuse fut chargé de remettre à ce prince.
Au mois de juin, quelques semaines après l’assassinat de Henri IV, les Carmes arrivèrent à Paris, et, en attendant qu’il leur fût permis de s’y fixer définitivement, le nonce Ubaldini leur procura un logement d’abord aux Mathurins, puis au collège de Cluny. Peu après, le cardinal de Joyeuse les présenta au jeune roi Louis XIII et à la reine régente, qui, par des lettres patentes du mois de juillet, les autorisèrent à s’établir à Paris et à Lyon. Ces lettres ne purent être en-
(1) Réduction d’une estampe de Jean Marot. (Bibl. nat., Topographie de Paris.) — Le plan du couvent est une réduction de celui que M. Albert Lenoir a publié dans la Statistique monumentale de Paris.
registrées au Parlement®, bien que le roi l’eût formellement prescrit par ses lettres de cachet du 20 septembre®. Il fallut les renouveler au mois de mai 1611, lorsque le nouveau premier président, Nicolas de Verdun, eut triomphé de l’opposition des conseillers, et l’enregistrement eut lieu le i5 juin suivant. Le 22 mai 1611, l’évêque de Paris, Henri de Gondi, permit aux Carmes déchaussés de s’établir dans son diocèse®.
Ce même jour, les religieux prirent possession d’une maison avec jardin, sise près du Luxembourg, sur le chemin de Vaugirard, qui leur avait été donnée le 1 /1 mai par Nicolas Vivien maître des Comptes, leur premier et leur principal bienfaiteur.
11 Un Inventaire des titres du couvent, dressé en 1 65 4 , constate que rrces lettres ne se retrouvent nv en original ny en copie; il y a tout lieu de croire quelles ont été négligées, attendu que le Parlement en a refusé la vérification et l’enregistrement, et que l’on a été obligé d’en obtenir d’autres. « (Arcli. nat. , S. 3700 , p. a4o.)
(2) Le texte de ces lettres a été publié par Félibien. (T. V, p. 47.)
(3) Les divers litres concernant l’établissement des Carmes déchaussés à Paris et leurs acquisitions de terrains avaient été transcrits par les religieux dans un cartulaire qui est maintenant conservé aux Archives nationales. (LL. i4p4.)
Malingre a imprimé Je texte des lettres missives de Paul V et de l’autorisation de l’évêque de Paris. (P. 389-890. )
(4) Le registre du procureur du couvent présente un relevé très détaillé des diverses donations faites aux Carmes par Nicolas Vivien :
ffPar contract passé le 1 4 mai 1611, messire Nicolas Vivyan, conseiller du rov et maître ordinaire en sa Chambre des Comptes h Paris, a donné aux religieux Carmes deschaussez, de la congrégation de Saint Elie, une maison consistant en deux corps d’hotel, plusieurs courts et un grand jardin, scis au fauxbourg Saint Germain des Prez, rue Cassette, contenant quatre arpens ou environ, qu’il avoit acquise, le 1 1 desdits mois et an, de messire Robert de Barra t, conseiller du roy et maître d’hôtel ordinaire de Sa Majesté, et de dame Françoise Fromage, son épousé, moyennant la somme de 1 5,ooott, et de 3oott au lieu d’une chaisne d’or pour laditte dame de Barrat, pour en laditte maison et jardin bâtir et fonder un monastère à l’honneur, gloire et service de Dieu, à la charge : i° que ledit sieur Vivyan et toute sa famille parti-
ciperoit à toujours aux saintes prières, oraisons et autres exercices de dévotion qui se feront audit monastère; 20 que nous ou nos successeurs serons tenus de lui rendre la somme de 765ott, moitié du prix de laditte acquisition.
rrPar quittances passées les 1 7 et 20 octobre 1611, ledit sieur Vivyan a payé aux charpentiers et massons qui ont accomodé laditte maison en monastère la somme de 1 899^ 55 6d.
trPar contract passé le 1er décembre 1612 , ledit sieur Vivyan nous a donné et cédé les 7,65ott que nous étions obligez de luy rendre, par le contract du i4 mai 1611, à la charge : i° de la participation des prières susdites; 2e de luy conserver une chambre -dans l’enclos de notre monastère, pour s’y retirer de tems en teins; 3° d’inhumer son corps, après son décès, dans la sépulture de nos religieux.
ffEn 161 3, M. Vivyan nous a donné une obligation de la somme de 2,ooott, qu’il avoit prestée à une personne de qualité, laquelle somme nous avons reçue depuis et nous a servi à paier les ouvriers des batimens de notre eglise et de notre convent.
ffPar contract passé le 1 1 août i6i5 , nous avons acquis des heritiers de Denys Allan un arpent et demv de terre, scis derrière notre convent, moiennant la somme de i,ooott provenant des deniers que nous a donnez à cet effect ledit sieur Vivyan.
ff Le i3 juillet 1617, M. Vivyan nous a donné la somme de 3,ooott, qui a été emploiée à paieries matériaux et les ouvriers qui travailloient aux batimens de notre eglise et de notre convent, laquelle somme M. Vivyan, à la sollicitation de N. R. P. Denis de la Mere de Dieu, vicaire de ce convent, a pris à rente de M. Des Landes, conseiller du roy en sa cour de Parlement, par contract passé le 1 3 juillet 1617; lequel contract ledit sieur Vivyan
COUVENT DES CARMES DÉCHAUSSÉS
Avec l’autorisation de l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, ils installèrent provisoirement dans une salle de leur maison, qui avait autrefois servi de prêche aux Huguenots, un oratoire qui fut béni par le nonce Ubaldini. En même temps, Jean Du Tillet de la Bussière, greffier au Parlement, leur faisait édifier à ses frais une chapelle où l’on célébra la messe pour la première fois le G novembre
Par suite du développement rapide de la communauté et de l’affluence du peuple aux offices religieux, le couvent et la chapelle devinrent promptement insuffisants. Aussi les Carmes, qui avaient notablement accru leur propriété, commencèrent-ils, en 161 3, la construction d’un grand bâtiment en façade sur le jardin. La première pierre du nouveau couvent fut posée le 7 février par Nicolas Vivien, et celle de l’église le 20 juillet, par la reine régente Marie de Médicis^.
En 161 G, le monastère était achevé et l’on y établit le noviciat, qui fut
a remboursé de ses deniers , le 1 6 septembre , audit an 1617 .
rr Par quittances sous seing privé des 8 août 1 G 1 9 et 5 mars 1620, M. Vivyan a payé la somme de 33ott au marchand qui nous a fourni du metail pour nos cloches.
ffPar contract passé le 17 septembre 1621, M. Vivyan nous a donné le fonds et la propriété d’un arpent et demy de terre en jardin, qu’il a acquis le 7 juillet, audit an 1621, par decret du Châtelet, des aians cause de Claude Dumont et de Jacques Le Roy, moiennant la somme de 2,4 15**, à la charge d’être toujours luy et toute sa famille participais à nos prières et oraisons, comme fondateur et premier bienfaicteur de ce convent.
crEn 1627, M. Vivyan a fait faire la chaire du prédicateur de notre eglise, et c’est le seul endroit où les armes dudit sieur aient été mises.
crLe 1 e* juillet 1629, M. Vivyan nous a donné la somme de 4,5oott, à condition de luy fournir une partie de l’eau que le roi nous a donnée, provenant des fontaines de Rungis, laquelle somme nous a servi à paier 4,io8tt à Pierre Selley et à Jean i’Eschappé, maistres charpentiers à Paris, pour parfait paiement de pareille somme que nous leur devions, tant pour les ouvrages que pour la fourniture de bois et façons du comble et du dosme de notre eglise, par eux faits, suivant notre promesse
du 6 novembre 1628 . Les 3g2tt du surplus
desdiltes 4,5oott ont servi à paier, en partie, le plomb qu’on a achepté pour les tuyaux de notre fontaine.
cM. Vivyan, par son testament du 20 mars 1637,
a ordonné : 1° que son corps, après son décès, seroit inhumé dans la sépulture de nos religieux, ce qui a été exécuté le 1 3 juin 1637 ; 2° que, le jour de son décès et le lendemain, on diroit dans notre eglise cent messes pour le repos de son ame , pour la rétribution desquelles il nous a légué i5s pour chaque messe . ; 3° qu’après sa mort, on met¬
trait dans la chapelle de la Sainte Vierge ou autre chapelle une représentation qui serait couverte du mesme poesle de velours qui nous aurait servi à son enterrement , pour y demeurer une année entière, ensemble un devant d’autel, credences et
autres ornemens à cet effect . ; et qu’au bout
de l’an de son décès, lesdits poesle, devant d’autel, etc., nous demeureraient , à la charge de les garder et de ne point ôter de dessus les armoiries que ledit sieur y a fait mettre pour demeurer à toujours; 4° ledit sieur Vivyan nous a légué son calyce de vermeil doré et tous ses livres, de quelque prix et valleur qu’ils soient; 5° plus ioott de rente, au principal de i,8oott, à prendre des 6oott de rente, au principal de io,8oott, constituées au profit dudit sieur par les R. P. Augustins reformez de ce fauxbourg, par contract passé le 1" juin 1 65 1 , à commencer à jouir de laditte rente de 1 ooH du jour d’après le bout de l’an du décès dudit sieur. n (Arch. nat., S. 3782, p. 119-121.)
ll) rt Geste première pierre, sur laquelle estoient gravées ces paroles latines : Maria Medic.ea , Re-
GIXA MATER , FUNDAMENTUM HDJDS ECCLESI.E POSUIT, ANNO
1 6 1 3 , fut mise au costé droict de l’eglise , c’est-àdire au gros pillier qui est à costé du grand autel. » (Malingre, p. 391.)
transporté hors de Paris l’année suivante W; en 1618, on éleva un autre corps de logis, parallèle au premier, auquel il fut relié par deux galeries transversales^. L’église, terminée quant au gros œuvre en 1620, fut bénite par Charles de Lorraine, évêque de Verdun, et, le 21 décembre 1625, elle fut dédiée et consacrée sous l’invocation de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge et de saint Joseph, par Eléonor d’Estampes de Valencay, évêque de Chartres 1*1 En 1 6 3 5 , elle fut ornée d’un somptueux maître-autel, édifié aux frais du garde des sceaux, Pierre Séguier W.
Les acquisitions de terrains faites par les Carmes, dans la première moitié du
xvue siècle, avaient été amorties à deux
(1) Ce noviciat fut établi en 1617 sur le territoire de la paroisse de Conflans, à l’extrémité du village des Carrières, près du bourg de Charenton, dans une maison que Charles Bailly, président à la Chambre des Comptes, et sa femme Christine Leclerc avaient donnée aux Carmes en 161 5. En 1676, il fut installé de nouveau dans le couvent de la rue de Vaugirard, lorsque les bâtiments eurent été relevés d’un étage.
(2) Les religieux laissèrent à Nicolas Vivien, sa vie durant, la jouissance de leur couvent primitif :
irPar acte sous seing privé du 2 avril 1622, nous avons donné à vie à messire Nicolas Vivyan, conseiller du Roy et maître ordinaire en sa Chambre des Comptes à Paris, la maison et batiment ancien de ce couvent, avec le jardin qui est entre notre eglise et la rue Cassette , à la charge de la faire reparer, accommoder et dresser à son usage, et aussi à condition que les batimens, ameliorations et décorations que ledit sieur y fera faire nous demeureront et appartiendront purement et simplement après son décès .
rrPar le même acte, nous avons permis audit sieur Vivyan de faire faire une porte pour entrer de laditte maison dans notre convent, laquelle fermera à clef, afin que personne n’v puisse entrer sans permission. » (Arcb. nat. S. 3782, p. 307.)
(3) tr Cette eglise est une des plus propres et des plus riantes de cette ville , ce qui vient en partie de ce que tous les murs sont enduits d’un blanc éclatant et aussi luisant que le marbre.» (Brice, t. III,
(4> ff Monseigneur Pierre Seguier, garde des sceaux et depuis chancelier de France, a pris la resolution, en 1 G33 , de faire bâtir à ses frais et dépens un magnifique maitre autel dans notre eglise; les marchez en ont été faits pour le marbre
reprises par des lettres patentes ^ du mois
et les pierres de liais et de Tonnerre en 1 633 , au mois de décembre, et pour la sculpture et les figures en 1 634 et i635.
tcM. le Chancelier nous a donné pour cette dépense , en plusieurs fois , la somme de 1 9,ooott ; plus nous avons reçu dudit seigneur la somme de 2,ooott pour des augmentations qu’il a souhaité qu’on fît audit autel , lequel revient à la somme de 2 1 ,ooott. » (Arch. nat., S. 3782, p. 12 4.)
(5) Voici le texte de ces lettres, où l’on trouve des détails topographiques précis sur les agrandissements successifs de l’enclos des Carmes :
rfLouys, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, à tous presens et advenir, salut. Sç.avoir faisons nous avoir receu l’humble supplication de nos chers et bien amez dévots orateurs les religieux Carmes reformez de la congrégation de Saint Elie , Ordre de la Vierge du Mont Carmel, contenant que, pour le bon zelle et singulière affection que nostre cher et bien amé conseiller et maistre ordinaire en nostre Chambre des Comptes à Paris, Nicolas Vivian , a toujours eu à l’augmentation de l’honneur de Dieu et de son divin service, il leur auroit donné et délaissé une maison contenant deux corps d’hostel, cour, jardin, une petite loge dans le jardin pour le jardinier, qui avoit cy devant appartenu au sieur Barrat, nostre maistre d’hostel ordinaire, seize aux faulxbourg Sainct Germain des Prez, rue Cassette, tenant d’une part à la rue de Vaugirard et d’autre à Claude Du Mont, d’ung bout par devant à la rue Cassette et d’autre aux Tranchées, en ce compris six pieds de terre ou environ dehors ledict clos et de la longueur des murailles d’icelluy, du costé de la Tranchée, pour y avoir issue; comme aussy auraient lesdicts religieux, depuis ladicte donation, acquis de Jehan Allan, laboureur, et Nicolle d’Auteuil, sa femme, des de-
COUVENT DES CARMES DÉCHAUSSÉS
d’avril 1619, enregistrées à la Chambre des Comptes le icr juillet, et du mois de janvier 1687 h), enregistrées le 17 mars suivant.
niers dudict sieur Vivian, une piece de terre contenant ung arpent ou environ , seize vers la Tranchée, tenant d’une part aux six pieds de terre qui sont hors des murs de leur dict jardin, d’autre part à la damoiselle Illerin, auparavant femme du feu sieur Laubigeois, abboutissant d’ung bout par bas aux terres appartenans à l’œuvre et fabrique de l’eglise parrocbialle Sainct Pierre des Arcis et à Toussainct Bruslé, et par hault à la rue de Vaugirard, le tout en la censive des abbé, religieux, prieur et couvent Sainct Germain des Prez, auxquels lieux lesdicts religieux supplions ont, par nostre permission, establi leur résidence, en maison claustralle. . . Aces causes. . . voulons et nous plaist que lesclicts Carmes reformez et leurs successeurs puissent et leur soit loisible tenir et posséder les biens, immeubles et héritages cv dessus spécifiiez, lesquels nous leur avons admortis et admortissons comme à Dieu dediez. . . Donné à Paris, au mois d’apvril, l’an de grâce 1 6 1 g , et de nostre régné le 9e. w ( Arch. nat., LL. i4g4, fol. 1 4.)
(1) Les nouvelles acquisitions faites par les Carmes se trouvent exactement indiquées dans ces lettres :
ff Depuis nos lettres patentes du mois d’avril 1619. par lesquelles nous leur aurions admorty la maison et appartenances qui leur a esté donnée par nostre cher et bien amé conseiller et maislre ordinaire en nostre Chambre des Comptes de Paris, Nicolas Vivian, en laquelle leur eglise et principalles appartenances de leur monastère sont fondez , ensemble un arpent de terre qui leur auroit esté vendu par Jeban Allan, ils ont acquis et eu en don quelques pièces de terres et jardins scittuées aux environs de leur dict monastère, qui consistent assavoir en trois quartiers d’arpens qu’ils ont acquis des marguiliiers de l’œuvre et fabrique de Sainct Pierre des Arcis, joignant d’une part et d’un bout par hault auxdicts religieux, d’autre part à un nommé Collet, boulanger, et abboutissant de l’autre bout par bas aux T ranchées, par con tract du 2 9e aoust
1620 . ; plus un arpent de terre ou environ
qu’ils ont acquis des nommez Noël Champion , de Saincle de Launay, sa femme, et de Saincte Collet, tenant d’une part et d’un bout par le haut audict monastère , d’autre part auxdicts religieux à cause de l’acquisition qu’ils en ont faicte depuis peu des hoirs de deflimets Toussainct Bruslé et de Cathe¬
rine Le Prestre, sa femme, et d’autre bout par le bas à la Tranchée, par contract du 2 4' novembre
1620 . ; plus h la moitié d’un jardin dont la
tolallité contient trois arpens ou environ, laquelle moitié de jardin leur a esté donnée par ledict sieur Vivian, par donation faicte entre vifs, le 11e septembre 1621 . , ladicte moitié de jardin tenant
d’une part au jardin dudict monastère, d’autre part à l’autre moitié dudict jardin appartenant à Claude Du Mont, abboutissant par derrière auxdicts religieux à cause de la susdicte acquisition par eux faicte des heritiers Bruslé et sa femme, par devant à la rue Cassette; plus un demy arpent de terre qui leur a esté aussy donné par la dame Hilairin, par
donation du 4e may 1622 . , tenant aux terres
que lesdicts religieux ont acquises par les contracts cy dessus et d’autre part à la terre qui a cy devant appartenu à Guillaume Bouchardeau et de présent auxdicts religieux; plus un arpent de terre qu’ils ont acquis dudict Guillaume Bouchardeau et sa
femme, par contract du 2 5e juin audict an . ,
tenant d’une part au chemin de Vaugirard, d’autre aux terres dudict monastère et d’un bout aux terres de ladicte dame Hilairin ; plus un quartier d’arpent de terre qu’ils ont acquis de ladicte dame Hilairin et qui faisoit partie de cinq quartiers qui lui appartenoient, joignant les terres dudict monastère, par contract passé le 22e mars 1627; plus un morceau de terre qui leur a esté donné par le sieur Le Barbier, maistre d’hostel ordinaire de nostre maison , et qui faisoit partie d’un jardin qu’il a acquis de nostre amé et féal conseiller en nos Conseils et secrétaire de nos commandemens , le sieur de La Ville aux Clercs, contenant environ neuf vingts douze thoises, joignant les murailles dudict monastère,
par donation passée . le 28e avril 1 633 ; plus
un jardin contenant un arpent ou environ qu’ils ont acquis dudict sieur Le Barbier, par contract
passé ledict jour . tenant d'une part à la terre
que lesdicts supplians ont acquise des heritiers desdicls defluncts Bruslé et sa femme, d’autre au jardin des religieuses delà congrégation de Nostre Dame, qu’elles ont acquis depuis peu dudict sieur Le Barbier, et d’autre au morceau de terre cy dessus mentionné; plus une piece de terre que lesdicts supplians ont acquise des enfans et heritiers desdicts deffuncts Toussaint Bruslé et sa femme, par contract passé
Louis XIII, par d’autres lettres patentes du mois d’avril 1 6 3 5 , vérifiées en Parlement le 7 février 1 G36 (l), et que Louis XIV confirma au mois de juillet 1 6A3 , accorda aux religieux la jouissance de tous les privilèges et exemptions dont bénéficiaient les Carmes de la place Maubert.
L’enclos des religieux, qui présentait la forme d’un trapèze irrégulier, était limité au nord, du côté de la Croix-Rouge, par le prieuré de Notre-Dame de Consolation du Chasse-Midi et par des propriétés particulières, à l’est par la rue Cassette, au midi par la rue de Vaugirard et à l’ouest par la rue du Regard. Il avait son entrée sur la rue de Vaugirard^. Des constructions servant de dépendances s’élevaient en bordure sur cette rue, avec une aile en retour sur les jardins (3). Le couvent, adossé à l’église du côté du levant, avait sa façade principale sur les jardins; c’était une vaste construction quadrilatérale avec deux cours à l’intérieur, formant un grand et un petit cloître, et une cour de service.
L’église, orientée au nord, avait son chevet sur les jardins et sa façade dans une grande cour ouvrant sur la rue de Vaugirard; un grand jardin la séparait de la rue Cassette. Llle était construite en forme de croix latine et terminée par une abside semi-circulaire, où se trouvaient installés le sanctuaire et, par derrière, le chœur des religieux W.
De chaque côté de l’église étaient établies quatre chapelles :
. le 1 4e jour de novembre, audict an 1 63 3 ,
contenant deux arpens et demy ou environ, seize audict Sainct Germain des Prez, auterrouer appelé la Fosse à Laumosnier, au lieu dict Casset, tenant d’une part et abbou tissant des deux bouts audict monastère et d’autre bout au sieur de Montrouge et heritiers de deffunct Philippe de La Planche; plus une piece de terre contenant un arpent ou environ que lesdicts religieux ont acquise des heritiers de deffunct messire Philippe de La Planche, par contract passé le 2 3e jour d’avril 1 63 5 , seize au lerrouer de Sainct Germain, au lieu dit la Fosse à Laumosnier, tenant d’un bout à la Tranchée, d’autre et du long audict convent, aboutissant d’un bout à Jehan Chauveau, jardinier, le tout en la censive des abbé, religieux, prieur et convent de Sainct Germain des Prez . n (Arch. nat., LL. 1 4 9 A , fol. 4i v°.)
Les diverses propriétés dont il est question dans ces lettres sont marquées sur un plan dressé le 22 avril 1 636 par Antoine Marbays, arpenteurjuré. (Ibid., S. 37.30.)
(1) Ces lettres accordaient aux religieux le droit du Committimus aux Requêtes du Palais, ce que le Parlement refusa d’accepter: il dut néanmoins procéder à l’enregistrement le 1 3 mars 1 638 , sur lettres de jussion du 28 novembre 1637.
(3) Une ordonnance du Bureau de la Ville, en date du 10 juillet 1623, permit à Richet, rrmaistre des œuvres de pavé des bastimens du roi , d’abattre la vielle porte et le reste du mur qui est près l’entrée du convent des Carmes deschaussez , et ce en la presence de maistre Augustin Guillain, maistre des œuvres de la Ville. » (Arch. nat., S. 8780; — Inventaire des titres, p. 72.)
(1) crCes Peres ont des jardins fort spacieux et qui ont plus de quarante deux arpens d’étendue; iis sont cultivez avec grand soin. L’on y éleve grand nombre d’orangers, d’autres arbres et des plantes qui procurent à la maison de très grands avantages et toutes les commoditez necessaires. « ( Brice , t. III, p. 427.)
(,J) irNotre chœur est situé derrière le maître autel de notre eglise. 11 est séparé en chœur d’en haut et chœur d’en bas, et il a ses vues sur notre maison de M. Vivvan et sur notre potager, v (Archives nat., S. 3732 , p. 1 1 1.)
(5) On trouve dans le Registre du procureur du couvent des détails très complets sur la situation de ces chapelles et sur les diverses familles auxquelles elles avaient été concédées :
Chapelle de Sainte-Anne. — rrPar contract passé le 19 août 1620, messire Pierre Brulart,
COUVENT DES CARMES DÉCHAUSSÉS
Dans le sanctuaire :
A droite, la chapelle de Saint-Joseph; A gauche, la chapelle de Sainte-Anne.
chevalier, vicomte de Puisieux, conseiller du roy en ses Conseils d’Etat et privé, etc. , grand trésorier des Ordres de France, a donné à ce convent la somme de mille livres, à la charge que la chapelle qui est la plus proche du maître autel de notre eglise, du coté droit en entrant, et qui sera appelée du nom de Sainte Anne, appartienne audit seigneur, aux siens et leurs aians cause à perpétuité, et qu’il luy sera permis de l’embellir et de l’orner de ses armes et écussons. n
Chapelle de Sainte-Thérèse. — «Par contract passé le 2 avril i65o, messire Gabriel de Cassagnet, chevalier, seigneur de Tilladet, conseiller ordinaire du roy en ses Conseils, a fait construire de nouveau très magnifiquement l’autel de la chapelle de N. S. M. Therese, aux deux cotés duquel sont ses armes et celles de dame Madeleine Le Tellier, son épousé, dont le corps a été inhumé le 27 avril 16/19 dans le caveau du coté de l’Evangile de ladilte chapelle; plus ledit seigneur nous a donné la somme de trois mille li\ res pour aider à la fondation d’une messe par jour à perpétuité.
En considération de tout ce que dessus, nous avons accordé audit seigneur de Tilladet, à ses enfans et descendans, à toujours, laditte chapelle et le susdit caveau pour s’y faire inhumer, s’ils le désirent. »
Chapelle de Saint-Jacques. — rrPar contrat passé le 19 novembre i635, messire Jacques d’Estampes, chevalier des Ordres du roy, seigneur de Vallencay, etc., a donné à ce convent la somme de quinze cens livres, à la charge qu’en la chapelle qui est la seconde à main gauche, en entrant dans notre eglise, appelée la chapelle de Saint Jacques, Saint Louis et Saint Dominique, que ledit seigneur a fait orner magnifiquement et en laquelle depuis huit jours a été inhumée haute et puissante dame madame Louise de Joigny, son épousé, ledit seigneur de Vallencay, ses enfans et ceux qui descendront de messire Dominique d'Estampes, seigneur d’Applincourt, son fils, portant le nom d’Estampes, y seront inhumez. . . .; et, au cas que ledit seigneur de Vallencay n’aie plus aucuns descendans, laditte chapelle sera pour celuy qui se trouvera pour lors le plus proche heritier de la maison d’Estampes de Vallencay, et ainsi successi¬
vement, à perpétuité, en sorte que laditte chapelle soit et appartienne à toujours à laditte maison
d’Estampes, de la branche de Vallencay . n
Chapelle de Saint-Jean-Baptiste et de Saint- Albert. — rfEn 1628, messire Jean Baptiste de Mornat, ou Moronalo, seigneur italien, conseiller aumônier ordinaire du roy et de la revue Marie de Medicis, abbé commendataire de l’abbaïe de Saint Michel en Thierache, a fait orner à ses frais et dépens la chapelle qui est la première à main gauche en entrant dans l’eglise, ditte de Saint Jean Baptiste et de Saint Albert, et nous a donné la somme de quatre mille livres pour la fondation d’une messe, tous les jours à perpétuité, qui sera
ditte dans laditte chapelle . Ledit sieur abbé a
été inhumé dans laditte chapelle en i632.
rrPar contrat passé le 28 février i64o, messire Denis Le Boutheillier, chevalier, seigneur de Bancé et des Clayes, etc., conseiller ordinaire du roy en ses Conseils d'Etat et privé, a donné à ce convent la somme de quinze cens livres, à condition que laditte chapelle , dans le caveau de laquelle le corps de dame Charlotte Joly de Fleury, son épousé, a été inhumé le i3 octobre 1 638 , luy appartiendra à toujours, qu’il luy sera permis d’y faire mettre ses armes et de s’y faire inhumer luy, ses enfans et leurs descendans portant le nom de Le Boutheillier . , et que laditte chapelle soit et appartienne
à toujours à la maison de Bancé Boutheillier ou au plus proche heritier d'icelle, sans que nous y puissions enterrer aucune autre personne, ni prétendre aucune chose pour ceux qui y seront enterrés étant
de la famille de Rancé .
rr Comme, par le contract de fondation passé le 2 4 janvier i63o, nous avons accordé à M. et madame Petit le droit de se faire enterrer en ladite chapelle, ledit seigneur Boutheillier de Rancé a consenti à cela, parade sous seing privé du 28 février 1 64o. «
Chapelle de Saint-Élie. — rrPar contract passé le 1 e‘ février 1627, messire René de Rieux , chevalier des Ordres du roy, etc., lieutenant general pour Sa Majesté en Basse Bretagne, seigneur de Sourdeac, a donné à ce convent la somme de douze cens livres, à la charge que la chapelle qui est la seconde à main droite en entrant dans notre eglise,
Dans le transept :
A droite, la chapelle de la Vierge;
A gauche, la chapelle de Sainte-Thérèse.
Dans la nef :
A droite, la chapelle de Saint-Jacques et de Saint- Dominique, et celle de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-Albert;
A gauche, la chapelle de Saint-Ange ou de Saint-Elie, dite plus tard de cr INotre- Dame de Montaigu», et celle de Saint-Louis et de Sainte-Catherine.
11 y avait en outre deux petits oratoires, l’un en forme de tribune, à gauche du maître-autel et au-dessus de la chapelle de Sainte-Anne, que l’on appelait la chapelle de M. le Chancelier, l’autre sur le côté droit de la nef, entre le transept et la chapelle de Saint-Jacques, qui avait été dédiée sous le litre de l’Annonciation de la sainte Vierge.
Plusieurs autres chapelles existaient dans l’intérieur du couvent et dans les jardins h).
proche la chaire du prédicateur, et qui sera appele'e la chapelle de Saint Elle, appartiendra audit seigneur, ses hoirs et aians cause à perpétuité .
Elle a reçu, en i64i, le titre de chapelle de Notre Dame de Montaigu. n
Chapelle de Saint-Louis et de Sainte-Catherine. — ffPar contract passé le 10 avril 1621, messire Louis Barat, conseiller, secrétaire du roy et de ses tinances, a donné à ce convent la somme de mille livres, à la charge que la première chapelle qui est à main droite à l’entrée de notre eglise et le caveau qui est au dessous , appartiendrait audit sieur Barrai, ses hoirs et aians cause, tant pour y entendre le service divin que pour s’y faire inhumer; laquelle chapelle, qui sera appelée du nom de Saint Louis, 11e pourra être vendue, donnée ni délaissée après son décès, sans le consentement de susdits hoirs ou aians cause, n
Oratoire ou Chapelle de M. Vivtan. — «Ladilte chapelle est sciluée au dessus de la chapelle de M. de Puisieux; elle a sesveues sur le grand autel et sur la maison que ledit sieur Vivyan nous a donnée en 1611, et son entrée est dans notre chœur. M. Vivyan l’a fait boiser et peindre, et elle
est dediée à saint Jean Baptiste . Depuis la
mort de M. Vivyan, on a appelé ladilte chapelle la chapelle de M. le Chancelier, parceque M. le chancelier Segi lier y faisoit ses dévotions. «
Chapelle de l’abbé Pajot. — ffPar acte de notre chapitre, du i5 septembre 1708, uous avons donné un petit réduit, scis dans l’interieur de ce
convent, entre la chapelle de la Sainte Vierge et celle de Saint Jacques, h messire Christophe Pajot, seigneur de Launay et de Saint Michel sur Orge, abbé commendataire des abbayes de La Chassaigne et de Valsainte, conseiller du roy en la Grande Chambre du Parlement de Paris, pour y faire une chapelle à ses frais et dépens, à la charge que nous y aurons une libre entrée et qu’on ne fera point d’escalier hors la clôture, pour y introduire des personnes du sexe. Celte chapelle a son entrée par le dortoir et ses vues sur la chapelle de la Sainte Vierge et sur notre petit cloître. Ledit abbé y a fait faire un autel . Le i5 mars 170/1, mon¬
seigneur Henri de Briqueville de La Luzerne, evesque et comte de Cahors, a béni ladite chapelle et en a consacré l’autel sous le titre de l’Annonciation delà Sainte Vierge. n (Arch. nat. , S. 3782, p. 101- 1 1 3.)
(1) Ces chapelles sont désignées ainsi qu’il suit, dans le Registre du procureur :
Chapelles de l’infirmerie et du dortoir des Supérieurs. — rrCes chapelles ont été bâties en i632. Elles ont leur entrée par le dortoir où elles saillent dans la cour de la cuisine. 55
L’oratoire des Frères ou la chapelle du Noviciat. — rr Au mois de juillet 1674, N. R. P. Bernardin des Anges a commencé à faire rehausser d’un etage tout ce convent, et les batimens en ont été achevez au commencement de l’année 1676. Du dortoir nouveau, du côté du jardin potager, il en a fait le noviciat , et au dessus de l’oratoire des Peres
COUVENT DES CARMES DÉCHAUSSÉS
Les religieux, qui avaient d’abord loué une partie de leur vaste terrain, cédèrent en 1666 aux Filles du Saint-Sacrement, du côté de la Croix-Rouge, sur la rue Cassette, l’emplacement nécessaire à la construction de leur couvent, et ils utilisèrent le reste pour élever, en bordure des rues Cassette et du Regard, de somptueux hôtels qu’ils donnèrent en location, ce qui, joint aux loyers de plusieurs maisons qu’ils avaient précédemment acquises et au produit de l’Eau de mélisse, pour laquelle ils avaient pris plusieurs brevets, leur assurait d’importants revenus (b.
Au début de la Révolution, le 17 août 1789, le prieur des Carmes avait offert au Comité du district une partie des dépendances du couvent pour servir de caserne, ce qui fut accepté; mais il fallut agrandir le local, et les religieux contribuèrent de leurs deniers à la dépense de cette construction. Par un décret du 8 octobre 1790, leur maison fut désignée pour recevoir les Carmes des Rillettes et ceux de la place Maubert.
Lorsque le District des Carmes eut été remplacé parla Section du Luxembourg, on transforma l’église en prison; dès le mois d’aout 1792, nombre de prêtres arrêtés y avaient été incarcérés, et ils y furent massacrés le 2 septembre. A la suite de ce tragique événement, les Carmes, qui n’avaient pas été inquiétés d’ailleurs, quittèrent le couvent, sans attendre le mois d’octobre que la loi du 17 août précédent avait fixé comme terme de leur séjour.
Après être resté quelque temps abandonné, l’immeuble fut loué à un jardinier, le 5 mars 1793, par les administrateurs des biens nationaux^, et sur une
il a fait construire une belle chapelle pour les novices. ^
Chapelle de l’Ermitage. — rr Notre hermitage est sciz au bout de notre jardin, dit La Brûlée, du côté des Religieuses du Chasse Midy ; il y a au devant un petit jardin qui le séparé du grand par une petite muraille; le batiment est composé d’une grande chapelle au milieu et de deux grandes salles, au-dessus desquelles il y a des cellules de chaque côté; par derrière, il y a aussi un petit jardin. Le 26 avril i64o, la maison et la chapelle dudit hermitage ont été benites par N. R. P. Valere de Sainte- Anne, visiteur general. n (Arch. nat. , S. 3782,
ll) La Déclaration des biens du 27 janvier 1790 nous apprend que les Carmes, rrau moyen d’acquisitions failtes en différais temps, possèdent actuellement dix-sept arpens et demi, dont une partie est occupée par leur monastère et leur église, une autre consiste en jardin fruitier et potager, une autre enfin est couverte de beaux hôtels et dépendances, élevés à différentes époques, soit avec les
deniers provenans des fondations faites par plusieurs particuliers, soit avec le produit de l’Eau de mélisse, dite des Carmes, inventée et perfectionnée dans leur maison, eau dont la supériorité et l’excellence ont été constatées par l’expérience et le succès de plus d’un siècle et spécialement reconnues par les commissaires de la Société royale de médecine , soit enfin avec le fruit de leurs épargnes et économies . » (Arch. nat., S. 8728.)
(2) Le contrat de location décrit ainsi qu’il suit l’état du couvent à cette époque :
tr Cette maison a son entrée par une grande cour sur la rue de Vaugirard, à gauche et en aile de laquelle est une grande salle. En face est l’église, le petit cloître, au pourtour duquel sont en deux sens deux corps de bâtiment ayant vue sur deux cours élevées de deux étages et greniers; le grand cloître, en trois sens duquel sont des corps de bâtiment de deux étages au-dessus du rez-de-chaussée et greniers. Le quatrième côté de ce cloître forme un grand corps de bâtiment de face sur un grand jardin elevé de trois étages au-dessus du rez-de-
partie du terrain, un traiteur installa un bal public, connu sous le nom de Bal des Tilleuls. Mais ces deux locataires furent renvoyés le h frimaire an u (2Ô novembre 1 793), et le Comité de Salut public fit du couvent une maison de détention jusqu’après le 9 thermidor.
Vers la fin de vendémiaire an ni (octobre j 79/1), lorsque la prison eut été évacuée, l’église fut d’abord transformée en magasin d’approvisionnement par la Commission des Musées nationaux jusqu’au 2 3 messidor an ni (1 1 juillet 1 79.5) et servit ensuite de dépôt de subsistances jusqu’au 1 1 nivôse an v (3i décembre 1796); la caserne construite en 1789 devint le siège de l’imprimerie du Directoire. Le 21 thermidor an v (8 août 1797), l’immeuble fut vendu à un entrepreneur qui s’en rendit adjudicataire pour plus d’un million, avec l’obligation de fournir gratuitement le terrain nécessaire au percement de deux rues projetées, dont une seule, la rue d’Assas, fut ouverte en 1 798, ce qui provoqua la démolition de la caserne et d’une partie du bâtiment de la rue de Vaugirard.
L’acheteur, 11e se trouvant pas en mesure de payer le prix d’adjudication, était disposé à revendre le couvent ou à le démolir, lorsqu’une ancienne Carmélite, Mme de Soyecourt, racheta d’abord l’église et le cloître, le 28 thermidor an v (10 août 1797), puis à deux autres reprises, le 17 brumaire an x (8 novembre 1801) et le 22 août 1807, le reste des constructions et les jardins. Dès le 29 août 1797, l’évêque de Saint-Papoul avait procédé à la bénédiction de l’église, où le clergé de Saint-Sulpice célébra les offices jusqu’au Concordat de 1802. Madame de Soyecourt établit une communauté de Carmélites dans le grand couvent, qui fut réparé et restauré en 1808, et elle donna en location les bâtiments cpii bordaient la rue de Vaugirard. Comme l’entretien de cette vaste propriété constituait une lourde charge, après y avoir résidé quarante ans, elle résolut de s’en défaire. Elle engagea des négociations avec les Garnies d’Italie et de Belgique, pour provoquer la rentrée de l’Ordre en France, mais sans succès, et elle finit par vendre l’immeuble à l’archevêque de Paris, le 23 juillet 18/11. Le 23 avril i8ô5, les Carmélites furent transférées dans une autre maison de la rue de Vaugirard.
Le h novembre suivant, monseigneur Affre établit dans le couvent l’Ecole des hautes études ecclésiastiques et une communauté de prêtres auxiliaires qui sub-
chaussée. En retour des cloîtres est un corps de bâtiment entre une petite cour et la grande cour des remises; dans ladite cour des remises, serres et quatre pièces au rez-de-chaussée du bâtiment servant de caserne, occupé par les volontaires nationaux, pompe, arbre, roue horizontale et réservoir fournissant de l’eau pour toute la maison. Ensuite, basse-cour et dépendances, logement du palefrenier et autres, cour avec logement de jardinier. Sous la totalité des bâtiments sont de très spacieuses et belles caves. Enfin
trois grands jardins potagers , plantés d’arbres fruitiers et en plein rapport , avec allées de tilleuls, serres et bassin d’eau!» (Archives de l’Hôtel de Ville de Paris; — Document cité par M. Alexandre Sorel, dans l’ouvrage intitulé : Le Couvent des Carmes et le Séminaire de Saint-Sulpice pendant la Terreur, p. 235.)
M. l’abbé Pisani a publié un plan du couvent en 1792, avec le tracé des rues ouvertes depuis cette époque, en tête de sa notice historique sur la Maison des Carmes. (-1891, in-12.)
COUVENT DES CARMES DÉCHAUSSÉS
sista seulement pendant quelques années. En 1 8 5 1 , monseigneur Sibour autorisa les religieux de l’Ordre de Saint-Dominique, restauré par le P. Lacordaire, à s’installer dans l’immeuble; il leur accorda la jouissance du grand couvent et d’une moitié des jardins, sur la rue Cassette, et il les chargea du service de l’église. Le siège de l’Ecole des hautes études et de l’école préparatoire laïque qui venait d’être créée par l’abbé Cruice, fut alors transporté dans le bâtiment de la rue de Vaugirard, que l’on agrandit sur la rue et sur la cour de l’église 0). En 1867, le percement de la rue de Piennes fit disparaître l’ancien bâtiment de l’Ermitage, où se trouvait la chapelle dite «des Martyrs
Après le vote de la loi du 12 juillet 1875, qui édictait la liberté de l’enseignement supérieur, l’ancien couvent des Carmes devint le siège de l’Université catholique de Paris à laquelle fut annexé, en 1878, un séminaire ecclésiastique,
sous la direction des prêtres de Saint-Sulpice, destiné à remplacer l’Ecole des hautes études.