Hic COR DEPO||S UIT REGIS CATHAj|RINA MARITI
Id cupiens pro||prio CONDERE || POSSE SINU.
Texte d’après l’inscription originale; — Lemaire, t. 1, p. 433; — Guilhermy, t. I, p. 45o.
Vis-à-vis le mausolée de Louis d’Orléans :
865. — Cor, quondam Cha||ritum sedem, cor || su mm a secutum,
Très Charités || summo vertice || jure ferunt.
Texte d’après l’inscription originale; — Lemaire, t. 1, p. 434; — Guilhermy, I. 1, p. 45o. Pour accompagner ce monument funéraire, les Gélestins avaient placé contre le
mur de la chapelle, près de l’autel, un
ment servait de sépulture n-aux cœurs de très noble roy Henri II et de Catherine de Médicis, sa femme » et que frie cœur de François de France, duc d'Anjou, fut porté aux Celeslins avec celuy des roys Henry II, son père, et Charles IX, son frère». (Les Tombeaux des personnes illustres , p. 33 et 4i.)
Ce sont là des assertions erronées, ainsi que le prouvent les mentions suivantes consignées dans le Nécrologe :
rrCor inviclissimi Henrici secundi, regis Francise, sepultum est intra sanctuarium, sub lapide
piano, per principe™ Condeum . Hujuspyra-
mis erecta conspicitur, ante altare aurelianum, trium Virtutum figuris decorala.
rrCor clrristianissimi regis Franciæ Caroli noni sepultum est et reconditum in sanctuario, cum corde palerno, per reverendum in Christo patrem dominum Petrum de Gondy, episcopum parisiensem. » (P. 48 et 5i.)
Le P. Beurrier, qui a traduit presque textuellement ces indications, ajoute, en ce qui concerne le duc d’Anjou, que «-son cœur est inhumé dedans le sanctuaire de l’eglise des Peres Celeslins de Paris, avec celuy de Henry II, son pere, et de Charles IX , son frère». ( Histoire du monastère, p. 363.)
Il est dit, d’autre part, dans le ms. B' : ffLe cœur de Charles IX fut inhumé dans le sanctuaire des Peres Celeslins de Paris, avec celuy de Henri II,
son pere . Dans le mesme sanctuaire repose
aussy le cœur de François de France , duc d’Anjou , fils de Henry IL» (P. 2-20-221.)
tableau portant l’inscription suivante W :
Quant au cœur de Catherine de Médicis, il ne fut jamais réuni à celui de son époux, rr Cette princesse prolongea son existence jusqu’en i58q, et personne, en ce temps si troublé, n’eut le loisir de s’occuper de l’accomplissement de son vœu.» (Guilhermy, t. I, p. 4 5 1 . )
(l) Cette inscription, dictée aux Celeslins par de tardifs scrupules, u’a convaincu personne, et elle n’a pas empêché Piganiol de constater que rrl’on peut trouver à redire que l’on ait placé un monument aussi profane et digne d’orner le temple des faux dieux, dans un lieu aussi respectable que celui-ci.» (T. IV, p. 199.)
Il est vrai que Guilhermy répond judicieusement à cette critique : ffLa présence des trois filles de Vénus au pied d’un autel chrétien ne scandalisait guère la société à demi païenne de la Benaissance. Peutêtre, eu approuvant le projet de Germain Pilon, la reine Catherine avait-elle songé au groupe charmant qui les représentait aussi dans la librairie de la cathédrale de Sienne. Était-il plus étrange d’ailleurs de rencontrer Aglaé, Tlialie et Euphrosyne dans une église de Paris que de voir les travaux d’Hercule au jubé de Saint-Étienne de Limoges, ou le Christ, sortant du sépulcre, monté sur l’aigle de Jupiter, dans un bas-relief de Saint-André de Bordeaux? Afin d'aller au-devant des scrupules, les Pères Gélestins avaient appendu , à côté du marbre mythologique, un tableau qui contenait une longue inscription latine en quatorze distiques, composée par un poète du temps pour avertir les fidèles que, sous les traits de ces figures d’une or-
m. — ElEGIACUM CARMEN DE P 10 REGIS Hen RI CI ,HUJUS NOMINIS S ECU N DI , CORDE.
Pyramidos hujus si quis mysteria gliscit
NoSSE, SUB ISTA SUO COR PEDE REGIS HABET.
VlRGINEOS HABET HÆC TRIPUCI SUB IMAGINE VULTUS;
At Charités ternas signât (1J.
Prima Fidem proprie signât, Spem rite secunda,
TerTIA DILECTAM DENOTAT ESSE ClIARIN;
Quas rex Henricus miro possedit amore,
FIas veluti sponsas totus habebat amans.
Firma fides Régis, spes certa, charisque perennis Nullis temporibus deseruere virum.
Hinc sit ut admixtas cernantur jungere dextras Quod nusquam fuerit Rex pius absque tribus.
Jure manus igitur conjunctas semper habentes,
Absque tribus scandit nullus ad astra docent.
Carminis istius lectorem quemque monebo Hoc Regina suum cor cupit esse loco,
Dum vitæ Lachesis præsentis finiet annos,
Et fuerit proprium morte secuta virum,
Ut quorum fuerit cor unum atque una voluntas,
Dum simul amborum mutua vita foret,
Corporibusque suis unum vivendo cubile,
Ut fuit, et vivis spiritus unus erat.
Sic quoque mors properans [minimum]12) DIVISIT UTROSQUE;
Ut fuit illorum, sic erit unus amor.
JuSTIUS ERGO REI SIT PYRAMIS OPTIMA TESTIS QuÆ SIMUL AMBORUM CORDA LIGATA TENET.
DISTICHON.
Hic sua Rex, Regina simul statuere reponi Corda; locus veri pignus amoris erit.
Bonfons-Rabel , liv. II, fol. 84 v°.
ihodoxie douteuse, ils n’en devaient pas moins reconnaître les trois Vertus théologales. Mais, en dépit de toute protestation, le public s’obstine depuis plus de trois siècles, et je crois qu’il a raison, à voir ici les Grâces, qui ont seulement consenti, avant d’entrer à l’église, à recevoir une draperie des mains de maître Pilon. » (T. I, p. 45 1.)
(l) Bonfons qui, le premier, a publié celte inscription, répète ici le second hémistiche du pentamètre suivant, ce qui donne une leçon inacceptable. Dans le texte du P. Beurrier et dans la plupart de ceux qui ont été transcrits ou imprimés postérieurement, ce pentamètre est resté incomplet. Faut-il supposer que l’auteur avait négligé de l’a¬
chever? Ce n’est guère probable. L’hypothèse la plus vraisemblable est que ces mots ont été substitués au vers primitif, puisqu’ils sont en contradiction absolue avec le sens général de la pièce. Le versificateur avait voulu prouver que le groupe représentait les Vertus théologales, tandis qu’ici le fragment de vers indique au contraire qu’il s’agit des Trois Grâces. Il est donc fort possible que l’on se soit avisé, à un moment donné, de rectifier la rédaction, sous le judicieux prétexte qu’il était inutile de contester l’évidence même du sujet.
(2) Bonfons a imprimé : Minimæ, ce qui donne une leçon erronée, et le P. Beurrier : Nimium, ce qui provoque évidemment un contre-sens.