‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 306 sur 386 · RENÉE D’OR LÉ ANS-LONGUE VILLE · texte numérisé non relu

RENÉE D’OR LÉ ANS-LONGUE VILLE

Aluusolee de lleuée d’Oileans-Longueville d).

A gauche de l’autel, une arcade pratiquée dans la muraille, au-dessous de la

(1) Réduction d’une estampe de Millin. (Les Céleslins, pl. XVI; Carpentier sculp.)

Ce mausolée se trouve reproduit dans nn dessin en noir et en couleurs de la Collection de Gaignières. (Bibl. nat. mss; F. fr. 20077, f°l. 56.)

Dans l’ouvrage de Bonfons-Babel , une gravure représente la statue de la princesse, avec cette particularité, que la tête est soutenue par deux anges. (Liv. Il, fol. 82.) Ce détail ne se retrouve dans aucun autre dessin du mausolée.

première fenêtre, abritait le mausolée de la jeune princesse Renée d’Orléans- Longueville.

La statue de la défunte, en marbre blanc, la tête posée sur un coussin et les mains jointes sur la poitrine, avec une licorne barbue à ses pieds tenant un écusson en losange, était couchée sur une table de marbre noir aux angles arrondis, posée sur un massif rectangulaire de marbre blanc.

La face antérieure de ce sarcophage était ornée de pilastres artistement sculptés, qui encadraient quatre niches abritant des statuettes de saintes. Le fond de l’arcade, au-dessus du tombeau, comportait une décoration analogue, continuée en retour avec une statue de sainte Marguerite à la tête de la statue et aux pieds une statue de la Vierge portant l’enfant Jésus. Le cintre de l’arcade était garni d’une grande coquille déployée en éventail, et la voûte interne revêtue de caissons de marbre blanc doré. La niche avait pour encadrement des socles portant des pilastres décorés d’élégantes arabesques et de chapiteaux à feuilles d’acanthe, qui soutenaient un arc surbaissé orné de moulures, que surmontaient des statuettes assises, tenant des écussons armoriés (1).

(1) Le Journal de Lenoir conslale l’entrée de ce mausolée au Dépôt des Peüts-Augustins :

rrô8. Des Célestins. Une petite statue couchée, sculptée en albatre, représentant Renée d’Orléans- Longueville, morte en i5i5. Plus une tombe de marbre noir et plusieurs morceaux d’albatre ornés de pilastres arabesques et de bas-reliefs, provenant du tombeau de ladite Renée d’Orléans. »

Ce monument est décrit sous le n° 95 dans le Musée des monuments français, avec cette observation : trCe mausolée, détruit en 1793, a été restauré tel qu’on le voit, sur mes dessins. « (T. II, p. i57.)

La pl. LXXXVIII (Percier del.) présente le monument tel que Lenoir l’avait reconstitué. La statue de la princesse, posée sur un sarcophage uni, est placée sous une petite voûte surbaissée; au-dessus, on voit le bas-relief qui garnissait autrefois le fond de la niche et les deux pilastres sculptés qui l’encadraient.

M. Courajod a retrouvé dans les papiers de Lenoir le mémoire des frais réclamés par le citoyen Lamotte pour la restauration de ce mausolée :

R- Monument de Renée d’Orléans. — Avoir posé et fait les racors d’une frize à entrelacs, fleurettes, portant de long deux mètres vingt cinq centimètres et de large vingt-cinq centimètres. Une frize dans le milieu de la corniche qui couronne ledit monument, ainsi qu’en retour, composée de figures,

rinceaux et autres, ayant de long deux mètres soixante centimètres, sur huit de large. Pour nettoyer les deux pilastres en albâtre avec les chapiteaux et les arabesques qui sont dedans, portant lesdits pilastres lin mètre cinquante six centimètres de haut. — Pour nettoyer le bas-relief en marbre du milieu composé de figures dans des niches où il est, pilastre et arabesque, portant de haut un mètre sur deux mètres trente six centimètres de long et le jointoyé partout. — Nettoyer la statue en marbre de Renée d'Orléans. — Avoir fait et posé la sculpture ci-dessus audit monument. — Le nettoyage et fourniture de pilastre. — Ensemble vaut la somme de trois cens francs. n ( Alexandre Lenoir, t. III, p. ù 36.)

Après la suppression du Musée, le mausolée de Renée d’Orléans fut transporté à l’église de Saint- Denis, où on le conserva d’abord à peu près tel que Lenoir l’avait rétabli. trCe monument, observait Guilhenny, a été complètement défiguré .

L’arceau a été supprimé , ainsi que le fronton ; appliqués à un mur, les deux pilastres portent un entablement moderne. La sculpture du sarcophage a pris place entre les pilastres, et l’autre bas-relief est descendu pour servir d’ornement au socle de la statue. La figure de sainte Marguerite, celle de la Vierge et de deux licornes tenant des armoiries sont restées en magasin .

rrNous ne pourrions réclamer assez vivement la

Sur le bord antérieur de la table de marbre noir qui portait la statue de la princesse, l’épitaphe suivante était gravée en lettres dorées :

KS4J. — CY GIST TRES EXCELLENTE ET NOBLE DAMOISELLE RENÉE D’ORLEANS, A SON VIVANT CONTESSE DE DlJNOYS, DE TANCARVILLE, DE MONTGOMERY, DAME DE

Monstreublllay (1), de Chasteau Régnault, et fille unicque délaissée de très ||

EXCELLENS ET PUISSANS PRINCE ET PRINCESSE FrANCOYS, EN SON VIVANT DUC DE LONGUEVIL, COMTE ET SEIGNEUR DESDICTS CONTEZ ET SEIGNEURIES, CONNESTABLE HEREDITAL DE NORMANDIE, LIEUTENANT GENERAL ET GOUVERNEUR POUR LE RûY EN

ses pays de Guyenne, et madame || Françoise d’Alençon, son espouse, pere et

MERE DE LADICTE DAMOISELLE, LAQUELLE TRESPASSA EN L’EAIGE DE SEPT ANS, AU

lieu de Paris, le xxiiie jour de may, l’an mil vc et xv. Dieu ait son ame et de tous austres. Pater noster. Ave maria.

Armes. Ecartelé, au 1 et à (I’Orléans au bâton péri d’argent en bande, qui est de Longueville; au a et 3 de France à la bordure cousue de gueules, chargée de huit besants d’argent, qui est d’ Alençon.

Texte d'après l’inscription originale; — Ms. B\ p. 222; — Bonfons, fol. 129; — Guilhermy, l. U p. 440*4/17.

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