‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 317 sur 386 · LÉON POTIER · texte numérisé non relu

LÉON POTIER

Du côté gauche de la chapelle, sous une arcade, vis-à-vis le mausolée de Louis Potier, s’élevait celui de Léon Potier.

Mausolée de Léon Polier (1).

Le défunt était représenté, revêtu du grand hahit et du collier de l’Ordre du Saint-Esprit, à genoux devant un prie-Dieu

Sa statue était placée sur un sarcophage de marbre, posé sur un socle, décoré aux extrémités de têtes de mort ailées et couronnées de lauriers, le tout soutenu par un piédestal élevé en marbre, avec deux consoles sur les côtés.

Le piédestal était surmonté d’un cartouche armorié, timbré de la couronne ducale et entouré des colliers des Ordres du Roi, qu’enveloppaient les replis du manteau ducal attaché au sarcophage.

L’épitaphe du défunt était gravée sur une table rectangulaire de marbre encadrée par des moulures et fixée au dé du piédestal :

(I) Réduction d’une estampe de Millin. [Les Cé- lèvement des sculptures des Célestins, puisqu il lestins, pl. X; N.-F. Masquelier sculp.) n’en est question ni dans le Journal de Lenoir. ni

'2) Cette statue avait dû être détruite avant l’en- dans le Musée des monuments français.

902. — CY GIT TRES HAUT ET TRES PUISSANT SEIGNEUR MESSIRE LEON, DUC DF GeSVRES(i), PAIR DE FRANCE, CHEVALIER DES ORDRES DU Roi, PREMIER GENTILHOMME DE SA CHAMBRE, GOUVERNEUR DE PARIS, GOUVERNEUR ET GRAND BAILLI DE VALOIS, GOUVERNEUR ET CAPITAINE DE MONCEAUX, LIEUTENANT POUR LE Roi AU BAILLIAGE

de Rouen et pays de Caux, troisième fils de très haut et très puissant seigneur aiessire René Potier, duc de Tresmes, pair de France, chevalier des Ordres du Roi, premier gentilhomme de sa chambre, gouverneur du pays du Maine, Perche et Laval, et de madame Marguerite de Luxembourg, princesse de Tingry, [qui] a commencé a servir le Roi en mdcxliv, en qualité de capitaine DANS LE REGIMENT DE CAVALERIE DE MAZARIN ET S’EST TROUVÉ A LA BA¬ TAILLE de Fribourg.

En l’année m dc xlv, il a eu deux chevaux tués sous lui a la bataille de Nordlingue et, y ayant été fait prisonnier, il a trouvé moyen de S’ECHAPPER

DES MAINS DES ENNEMIS, [DE] REJOINDRE SA COMPAGNIE ET DE RETOURNER A LA CHARGE. En LA MEME ANNÉE, IL A EU UN REGIMENT DE CAVALERIE ET A SERVI AU SIEGE DE PHILIPSBOURG. En MDCXLVI, IL EUT UN REGIMENT ü’iNFANTERIE ET A SERVI AU SIEGE DE COURTRAY.

En m dc xlvii, François Potier, son frere, ayant été tué au siégé de Lerida,

IL FUT REÇU EN SON LIEU CAPITAINE DES GARDES DU CORPS, EN SURVIVANCE DE MONSIEUR LE DUC DE TRESMES, LEUR PERE; IL A DEPUIS SERVI DANS TOUTES LES OCCASIONS JUSQU’AU SIEGE D’YpRES; IL A ÉTÉ FAIT LIEUTENANT GENERAL ET A SERVI EN CETTE QUALITÉ EN GUYENNE, FLANDRES, CHAMPAGNE ET LORRAINE, AUX SIEGES

de Stenay, Marsal, Lille, Tournay, Douai et de plusieurs autres villes jusqu’en MDCLXIX, qu’il A ÉTÉ FAIT PREMIER GENTILHOMME DE LA CHAMBRE.

En mdclxxxii, le Roi voulant reconnoitre la fidelité, l’assiduité avec

LAQUELLE IL AVOIT TOUJOURS SERVI, LUI A DONNÉ LE GOUVERNEMENT DE PARIS. En MDCLXXXII, IL A, POUR LA GLOIRE DE DlEU ET POUR HONORER LA MEMOIRE DE MON¬ SIEUR SON PERE ET CELLE DE MADAME SA MERE, PAYÉ AUX RELIGIEUX DE CETTE MAISON LE FONDS DE LA FONDATION QU’lLS Y A VOIENT FAITE DES LE XXVIII FEVRIER M DC XX.

En mdccii, il a fait démolir l’ancienne chapelle de Luxembourg, l’a fait

REBATIR, FERMER ET ORNER COMME ELLE EST PRESENTEMENT, ET APRES AVOIR FAIT FAIRE LA CAVE QUI EST DESSOUS POUR CONSERVER LES PRECIEUSES MANES DE MES¬ SIEURS ET MESDAMES SES ANCETRES ET RENDRE SES DEVOIRS A DES PERSONNES SI ILLUSTRES, IL A, POUR LE REPOS DE LEURS AMES, FONDÉ DE NOUVELLES PRIERES, SUI¬ VANT L’ACTE QUI EN A ÉTÉ PASSÉ AVEC LES RELIGIEUX DE CETTE MAISON, DEVANT

[de] Lambon et [Dupuis], le jeune1'2', notaires au Châtelet de Paris, le vi décembre DE LADITE ANNÉE.

Armes. Ecartelé, au 1 d’argent au lion de gueules couronné d’or, la queue fourchée, nouée et j passée en sautoir, qui est de Luxembourg; au a d’azur à trois fleurs de lis d’or, au bâton de gueules péri en bande, qui est de Bourbon-Condé ; au 3 de Lorraine-

(1) Léon Potier, f le p décembre 1704. (Le P. Anselme, Histoire généalogique , t. IV, p. 772.)

(2) D’après le texte de Piganiol , on pourrait croire que Le Jeune est un nom propre ; mais dans le ta¬

bleau des Notariats de Paris cl du département de la Seine, on ne trouve aucun notaire de ce nom. La date de l’acte permet de supposer qu’il s’agit ici de Dupuis le jeune, notaire, de 1701 à 172t.

G vise (1); au à de gueules à la croix d’argent, qui est de Savoie; sur le tout d’azur à trois mains dextres d’or , au franc-quartier écluqueté d’argent et d’azur, qui est de Potier (2).

Piganiol, t. IV, p. 235.

Autres épitaphes au milieu de la nef :

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