HENRI I -P HENRI II DE LONGUEVILLE
À droite de la chapelle, du côté du chœur, entre les deux piliers de la première arcade, s’élevait le monument funéraire des ducs de Longueville, œuvre du sculpteur François Anguier, sous lequel avaient été déposés les cœurs de
Henri Ier et de Henri II de Longueville. C’était une haute pyramide en marbn
(l) Ce petit monument a été reproduit dans une estampe de MiUin. ( Les Célestins, pl. XVII t, fig. 4; Biosse sculp.)
E11 1790, il fut porté au Dépôt des Peti(s-Auguslins, ainsi que le constate le Journal de Lenoir:
t 2.7. Des Célestins. Un cippe de marbre blanc, supportant une urne de lumachelle ornée de branches de cyprès en plomb , composant le mausolée de Mme Hocquart Cossé, morte en 1779. Ce monument a été exécuté sur les dessins de M. Desmoulins, architecte, mon ami. r>
Il figure dans la Notice succincte de 1793, sous
noir, décorée sur les quatre côtés d’ale n° 3 1 , avec celte note : rrCe monument est composé avec beaucoup de sensibilité et laisse une idée intéressante de l’auteur, v
O11 le trouve catalogué dans le Musée clés monuments français, sous le n° 547.
Après 1186, l’urne transportée à Saint-Denis servit à décorer un cénotaphe bizarre élevé en l’honneur de Louis XV, qui ne subsiste plus aujourd’hui.
Le cippe avait été relégué dans une arrière-cour de l’École des Beaux-Arts , où Guilhermy l’avait vu. Nous l’y avons vainement recherché.
rabesques, d’attributs allégoriques et de trophées, formés par des incrustations de marbre blanc, et sur les faces antérieures et postérieures d’un cartouche armorié avec deux anges pour supports, en bronze doré; un vase fumant, aussi eu bronze doré, formait le couronnement. Le piédestal, dont le dé était revêtu de deux bas-reliefs en bronze doré, représentant la bataille d’Arques et la prise de Senlis, encadrés par des bordures de marbre blanc et noir et surmontés d’un
(1) Réduction d’une estampe de Millin. ( Les Célestins, pi. XVII; Brion del., Simon scuip.)
Deux dessins en noir et en couleurs provenant des Tombeaux de Gaignières (Oxford), ier vol., fol. 2 et 3, présentent ce monument sous ses deux aspects principaux , vu du côté de la chapelle d’Orléans et du côté du chœur. Il existe un autre dessin
de la face antérieure dans la Collection Clairambanlt, 1 1Ô7, fol. 161.
Ce monument a été gravé à Teau-forte par J. Marot, dont l’estampe se trouve dans la même Collection , 1 1 36 , fol. 291. Celte gravure paraît avoir servi de modèle pour les autres reproductions et notamment pour celle publiée par Piganiol. (T. IV, p. 2 1 6.)
fronton cintré orné d’un sablier et de deux cornes d’abondance sculptés en sautoir, était accompagné de quatre statues de marbre, presque de grandeur naturelle, personnifiant la Force, la Vérité, la Justice et la Sagesse.
Cet ensemble décoratif reposait sur un large soubassement en marbre blanc et noir, bordé d’une double corniche richement sculptée et décoré sur les côtés de couronnes de fleurs et sur les deux faces de personnages en bas-reliefs. La partie médiane de ces faces, formant un pilastre saillant, portait l’épitaphe des défunts.
Celle de Henri Ier de Longueville se lisait dans la chapelle d’Orléans 9) :
879. + || Memoriæ serenissimi principis Henrici Aurelianensis, I HUJUS NOM1NIS, || Longavillanorum ducis, Novi Castri apud Helvetios comitis supremi, |] ex
PATRE LeONCRIO REGUM PROSAPIA ORIUNDI, || ET MATRIS MARIÆ BURBONIÆ GENERE STIRPI REGIÆ ETIAM ADNEXI, || QUI PlCARDIÆ FRÆFECTUS , ANTE ANNOS ANIMUM VIRI- LEM GERENS || AMBOBUS HENRICIS, FrANCORUM REGIBUS, || FIDEM SUAM PACE BELLO- QUE DIFFICILLIMIS TEMPORIBUS APPROBAVIT, || ET ALTERI SYLVANECTAS, FUSO FUGA- TOQUE ALBÆMARLÆ DUCE, SERVAVIT, || ALTERUM APUD DlEPPAM CIRCUMSESSUM , || PERRUPTIS CONJURATORUM COPIIS INGENTIBUS, AUDACTER EXPEDIVIT; || CUMQUE A DUR- LANENSI PRÆSIDIO HONORIFICE EXCIPERETUR, || FORTUITA IMPROVIDI MILITIS GLANDE
(1) On trouve dans le Journal de Lenoir les mentions suivantes, qui constatent l'entrée de ce monument au De'pôt des Petits- Augustins :
rr 2 4. Des Célestins. Deux petits bas-reliefs en marbre, sculptés par Anguier; l’un représente le combat d’un lion et d’une ourse, l’autre un Janus, ou une tête à deux faces , venant du tombeau de la famille de Longueville.
ff 3o. Du même lieu. Deux bas-reliefs en marbre blanc, représentant l’Abondance et la Justice, provenant de la pyramide de Longueville.
tr5a. Du même lieu. Deux bas-reliefs en cuivre doré, représentant les batailles de Senlis etd’Arques, venant du tombeau de la famille de Longueville.
^68. Du même lieu. Quatre ligures de femmes, sculptées en marbre blanc, représentant la Force, la Tempérance, la Justice et la Sagesse, provenant du tombeau de la famille de Longueville.
ff 88. Du même lieu. Une grande pyramide en marbre noir, incrustée, sur ses quatre faces et dans toute sa longueur, de bas-reliefs allégoriques aux lettres, aux arts et aux sciences, le tout formant le mausolée de la famille de Longueville. Plus les corniches et accessoires en marbre dudit monument. »
Dans le Musée des monuments français , où ce mausolée est catalogué sous le n° 207, Lenoir a
ajouté cette observation : rrCe beau monument, entièrement fait par Anguier, fut commencé d’abord pour Henri 1er, duc de Longueville, puis terminé par les ordres d’Anne-Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville, qui le fit servir de mausolée pour Henri II de Longueville, fils du précédent, et son mari, mort en i663.» (T. V, p. 108.)
Dans son Rapport au comte de Vaublanc, Lenoir a inséré la note suivante : rtLes corniches et d’autres détails en marbre blanc, provenant de ce monument, sont déposés avec d’autres débris de marbre dans le jardin du Musée.»
D’autre part, il signale ici, pour la première fois, des sculptures qui décoraient les côtés du soubassement :
rr 2 2 G . Deux bas-reliefs en marbre blanc, représentant des couronnes de fleurs sculptées par Michel Anguier, du tombeau de Longueville.»
Après la suppression du Musée, la pyramide fut transportée au Louvre , où elle a été reconstituée sous son aspect primitif. O11 a remplacé par un bloc carré de pierre de taille le massif de marbre du soubassement qui n’existait plus; mais il manque au monument .quelques fragments des corniches, les deux épitaphes, les deux petits basreliefs armoriés qui étaient fixés à la pyramide et le vase fumant dont elle était surmontée.
TRAJECTUS, || IN FLORE JUVENTUTIS AC RERUM OCCUBUIT, || ANNO DOMINI M D XCV°, ÆTATIS XXVII°(1) 2. || Ante biduum tamen quam expiraret, unicum FILIUM, || NOMINIS AC BONORUM SUORUM HEREDEM FUTURUM, || EX CATHARINA GoNZAGA NIVERNENSI GENITUM VIDIT. || COR TANTI HEROIS IN HOC GENTILI DUCUM AURELIANENSIUM SA- CELLO POSITUM EST; || CORPUS CASTRODüNI DELATUM. || HuiC, TU, PRINC1PI PIO ATQUE CATHOLICO, || QUICUMQUE ISTA LEGIS , SORTEM JUSTORUM PRECARE. || REQUIESCAT IN PACE.
Armes. D’Orléans au bâlon d’argent péri en bande.
Bibl. nat. mss.; F. fr. 20077, fol. 75 (reproduction figurée); — Ms. F1, p. 3o4; — Lemaire,
Celle de Henri II de Longueville se trouvait dans le chœur de l’église :
880. -F CORDI PATRIS H EIC ADJUNCTUM EST FILII COR GENEROSUM, || SERENISSIMI PRINCIPIS HENRICI, II EO NOMINE, || LONGAVILLÆ DUCIS, SUMMI COMITIS NOVI CASTRI, || PlCARDIÆ PRIMUM, DEINDE NORMANNIÆ PER ANNOS L PROREGIS, || QUI MAJORUM VIRTUTIS UT ET D1TIONUM HERES, || REGNANTIBUS LUDOVICO JUSTO ET ADEODATO, || MULTIS PER GERMANIAM, PER ITALIAM ET GALLIAM EX PEDITIONIBUS VICTORIISQUE CLARUIT, || AC POST DIUTURNA BELLA MISSUS CUM SUMMA POTESTATE LEGATUS DE PACE || AD CELEBREM CONVENTUM MON ASTERIENSEM , || IBI INTER EUROPÆ PROCERES REGNI JURA MAGNO AN1MO INGENIOQUE DEFFENDIT, || PACEM RELATURUS DOMUM SI DEUS PLACATUS ADFUISSET. d I)EMUM HONORUM AC VITÆ SATUR, ANNUM SEXAGESI- MUM NONUM INGRESSUS, || ROTHOMAGI IN CINERE ET CIL1CIO DECESSIT MORTE SANC- TORUM, || ANNO SALUTIS M DC LXIII°, MENSE MAIO || RELICTO OPTIMATIBUS SINGULARI PIETATIS EXEMPLO. || CORPUS CASTRODÜNI DEPORTATUM, LACRIMANTIBUS SUIS, || DO- I.ENTIBUS OMNIBUS BONIS. || SERENISSIMA ANNA GeNOVEFA BURBONIA CONDÆA , M®- RENS, CUM PIENTISSIMIS L1BERIS , || CONJUGI MERITISSIMO || HOC MAUSOLEUM, QUOD IPSE PATRI DESTINATU M VIVUS IN CH O A VER AT, || ABSOLVENDUM CURAVIT. || REQUIESCAT IN PACE.
Bibl. nat. mss.; F. fr. 20077, f°l- 77 (reproduction figurée); — Ms. F1, p. 3 0 5 ; — Lemaire, t. I, p. 44 1.