‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 291 sur 386 · LOUIS D’ORLÉANS + VALENTINE DE MILAN CHARLES + PHILIPPE D’ORLÉANS · texte numérisé non relu

LOUIS D’ORLÉANS + VALENTINE DE MILAN CHARLES + PHILIPPE D’ORLÉANS

Mausolée de Louis d’Orléans, de Valentine de Milan, de Charles et Philippe d’Orléans®.

Derrière le groupe des Trois Grâces, au milieu de la chapelle, était placé le mausolée de Louis d’Orléans, de sa femme Valentine de Milan et de leurs deux fils, que le roi Louis XII avait fait élever pour la sépulture de ses parents.

(1) Réduction d’une estampe de Millin. (Les Célestins, pi. XV; Brion del. , Testard, sculp.)

Statues de Louis d’Orléans, de Valentine de Milan, de Charles et Philippe d’Orléans 0>.

(iC monument, d’une composition originale, était ci deux étages. 11 se composait d’un large massif quadrangulaire en marbre blanc, aux flancs décorés d’élégantes colonnettes cannelées, à chapiteaux composites, qui formaient l’enca¬

drement de nicbes à coquilles abritant

ll) Réduction d’un dessin en noir et en couleurs de la Collection de Gaignières. (Bibl. nat. mss. ; F. (r. 20077, fol. 2 ^0 Les deux plates-formes du mausolée sont présentées ici perpendiculaires au soubassement. — Les quatre statues du tombeau ont

des figurines d’apôtres et de saints, au

été gravées isolément dans l'ouvrage de Bonfons- Rabel. (Liv. II, fol. 78 v°, 79, 80 et 80 v°.) Guilliermy a reproduit celles de Louis d’Orléans et de Valentine de Milan dans sa Monographie de Saint- Denis. (P. 298; Ficliot de!., Rouget sculp.)

nombre de cinq sur chacune des faces antérieure et postérieure et de six sur chaque face latérale. La table supérieure de ce tombeau portait sur les côtés la statue de Charles d’Orléans et celle de Philippe de Vertus, son frère, couchées sur des tapis à franges rehaussés d’azur à fleurs de lis d’or, la tète couronnée reposant sur deux coussins avec entrelacs et glands, et les mains jointes sur la poitrine; sur les pieds de Charles était posé un por^-épic et sur ceux de Philippe un furet. Entre les deux statues h). Au milieu du tombeau, se dressait

(l) Ce mausolée fut transporté par fragments au Dépôt des Petits-Auguslins , ainsi que le constatent les mentions suivantes du Journal de Lenoir :

ffi3a. Des Célestins. Deux statues en marbre Idanc et couchées, représentant [l’une] Louis de France, duc d’Orléans, frère du roi Charles VI, et l'autre Valentine de Milan, sa femme.

m33. Du meme lieu. Deux autres statues en marbre blanc, également couchées, représentant Charles, duc d’Orléans, aïeul du roi Louis XII, et Philippe, duc d’Orléans, comte de Vertus, tous deux fds du précédent, v

Lenoir ne paraît pas s’être préoccupé de reconstituer le monument dans son état primitif.

La Notice succincte de 1793 indique déjà les statues comme étant groupées deux par deux : celles de Louis d’Orléans et de Valentine de Mdan sous le n° 227, celles de Charles et de Philippe d’Orléans sous le n° 228.

Mais cette première installation ne subsista pas longtemps; les statues de Louis d’Orléans et de Valentine de Milan furent séparées à leur tour pour former deux tombeaux distincts :

tfLes mutilations considérables que le mausolée éprouva pendant la Révolution l’ont tellement ruiné, observait Lenoir, que j’ai cru pouvoir le diviser en trois parties pour l’ajuster dans le style du temps et le faire cadrer avec l’ensemble général de la salle du xve siècle dont il fait partie, de manière que le monument forme aujourd’hui trois mausolées séparés, savoir : celui de Louis d’Orléans, désigné par le n° 77, celui de Valentine de Milan, n° 78, et celui de Charles d’Orléans et du comte de Vertus, n° 80. J’ai fait entrer dans la composition de ces tombeaux une partie des inscriptions dont ils étaient chargés, ” ( Musée des monuments français , t. Il, p. 100.)

Ces trois mausolées sont décrits ainsi qu’il suit : n N° 77. La statue en marbre de Louis de France ,

duc d’Orléans . posée sur un tombeau de

marbre blanc, décoré de cinq petites figures en

pareil marbre, représentant des apôtres placés dans des arcades dessinées par des fonds de marbre noir et ornées d’arabesques, n (Musée des monuments français, t. II , p. 196.)

ffN° 78. La statue en marbre blanc de Valentine de Milan. n (Ibid., p. 99.)

Elle est posée sur un sarcophage rectangulaire, pris dans les marbres du Musée, dont le socle est orné de deux écussons.

trN0 80. Deux statues en marbre blanc représentant deux enfans de Louis d’Orléans, savoir : Philippe d’Orléans, comte de Vertus, mort en 1 4 20 et Charles d’Orléans mort en i465.” (Ibid., p. io4.)

Ces statues sont couchées sur un sarcophage, dont le socle est orné de cinq figurines placées dans des niches qui proviennent du mausolée primitif. Au-dessus du tombeau, contre le mur, deux pilastres portant un entablement encadrent un basrelief.

rr J’ai fait entrer dans la composition de ce monument, écrivait Lenoir, des arabesques du temps et un grand bas-relief en albâtre, représentant la mort de la Vierge, provenant de Saint-Jacques la Boucherie.” (Ibid., p. io5.)

D’après une note retrouvée par M. Courajod dans les papiers d’Albert Lenoir, la reconstitution de ce tombeau avait été effectuée, en l’an vu, par le citoyen Lamolte, au prixdeSoo francs. (Gazette archéologique, t. II, i885,p. 97.)

Les trois mausolées reconstitués par Lenoir se trouvent reproduits dans le Musée des monuments français (Louis d’Ox'léans, pl. LXXI1I; Lenoir del., Guyot, sculp.; — Valentine de Milan, pl. LXX1V ; Lenoir del.; — Charles et Philippe d’Orléans, pl. LXXV ; Percier del.).

Après la suppression du Musée, les cénotaphes furent transférés à Saint-Denis, où ils subirent une nouvelle transformation, alors qu’il eut été aussi simple et aussi facile de rétablir le mausolée unique sous sa forme primitive,

un sarcophage de marbre blanc, en forme de cuve, dont la plate-forme décorée d’un tapis d’azur fleurdelisé d’or portait les statues couchées de Louis d’Orléans et de Valenline de Milan , l’un avec un lion, l’autre avec un chien posé sur les pieds d).

rrDe ses membres dispersés, observait G u i 1 liermy, on a composé trois monuments dont le plus considérable a reçu, avec les statues de Louis et de Valenline, la meilleure partie des sculptures secondaires. Vingt-quatre statuettes représentant les douze apôtres et douze martyrs remplissaient les niches du grand socle; quinze de ces figures seulement sont en place; nous ignorons quel a pu être le sort des neuf autres; nous croyons cependant qu’il en existe, encore quelques-unes au milieu de la multitude d’objets de toute espèce entassés confusément dans les magasins de l’église.

rrLes deux grands côtés du socle qui soutient les statues sont revêtues d’une partie de l’arcature dont le tombeau primitif était entouré. Chaque côté comprend cinq arcades ou niches contenant un pareil

nombre de figurines . Des plaques du marbre

blanc le plus commun remplacent l’arcature à la tête et au pied du socle, et deux petits écussons en marbre noir ont été rapportés du côté des pieds; l’un est blasonné des armes d’Orléans, l’autre

écartelé d’Orléans et de Milan .

rr Le tombeau du comte de Vertus ne consiste qu’en un socle de marbre noir moderne et dépourvu

d’ornementation . Un écusson de marbre noir,

aux armes d’Orléans, se voit aussi au pied du tombeau.

rr Une suite de cinq arcades en marbre qui proviennent de l’ancien mausolée des Célestins forme le devant du socle de la statue de Charles d’Orléans. Un écusson de marbre noir a été encastré à l’extrémité du socle; il est mi-parti d’Orléans et d’autre part écartelé de Fi’ance ancien et de Milan. « ( Monographie de Saint-Denis , p. 298-298.)

Depuis une vingtaine d’années, le mausolée a été reconstitué tel qu’il était à l’origine, avec cette différence toutefois que Viollet-le-Duc croyant, d’après le dessin de Millin, que le monument comportait six petites niches sur chacune de ses quatre faces, a remplacé la forme rectangulaire du massif par la forme carrée.

Une estampe de la Gazette archéologique le reproduit dans son état actuel. (T. X, 1 885 , pl. XII ; Garen del. et sculp.)

(1) Ces divers personnages avaient été inhumés

sous leur tombeau, au milieu de la chapelle. Il est dit dans le Nécrologe, au sujet de Louis d’Orléans : rfCujus corpus in sacello suo aurelianense, quod ante construxerat, honorifice lumulalum requiescit.» (P. 27.)

Et de même, au sujet de ses deux fils aînés, Charles et Philippe d’Orléans :

rr A dextris sépulture regalis Ludovici , ducis aurelianensis, jacet filins ejus primogenitus, Carolus, dux aurelianensis ex latere patris et dux mediola-

nensis ex latere mains . Ludovicus XII, Piex,

filius ejus, fecit corpus hue apportari, cum avo suo Ludovico, duce aureliano, anno i5o4, volens et intendens post morlem eidem sociari et eodem sepulchro concludi; verum aliter visum est ejus Consilio privato.

rrAd lævum ejusdem regiae sépulture aurelianensis jacet potentissimus Philippus, Virtutum cornes, secundus filius Ludovici , ducis aurelianensis. n (P. 3g-4o.)

Le Nécrologe ne parle pas de Valenline de Milan; mais cette omission a été réparée par le P. Beurrier. trSon corps, écrit cet auteur, fut premièrement inhumé en l’eglise de Saint Sauveur du chasteau de Blois, où il demeura jusques au régné de Louis XII, lequel le fît apporter en la chappelle d’Orléans, où il repose avec celuydeson mary. . . * ( Histoire du monastère, p. 338.)

Le cœur de Jean d’Orléans, comte d’Angouléme, troisième fils de Louis d’Orléans et Me Valenline, avait été aussi inhumé avec ses parents. (Ibid., p. 3 3 9 . )

Contrairement au vœu qu’il avait exprimé, le roi Louis XII 11e fut pas enterré avec son père ; tfll avoit ordonné d’estre inhumé avec les ducs d’Orléans, sesparens; mais son Conseil en disposa autrement après sa mort, car son corps fut porté à Sainct Denys.n (Le P. beurrier, Histoire du monastère, p. 34g.) La volonté du roi du moins ne fut pas complètement méconnue, puisqu’il est dit dans le Nécrologe : ((Cor et intestina Ludovici XII, regis Francise, patris patriæ vulgo nuncupali, recondita sunt juxta patrem suum Carolum, ducem aurelianensem et mediolanensem, sub lionorifica ilia sepultura avi sui Ludovici , ducis aurelianensis. r, (P. ho.)

Ce mausolée, exécuté à Gênes et transporté à Paris en i5o/i, était l’œuvre de deux artistes milanais, Michèle d’Aria et Girolamo Viscardo, et de deux artistes florentins, Donato di Battisla et Benedetto di Rovezzanoô).

Pour toute épitaphe, ce tombeau ne portait que les noms des défunts gravés en lettres d’or sur trois côtés de la bordure du grand massif :

867. Lois, duc || d’Orléans. — Valentine de [| Milan, sa femme.

Charles duc d’Orléans, leur filz, pere du roi Lois XIIe.

Philippes, conte de Vertus, leur second filz.

Texte d’après le dessin ci-des us; — Bonfons, fol. 128 v°.

Quatre inscriptions destinées à accompagner le mausolée étaient placées dans la chapelle, à divers endroits.

L’une de ces inscriptions, surmontée de quatre écussons^ sculptés dans un encadrement cintré, était gravée en lettres dorées sur une table rectangulaire de marbre noir, fixée au premier pilier, du côté droit :

868. Quis tumulum posuit! Regum Rex maximus ille Filius et Regum Rex Ludovicus honor.

Quandoî post ligurem, insubrem, siculumque triumphum

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