CHAPELLE D’ORLÉANS
La chapelle d’Orléans avaiL été fondée, en 139/1, par le duc Louis d’Orléans, frère du roi Charles VI, et édifiée à ses frais (I). Elle fut spécialement affectée, dans le principe, à la sépulture des princes de la maison royale; mais, durant la seconde moitié du xvic siècle, plusieurs personnages illustres appartenant aux grandes familles du royaume, telles que les Montmorency, les Chabot, les Longueville et les Cossé-Brissac, obtinrent la faveur d’y être inhumés ou d’y élever des monuments funéraires^.
(1) Lemaire rappelle que la chapelle d’Orléans fut bâtie «en expiation de l’imprudente curiosité que Louis, duc d’Orléans, lils de Charles V, eut de reconnoistre six masques habillez en sauvages, dont le roy Charles VI était du nombre, dans un ballet qu’on donnoit dans l’hôtel de S. Pol ; car, ayant approché son flambeau trop près, le feu prit au goudron dont leurs habits estaient tout remplis; le roy fut heureusement sauvé par la duchesse de Berry, qui le couvrit de sa robe; le fils du sieur de Nantouillet eut assez de presence d’esprit pour s’aller jeter dans une cuve pleine d’eau , qui estait dans l’échançonnerie; les autres quatre moururent parmi les fiâmes. -n (T. I, p. /129.)
Ce lugubre accident, dont le duc d’Orléans fut l’auteur involontaire, survint au mois de décembre 1892. Il a été raconté en détail par un écrivain contemporain , le Religieux de Saint-Denis, qui termine son récit par les réflexions suivantes :
rr A circumspectis viris dulciter reprehensus quod esset animo nimis preceps et impetuosus nimis in agendis, deinceps virtutibus prioris etatis vicia promisit compensare, factique gravitatem attendens, piis et continuis oracionibus apud Deum veniam ex tune staluil implorare. In ecclesia eciam Celestinorum parisiensium, sumptibus qui sufficere possent ad impensam designatis et convocatis artificibus, subjectaque pro votis materie,ex quadris lapidibus capellam speciosissimam construxit, que, ut murnmrabant aliqui, monimentum esset sceleris prius agressi, in qua acceptabiles cotidie Creatori hostie olferrentur; constituit et ut religiosi ibidem divinis jugiter pro se ipso se manciparent obsequiis, designatis amplis redditibus apud Porticum Fontem, que sibi ex expulsione Pétri de Crodonio obvenerant, unde possent commodius et laucius solilo
sustentari. n ( Chronique du religieux de Saint-Denys , édit. Bellaguet, t. II, p. 72.)
La chapelle d’Orléans, commencée en 1 3 9 4 , devait être terminée vers 1897. Par un acte du 2 9 mai 1896, ffColart de Laon, peintre et varletde chambre du roy, reconnoit avoir fait marché avec le chancelier du duc d’Orléans pour peindre un tableau de bois qui fait ciel et dossier sur l’autel de la chappelle que le duc a fait construire à coté de l’église des Célestins de Paris, sçavoir sur ledit dossier un crucifiment Nostre Dame et saint Jean, l’un de fin azur, l’autre de fin pourpre, et, au ciel , une Trinité et le champ d’or, le tout le plus richement et notablement que faire se pourra, pour la somme de cent frans d’or, sur laquelle il a reçu en avance celle de quarante frans de Jean Gitan, payeur des œuvres de ladite chappelle. * (L. de Laborde, Les ducs de Bourgogne, t. III, p. 118.)
Par une quittance du i5 avril 1897, ce même peintre rfreconnoit avoir reçu de Jean Gitan, clerc, payeur des œuvres de la chappelle que le duc d’Orléans a fait construire h coté de l’église des Célestins, soixante frans, restans de cent frans d’or qui lui estaient dus pour peindre bien richement le tableau de bois qui est sur l’autel de la chappelle dudit duc aux Célestins. -r, ( Id. , ihid. , p. 11 G.)
(3) Un quatrain transcrit par Du Breul rappelait brièvement la qualité des personnages inhumés dans la chapelle d’Orléans :
rr Entre plusieurs vers françois qui sont en ladite chapelle d’Orléans, ceux ci se remarquent :
De trois roys, de trois ducs, de trois comtes tes membres Do trois princesses sont mis les corps généreux En ce noble oratoire aux sépultures sombres Dieu se rend possesseur des esprits glorieux.))
Dès la seconde moitié du xvi' siècle, Bonfons