HÔPITAL
DE SAINTE-CATHERINE
NOTICE HISTORIQUE
L’hôpital de Sainte-Catherine, situé dans le quartier Saint-Jacques de la Boucherie, à l’angle méridional des rues Saint-Denis et des Lombards, vis-à-vis de l’église Sainte-Opportune, paraît avoir été fondé dans la seconde moitié du xne siècle (2).
(1) D’après le plan deTurgot. — Le plan de l’hôpital a été reproduit d’après celui que M. Vacquer avait dressé en 1 853 , lors de la démolition des bâtiments, pour être publié dans la Statistique monumentale de Paris d’Albert Lenoir.
M. L. Brièle , archiviste de l’Assistance publique à Paris, a placé en tète du Supplément à l’inventaire sommaire des archives hospitalières antérieures à ij8() (lmp. nat. , 1889, in-4°), qui est consacré en majeure partie aux titres de Sainte-Catherine, une notice détaillée sur cet établissement. Il a réim-
primé cette étude, sous forme de brochure (lmp. nat., 1890, in-8°), en y joignant la reproduction des plans du rez-de-chaussée et des caves dressés par M. Vacquer.
(2) crLes anciens titres étant perdus, le feu roi y a suppléé par des lettres patentes du mois de mars 1688, par lesquelles il paroit que les religieuses ont exposé que cette maison étoit établie dès le xic siècle; mais je n’en ai trouvé aucune preuve. Les Historiens de Paris disent que ce fut vers l’an 11 84, sans dire ni rapporter sur quoi
A défaut de renseignements précis sur l’origine de cette maison, il paraît vraisemblable qu elle avait été établie pour servir de refuge aux nombreux pèlerins attirés à Paris par le renom des miracles de sainte Opportune W. Elle était administrée par des frères et fut désignée, jusque vers le milieu du xmc siècle, sous le titre cl Hôpital des pauvres de Sainte-Opportune ou d’Hôtellerie de Sainte- Opportune (2b
A cette époque, comme les pèlerinages étaient devenus moins fréquents, cet hospice changea de destination; il servit à héberger et à soigner, durant trois jours et trois nuits, les femmes, filles ou veuves qui étaient venues à Paris, sans y avoir aucun asile assuré. Dès lors, les frères se firent assister par des sœurs qui suivaient la règle de Saint-Augustin et qui formèrent bientôt la principale com¬
munauté de l’établissement^.
cette date est fondée; un auteur moderne seroit certainement encore plus embarrassé de prouver, comme il l’avance, que cette fondation fut faite en 884; l’auteur des Tablettes parisiennes la place en l’an 1000 et M. de La Barre vers î iSo.» (Jaillot, t. I , art. ii, p. 1 9.)
(1) Le plus ancien titre connu est de l’année 1188. 11 émane de l’évêque de Paris, Maurice de Sully, et constate la cession d’une maison faite à l’hôpital par un certain Thibaud, qualifié de chevalier de Saint-Germain-l’Auxerrois :
«Ego Mauritius, Dei gratia parisiensis episcopus, notum fieri volumus universis tam presentibus quam futuris, quod Theobalclus, miles de Sancto Germano altissiodorensi , in presentia nostra constitutus, domum quamdam Hospitali pauperumSancte Opportune contiguam, eidem Hospitali quiete in perpetuum possidendam concessit, fide in manu nostra prestita, pro se et pro lieredibus suis, promittens quod nunquam in posterum fratres dicti Hospitalis domum illam inviti vendere cogerentur. Insuper, cum prefatus Theobaldus de censu domus illius quatuor denarios et obolum habere consuevisset, obolum ilium censualem Hospitali in perpetuam eleemosynam remisit, quatuor contentus denaiiis. Et hoc concessit Drogo filius ejus. Sciendum quoque quod supradiclus Theobaldus, de beneficio fratrum, triginta quoique solides
parisienses accepit . Actum in inferiore aula
nova Parisius, anno Incarnationis dominice 1 188°, episcopatus nostri 28° . » (Du Breul, p. 71 1.)
Celte maison, observe Du Breul, rr est celle qui est au dessus de la grande porte, rue de la Pourpoincterie, par où l’on fait venir les provisions de la maisons. (P. 712.)
(2) D’après Du Breul , ce nom disparut à dater de l’année 1212; mais Lebeuf a fait remarquer qu’il se retrouvait encore, en 1227, dans le testament cl’un bourgeois de Paris, Jean de Fontenay. (T. I, p. 3-2 1.)
(3) Il est difficile d’assigner à ce changement une
date précise; il paraît néanmoins antérieur à 1222 , puisque dans la bulle d’Honorius III, du 17 janvier de cette année, l’hôpital est déjà désigné sous le nom de Sainte-Catherine. Mais, plusieurs années après, tous les pauvres devaient encore être admis indistinctement , puisqu’il est dit encore dans une bulle de Grégoire IX, en date du 28 mai i23o, qui faisait appel à la charité des fidèles de la province ecclésiastique de Sens : rr Cum dilecti filii magister et fratres hospitalis pauperum Beate Catherine parisiensis sua nobis petitione monstraverunt ad exhibendem charitatis solalia pauperibus qui ad idem confluant hospitale, proprie ipsis non sufficiant facultates , universitatem vestram rogamus et hortamur attente, quatinus gratia eis pietatis subsidia conferatis, ut per subventionem vestram eorum inopie consulalur . » (Du Breul, p. 713.)
Aucun texte 11e nous renseigne sur les conditions dans lesquelles s’opéra cette transformation ; mais il paraît vraisemblable de supposer quelle se produisit tout naturellement, par la force même des choses. Au temps des pèlerinages, il est probable que les hommes et les femmes avaient été admis indistinctement dans l’hospice, et, comme c’étaient surtout les femmes qui avaient le plus de difficulté à trouver un asile convenable, elles devaient être en majorité. Lorsqu’il n’y eut plus de pèlerinages, elles n’en continuèrent pas moins à venir réclamer l’hospitalité et changèrent ainsi la destination pri-
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A la suite de ces transformations, l’hospice fut pourvu d’une chapelle placée sous l’invocation de Sainte-Marguerite et de Sainte-Catherine h), et ce dernier vocable fut attribué à la maison.
En dehors de leur service hospitalier, les Catherinettes, ainsi que le peuple les désignait communément, exerçaient une autre mission de charité : elles étaient chargées d’ensevelir, dans la partie du cimetière des Innocents qui leur appartenait^, les corps des prisonniers, des noyés ou des victimes d’accidents restés inconnus (3'.
mitive de ta maison. La règle de les garder trois jours et trois nuits s’explique aisément, si l’on admet qu’elle était la continuation pure et simple des anciennes traditions.
De même, la maison conserva le double caractère d'hospice et d’hôpital qu’elle avait eu dès le début. On y soigna les femmes, comme autrefois les pèlerins atteints de quelque maladie, qui venaient implorer leur guérison.
L’Inventaire des titres signale un fait qui permet de constater la longue persistance des usages primitifs. En 1307, c’est-à-dire près d’un siècle après que l’hôpital eut été affecté aux femmes, un sieur Jacques de Horet, clerc retoit dans l’infirmerie dudit hôpital, entre les autres malades." [Supplément à l’ inventaire sommaire , p. 182, art. 172 à.)
Quant à la présence des sœurs dans la maison , il est bien évident quelle avait été nécessitée de tout temps par l’admission des femmes. Mais tandis qu’au début, on avait pu se contenter de simples servantes, on trouva préférable, du moment où la maison fut plus spécialement affectée aux femmes, de confier à des religieuses la mission de les garder et de les soigner. Toutefois, les sœurs, comme l’a remarqué M. Brièle, commencent seulement à figurer dans les actes à dater de l’année i2 4o.
L'adoption du vocable de Sainte-Catherine, qui fut la conséquence de ces changements , eut pour but de marquer la destination nouvelle de la maison et d’indiquer en même temps quelle cessait d’être en quelque sorte une annexe de l’église Sainte- Opportune.
(1) rrQuant à la chapelle dudit hospital, dont il prend son nom , il n’en est point fait mention auparavant le temps du pape Honoré III; partant est à présupposer quelle n’estoit bastie au precedent. Icelle, toutefois, n’a duré jusques à présent, mais a esté rebastie ou reparée, en l’an 1479, en l’honneur de saincte Catherine et saincte Marguerite,
comme appert par les lettres de Jean Roulin, cardinal, lequel en ladite année donne cent jours de pardon à perpétuité à tous ceux qui visiteront ledit hospital et y feront quelques biens et aumosnes,
toutefois et quanles que ce sera . Ceste seconde
chapelle n’a esté dediée, non plus que la première." (Du Breul, p. 717.)
Du Breul prétend que cette chapelle fut encore restaurée dans la première moitié du xvie siècle :
a L’an iSeG, monsieur maistre Louys Seguier, conseiller au Parlement, donna à l’hospital de Saincte Catherine la somme de cinq cens livres, pour ayder à la maçonnerie enconnnencée à faire en la chapelle.
rr Aux comptes dudit hospital, de ladite année, en la despense : chapitre de maçonnerie et réparations, est employé le bastiment de ladite chapelle, et monte ledit chapitre la somme de neuf cens cinquante et une livres, quatre sols, six deniers parisis. " (P. 718.)
Elle fut encore reconstruite en l’année 1764.-
rr Le dimanche 7ejour d’octobre, par commission de Ms‘ l’archevesque , M. Morin Du Marais, chanoine de l’eglise de Paris, a béni l’eglise, laquelle, a cause du bastiment voisin, refait pour la plus grande partie, avoit aussi été en partie réediiliée." (1 Supplémenta l’inventaire sommaire, p. 190.)
(2) Leurs droits de propriété avaient été formellement établis par une sentence du prévôt de Paris, Hugues Aubriot, en date du 23 décembre 1871. ( Supplément à l'inventaire sommaire, p. 188; — Du Breul, p. 714-717.)
(3) Une instruction pour la police des pauvres , postérieure à l’année i58a, constate que rr l'hospital de Saincte Catherine, rue Sainct Denis, est pour retirer, loger et coucher pauvres femmes et filles indifféremment, et pour ensevelir les pauvres gens qui sont tuez." (Félibien, t. III, p. 742.)
Pour se couvrir des frais nécessités par les inhu-
Les papes Honorius III, Grégoire IX et Nicolas IV prirent l’hôpital sous leur protection, et la charité (les fidèles lui assura ses premières ressources; mais avec le temps, les donations et les fondations pieuses devaient finir par lui constituer d’importants revenus. En l’année 1 3 3 5 , les religieuses, en raison de l’assistance qu elles accordaient indistinctement aux femmes venant de toutes les provinces, obtinrent de onze évêques et archevêques de France des lettres destinées à solliciter des secours dans les diocèses, pour relever la maison qui tombait en ruine. D’autre part, les rois de France leur donnèrent à diverses reprises des marques de bienveillance. En i3ô6, Philippe VI accorda aux religieuses le droit de fabriquer et de vendre dans l’hospice de la bière et de la cervoise. Au mois d’août 1 36 1 , Jean le Bon les exempta de tous droits pour le commerce de ces boissons et, au mois de janvier 1 3 6 6 , Charles V les autorisa à transférer ces privilèges à toutes personnes qu’il leur plairait W.
Les frères, qui étaient restés dans 1 hôpital de Sainte-Catherine concurremment avec les sœurs, durent se retirer au cours du xvie siècle. A cette époque, l’administration de la maison fut attribuée aux seules religieuses, sous l’autorité d’un supérieur ecclésiastique , nommé par l’évêque de Paris '2). Cette mesure paraît avoir
mations , les Catherinettes étaient autorisées à vendre à leur profil les vêtements et autres objets de valeur que les défunts pouvaient avoir sur eux.
Du Breul nous fournit des renseignements détaillés sur l’organisation de l’hospice au xvne siècle:
cc Est à noter que audit hospital il y a unze religieuses qui vivent et tiennent la reigle de monsieur sainct Augustin , laquelle en leur profession elles font serment de garder et sont subjetes à monsieur l’evesque de Paris, lequel les visite par luy et ses vicaires, et font leur profession entre ses mains, et a estahly et confirmé leurs statuts. Plus, elles font les trois vœux de religion et vivent comme ès autres maisons reformées, hormis quelles n’ont cloistre ni closture à cause de l’hospitalité et qu elles sont ordinairement autour des pauvres, lesquels elles sont tenues de panser.
«Lesdiles religieuses sont sujetes et tenues de recevoir toutes pauvres femmes et filles par chacune nuict et les heberger par trois jours consecutifs, et, pour ce faire, garnir de linges et couvertures quinze grands licts, qui sont en deux grandes salles basses dudit hospital, et ont lesdites religieuses le soin de les panser, traicter et chauffer de charbon quand la saison le requiert. Aucunefois les licts sont si pleins, qu’aucunes desdites femmes et filles sont contrainctes de coucher entre les deux portes de la maison , où on les enferme de peur
qu’elles ne facent mal, ou qu’il ne leur advienne inconvénient de nuict. Plus elles sont tenues de recueillir en ladite maison tous les corps morts ès prisons, en la riviere et par la ville, et aussi ceux qui ont esté tuez par ladite ville, lesquels le plus souvent on apporte tous nuds, et neantmoins elles les ensevelissent et fournissent de linges et suaires à leurs despens, payent le fossoyeur et les font enterrer au cimetière des Saincls Innocens. n (P. 710.)
A la fin du xvme siècle, Thiéry constatait que les principales fonctions des religieuses de Sainte- Catherine étaient «de loger et nourrir les femmes et filles sans condition, auxquelles elles donnent l’hospitalité pendant trois jours et davantage. » (T. I, p. /196.)
(1) Ces privilèges furent renouvelés à plusieurs reprises, notamment par des lettres patentes du 20 janvier 1874 , dont M. Brièle a publié le texte. ( Supplément à l’ inventaire sommaire , p. xlix.)
(2) Aucun document ne permet de préciser l’époque à laquelle les frères abandonnèrent l'administration de l’hôpital. Toutefois M. Brièle fait observer qu’ils cessent de figui’er dans les actes à dater de l’année 1 5 43 , ce qui indique bien que l’établissement d’un maître nommé par l’évêque de Paris était antérieur' à celte époque. ( Supplément à l’inventaire sommaire, p. VII.)
D’autre part, D11 Breul prétend que, d’après les
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été prise en i&2i, sous l’épiscopat de François de Doucher; elle fut confirmée en 1 55^ par l’évêque Eustache du Bellay, qui donna à la communauté des sœurs de nouveaux statuts h).
Louis XIV renouvela le privilège de l’hôpital, en le plaçant sous la protection royale, par ses lettres patentes du mois de mars 1688, enregistrées en Parlement le 1 2 août suivant.
Les bâtiments de l’hospice avaient dû être réédifiés, à la fin du xvie siècle, par suite de leur délabrement et de l’exhaussement du sol du quartier. L’hôpital et la chapelle furent reconstruits au-dessus des anciennes bâtisses® que l’on transforma en salles basses; le cloître et l’habitation des religieuses furent in-
lettres du cardinal Jean Rollin, «il n’y eut plus dans l’hospital ni maistre ni freres , mais seulement des filles n , dès l’année 1^79. (P. 718.)
11 nous paraît que, longtemps avant cette date, les frères, à l’exception de celui qui était chargé de la direction , ne tenaient dans l’hôpital qu’une place très secondaire. C’est du moins ce qui résulte d’un procès-verbal de visite du 1 0 novembre 1 35 1 , où on lit cette observation : crVidi originales Miteras dicti
domini Fuîconis, sub 10* die januarii i346° . ,
continentes quod ipse informatus de facultatibus ipsius domus Sancte Katherine, statuit et ordinavit certum numerum perpetuum decennarium, videlicet quatuor fratres , quorum unus erit magister et alii très ad culturas terrarum et vinearum et aliorum operum milium erunt, et cetera, et sex sorores, et debent emittere votum religionis in sua recep donc et habituai portent et obediant magistro. » (Arch. nat. , L. 5 2 4 , n° 1, fol. 92.)
(1) trLesdites religieuses, par leurs anciens statuts, reveus par messire Eustache du Bellay, evesque de Paris, doivent esire neuf du moins; c’est pourquoy elles sont toujours au nombre d’unze religieuses, lequel nombre elles ne laissent augmenter ny diminuer si elles peuvent, d’autant
qu’il n’y a qu’unze cellules en leur dortoir .
Elles ont un maistre que commet monsieur l’evesque de Paris, lequel ne doit prendre autre chose que ce qui luy est ordonné par monsieur i’evesque de Paris ou son visiteur, pour son salaire, et du surplus en est sujet audit sieur, n (Du Breul,
ff Aujourd’hui que leur hospital est augmenté de nouveaux édifices, elles sont au nombre de trente, toutes occupées aux exercices de l’hospitalité qu’elles donnent tous les jours à près de cent personnes, plus ou moins, outre le giste quelles
payent à plusieurs qui ne peuvent estre logées dans cet hospital, soit pour grossesse ou maladie communicable, soit que toutes les places soient déjà remplies. » (Félibien, 1. 1, p. 208.)
rf Celte maison est si bien administrée que , malgré les charités que font ces religieuses et les œuvres de miséricorde quelles exercent, le syndic du clergé du diocèse de Paris fit voir clairement, Fan 1713, qu’elle jouissoit par an de 88,082 livres to sols de revenu.» (Piganiol, t. II, p. 1 4g. )
D’après la Déclaration des biens du 27 février 1790, les revenus s’élevaient à 88,891 livres 2 sols, et les charges à 88,869 livres. (Arch. nat, S. 6108.)
ff Le dernier état général des propriétés, publié par l’Administration de l’assistance publique , nous apprend que les biens provenant de l’ancien hôpital Sainte-Catherine, qui font aujourd’hui partie de l’Administration hospitalière, s’élèvent, d’après l’évaluation la plus récente , àla somme de 9,800,700 fr. » (L. Brièle, Supplément à l’inventaire sommaire,
p. XVIIfc)
(2) Au moment de la démolition, Troche publia une Notice sur l’ancien hôpital de Sainte-Catherine, dans la Revue archéologique. (T. X, 2e partie, p. 432-489.) Mais cet archéologue, d’ordinaire exact et judicieux, ne paraît pas s’être rendu compte de la véritable disposition des bâtiments.
M. Vacquer, qui a relevé les plans des constructions de l’hospice au moment même où elles allaient être démolies, a signalé les erreurs de Troche dans une Notice rectificative, où l’on trouve les renseignements suivants sur l’état primitif des locaux: ce Le grand bâtiment sur la rue des Lombards occupe une longueur d’environ 5 a mètres et date du xme siècle; il repose sur un étage souterrain; des deux caves situées sous la cour, l’une, la plus
stalles, au cours du x\uc siècle, sur remplacement des maisons acquises du côté de la ruelle de Sainte-Catherine h). L’ensemble des immeubles se développait sur un plan quadrilatéral autour d’une grande cour. Le bâtiment principal affecté au service hospitalier s’élevait en bordure sur la rue des Lombards; les autres corps de logis réservés aux sœurs étaient enclavés dans les maisons de la rue de la \ ieille-Monnaie, de la Heaumerie et Saint-Denis, qui, pour la plupart, appartenaient à l’établissement; du côté de la rue Saint-Denis, la chapelle et la salle du chapitre séparaient l’hospice de la communauté. La grande entrée de l’hôpital, placée à l’angle de la rue Saint-Denis, ouvrait sur un porche suivi d’une cour, où se trouvaient la porte de l’hospice et celle de la chapelle; il y avait dans la rue des Lombards une porte de service^.
ancienne, datait de ia fin du xid siècle; en partie détruite depuis longtemps, elle paraît s’être prolongée dans l’origine jusqu’à la rue Saint-Denis. . . Si nous donnons à cette cave la qualification de salle Lasse , c’est parce que, malgré la grande différence de niveau qui existait entre son aire et le sol actuel de la cour, il était de la dernière évidence que les soupiraux qu’on y voyait avaient été pratiqués postérieurement, probablement au xvie siècle, et surtout par la présence, dans l’un des murs, d’une fenêtre cintrée en arc de cercle, contemporaine de la construction. . . La seconde cave, ou plutôt la seconde salle basse, car dans celle-ci nous avons également retrouvé une fenêtre contemporaine de sa construction, était moins ancienne que la précédente.» {Revue archéologique , t.X, g'part., p. 558.)
La vue d’une des salles basses a été publiée d’après un dessin de M. Auguste Renard, exécuté en 1 85 3 dans Paris à travers les âges. ( Le Grand- CiiÀtelet, p. 48.) Cette même vue se trouve reproduite dans la brochure de M. L. Brièle.
(1) rrDans ces bâtiments, observe Jaillot, elles ont eu permission de comprendre une rue ou ruelle qui passoit à côté de la principale porte de cet hôpital et qui me paroit avoir communiqué de la rue S. Denys dans celle de la Vieille-Monnoie; je crois que c’est celle dont il est fait mention dans le Nécrologe de l’église de Paris, sous le nom de ruelle de Garnier Maufet; on y lit à l’article de Renaud, évêque de Paris: Ruella Garneri Maufet , juxta hospitale S. Catharine , ah oppositis ecclesie S. Opportune. Cet évêque mourut le 7 juin 1268. Au siècle suivant, elle est nommée Ruelle aux Vifs, dans un arrêt de 1899, et elle est désignée sous le même nom dans des actes de 1 4 89 et i4g5. On ne la
connoissoit, au siècle passé, que sous le nom de Sainte-Catherine , et ce n’étoit alors qu’un cul de sac.» (Jaillot, t. I, art. 11, p. 21.)
Il convient de remarquer que la rue Garnier Maufet avait pris, dès la fin du xiue siècle, le nom de rue Sainte-Catherine, puisqu’elle est ainsi désignée dans le Livre de la Taille de Paris de 1 a <j a . (Édit. Géraud, p. 87.)
On la retrouve indiquée sous ce même nom, durant ia première moitié du xvn' siècle, dans les. plans de Gomboust, de Berey et de Jouvin de Rocbefort. Par suite, il est dillicile d’admettre qu’elle ait été appelée différemment au cours du xive siècle. D’ailleurs, il ne paraît pas que l’on fût autrefois bien exactement fixé à ce sujet, puisque le rédacteur de l’Inventaire des archives notait, à propos d’une maison située dans la petite ruelle de Sainte- Catherine ; crOn croit que c’est la rue au Vif. » {Supplément à T inventaire sommaire, p. io4, art. io58.)
(2) La Déclaration des biens nous fournit la description suivante de l’hôpital en 1790 :
ff Les batimens consistent en un porche où les filles qui y viennent coucher s’assemblent le soir, une grande piece sur la rue des Lombards servant d hôpital , et une petite , aussi hôpital , dans lesquelles vingt-un grands lits.
« Une chapelle dont la porte d’entrée est sous le porche; une salle de sacristie en un corps de logis sur la cour, ensuite la salle du chapitre au premier, et une grande et petite infirmerie, dans lesquelles huit lits; au second, plusieurs pièces et cabinets, et greniers au dessus.
ffSurle costé de la chapelle, le chœur des religieuses, au dessus duquel est une piece de passage
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Les Catherinettes possédaient, à proximité du monastère des Filles-Dieu, dans le voisinage du Ponceau, un domaine important dont elles avaient affecté à leur usage personnel, pour leur servir de maison de campagne, la partie dénommée «Maison du Pressoir». En 16Ô0, elles firent construire dans le jardin une chapelle qui fut dédiée sous le litre de Saint-Augustin et de Sainte-Catherine (1).
Après la suppression du cimetière des Innocents, elles obtinrent du Bureau de l’Hôtel-Dieu, dès le 20 octobre 1780, la permission d’utiliser provisoirement pour leurs inhumations la nécropole de Clamart, spécialement affectée à cet hôpital. Le 19 avril 1783, elles furent autorisées par l’archevêque de Paris à acquérir au faubourg Saint-Marcel trois jardins dont elles firent un cimetière (2).
En 1790, la suppression des ordres monastiques entraîna la fermeture de l’hôpital, dont les locaux restèrent quelque temps inoccupés. La loi du 10 thermidor an ni (28 juillet 1795) en attribua une partie à l’Institution des jeunes aveugles dirigée par Valentin Haüy; ceux qui étaient restés inoccupés furent vendus en 1812 et 1 8 1 3 par l’Administration des hospices.
La chapelle, qui avait été quelque temps utilisée comme salle de danse, fut
et le depost ; au second , deux grandes pièces et une médiocre pour les archives; greniers au dessus.
«Une cour et un pelit jardin retranché sur la cour avec réfectoire sur ce jardin; au premier ia communauté, au second le noviciat et grenier au dessus.
tr Derrière ce corps de logis , une petite cour dans laquelle la cour des cuisines et au dessus plusieurs chambres de domestiques.
« Un corps de logis sur le costé de la grande cour contenant trente cellules pour les religieuses, au dessus deux dortoirs , un grand grenier.
«Une porte cliartiere rue des Lombards, sous laquelle se trouve la buanderie.
«Sur la rue des Lombards, au dessus de l’hôpital, une grande piece et un cabinet au premier elage , logement de M. le chapelain, à costé une grande salle pour messieurs les ecclesiastiques; au second une grande chambre et trois autres petites pour les domestiques hommes; greniers au dessus. Caves sous une partie des bastimens.» (Arch. nat. , S. 6108.)
(1) Le 9 avril 1 6 4 1 , l’archevêque de Paris autorisait les sœurs de Sainte-Catherine à faire célébrer le service religieux «dans la chapelle qu’elles ont fait construire par l’avis du sieur Leblanc, Oficial et vicaire general et supérieur de l’hôpital, en une maison appartenant audit hôpital, joignant le monastère des Filles-Dieu, appellée le Pressoir, en laquelle elles sont souvent con-
traintes de se retirer les unes après les autres et d’y aller prendre l’air pour quelques jours, par notre permission ou dudit supérieur ou avis du médecin . , à la charge qu’il ne se pourra faire à
l’avenir aucun hospice, maison et communauté en ladite maison, ains seulement pour servir à prendre l’air par lesdites religieuses pour cinq ou six jours, à chacune fois, et, y étant, vacquer aux exercices de religion, tout ainsi qu’audit hôpital. » (Sauvai, t. III, p. 197.)
En 1708, «la maison et chapelle du jardin du Pressoir tombant en ruine a esté rebaslie tout a neuf, et ladite chapelle bénite en 1709 par messire Charles Chauvin, administrateur de l’hôpital». ( Supplément à l’inventaire sommaire, p. 195.)
(S) Ces jardins situés entre le cimetière de Clamart et la rue des Francs- Bourgeois furent vendus aux religieuses, le 3 1 mai 1783, parle sieur Descemet. (Ibid., p. 191.)
Le cimetière de Sainte-Catherine paraît être resté ouvert aux inhumations jusqu’en i83o, d’après le Dictionnaire de Paris, de J. Béraud et Dufey.
Le 10 janvier 1 884 , quinze pierres tombales du commencement du siècle, qui provenaient de cette nécropole, ont été transportées au Musée historique de la ville de Paris.
L’amphithéâtre d’anatomie occupe aujourd’hui les terrains des deux cimetières de Sainte-Catherine et de Clamart.
IMPRIMERIE NAT I OM A LE-
rouverte le 20 nivôse an v (9 janvier 1797), pour la célébration du culte des Théopliilanthropes. Lorsque l’Institut des jeunes aveugles eut été transféré rue Saint-Victor, dans l’ancien collège des Bons-Enfants, une ordonnance royale du 2Z1 décembre 1817 autorisa les administrateurs à aliéner les locaux qu’ils abandonnaient pour en affecter le produit à l’acquisition de leur nouvel immeuble, et la vente eut lieu le 6 août 1818.
Les bâtiments et la chapelle de l’hôpital furent convertis dès lors en habitations particulières et subsistèrent jusqu’en i853. A cette époque, le percement du boulevard Sébastopol et la rectification de l’alignement de la rue Saint-Denis firent disparaître les derniers vestiges des anciennes constructions.
Nous possédons seulement le texte de deux des inscriptions placées autrefois dans la chapelle de l’hôpital !l) :