HENRI II
Devant l’aulel de la chapelle se trouvait le monument funéraire que Catherine de Médicis avait fait élever à la mémoire de son époux, le roi Henri II; c’était le célèbre groupe des Trois Grâces, sculpté par Germain Pilon h).
avait appelé l’attention sur les somptueux mausolées de la chapelle et noté le soin avec lequel ils étaient entretenus par les Célestins : <t II ne m’est possible de reciter toutes les perfections, richesse et magnificence qui est en ceste eglise et monastère, spécialement de la chapelle des ducs d’Orléans, car il n’est point de sépultures mieux gardées et conservées et où plus facilement on puisse remarquer tout ce qui y a esté faict pour la perfection d’iceux, et semble qu’ils soieut faictes de nouveau; car si vous voulez faire comparaison de ceux qui sont à S. Denys en France, vous trouverez qu’avant qu’ils soient parfaictes et achevées, ils sont rompues et dommagées ; mais ces bons religieux sont si affectionnez de garder le depost des roys et princes qu’ils en font plus de garde que de leur habit; et j’ay trouvé fort estrange qu’à S. Denys ils sont si peu soigneux qu’en tout temps on monte sur les sépultures du chœur, rompant et brisant tout, ainsy que si on n’en devoit faire compte; cela doit estre autrement respecté, eu esgard tant à l’antiquité qu’aux princes illustres qui y sont inhumez et pour le mérité et mémoire d’iceux. » (Liv. Il, fol. 86 v°.)
Brice constatait que fries choses les plus remarquables de l’eglise se trouvent dans la chapelle d’Orléans, où l’on verra des tombeaux entre lesquels il y en a d’une rare et très singulière beauté et plus qu’en aucun lieu du royaume, si cependant on excepte Saint-Denys, la sépulture des Rois depuis plusieurs siècles. » (T. II, p. 276.)
Milliu observait à son tour que rr cette chapelle est remplie d’une grande quantité de tombeaux admirables par leur exécution ou intéressons par les personnages qu’ils renferment. . . Il n’y a pas de lieu plus digne de la curiosité d’un étranger. . . On se croit transporté dans un atelier de sculpteur. »
( Les Célestins, p. 5 2 et 53.)
rrOn 11e saurait assez déplorer, remarquait Gui!liermy, la dispersion des riches sépultures qui composaient cet ensemble sans pareil et formaient un des plus précieux musées du monde. » (T. 1, p. 44 3.)
La chapelle était décorée, en outre, de curieuses verrières dont les peintures, qui offraient les portraits du roi Charles V et des princes de la famille d’Orléans, furent détruites parla foudre en 1 538.
rrLe 19 de juillet, écrit à ce sujet le P. Beurrier, le tonnerre tombant sur la tour de Biily mit le feu à près de deux cens caques de poudre à canon qui estoient dedans. La tour fut ruinée et enlevée jusqu’aux fondemens . , et les vitres de beaucoup
d’ églises mises en pièces, spécialement celles des
Peres Celestins . François Ier fit reparer tout
de nouveau celles de la chappelle d’Orléans, et y fit mettre les mesmes effigies qui y estoient auparavant, y en adjoustant quelques autres de la maison d’Orléans, principalement la sienne et celles de François, Dauphin, et Henry II, ses deux premiers nés; depuis, Charles de Valois, duc d’Angoulesme, a fait mettre l’effigie de Charles IX après celle de Henri H. De sorte qu’il se void à présent aux vitres de ladite chapelle onze représentations tant de rois que de ducs .
rr Au-dessus desdites effigies on lit aussy ce qui ensuit :
rrQüAS 1398 STRDX1T LlDOYICUS HIC, TcRRIS BlL- LIA DESTRÜXIT, DCM lp JÜUI 1 538 FULGDRE RUIT; l54o EREXIT NOVAS FrANCISCCS HIC , A QDO NORILIS IIÆC PROLES EXCRREX1T.»
( Histoire du monastère, p. 354.)
Ces verrières se trouvent reproduites dans une estampe de Millin. ( Les Célestins, pl. XIX; Brion del. , Chapuis sculp.)
(1) Ce groupe mnignardement travaillé», suivant l’expression du P. Beurrier, est considéré à juste titre comme l’un des chefs-d’œuvre de la sculpture française ;
rr Tout est admirable dans cette piece, observait Brice, la composition generale du tout ensemble, la noble etfiere attitude avec le contour des figures, enfin les draperies disposées et jetées dans la maniéré antique, dont la légèreté exprime le nud d’une maniéré excellente; toutes ces choses font un effet
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