‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 319 sur 386 · MARIE LE FEBVRE I)E LA FERONNIÈRE · texte numérisé non relu

MARIE LE FEBVRE I)E LA FERONNIÈRE

903. — [Cy gist] dame Marie Le Febvre de La Feroniere, femme de messire François Martin de Sadonniere, chevalier, marquis de La Roche, garde

(1) Les liait quartiers de Vécu de Lorraine-Guise ont été blasonnés ci-dessus. (N° 6/12.)

('2) Ces ormes, sculptées sur le mausolée, sont celles que le P. Anselme attribue à François-Bernard Potier, fils de Léon, avec celte différence toutefois qu’il indique au 3e quartier l’écu de Lorraine. ( Histoire généal. , t. IV, p. 773.)

D’après cet auteur, le blason de Léon Potier était : Parti de trois traits et coupé d'un, qui font huit quartiers : au 1 de Luxembourg ; au s de Bourbon-Condé ; au 3 dc Savoie; au à de Lorraine-Guise ; au 5 de Baillet ; au 6 d’AuNAY ; au 7 de Montmorency ; au 8 de Vendôme ; sur le tout de Potier. ( Histoire généal., t. IV, p. 772.)

du corps du Roy, inhumée devant l’autel de la Vierge, le iii avril m d.cc i.

Elle avoit donné aux Celestins la somme de six mille livres, produisant trois cens livres, pour la fondation d’une messe, et un ornement (1).

Millin, Les Célestins , p. S'j.

FRANÇOIS-DELPHIN DAULÈDE.

Inscription gravée sur un cercueil de plomb :

906. — Haut et puissant seigneur || messire François Delphin, chevalier, || marquis d’Aulède, baron de Margaus, || e[s]t décédé à Paris, le 26 aoust || 1746 (3),

AGÉ DE 88 ANS, ETANS || NÉ A BORDEAUX DANS LE MOIS || D’AVRIL 1660, A ÉTÉ EN- TERÉ || DANS L’EGLISE DES REVERENDS PERES || CELESTINS. || REQUIESCAT IN PACE.

Armes. D’argent au lion de sable armé, lampassé et couronné de gueules ; à la bordure de sable chargée de onze besants d’or.

Rapport sur les fouilles des Célestins. ( Bulletin du Comité historique , t. III, p. 1 15.)

RENÉ DE TRÉVÉLEC.

Du côté gauche, dans la seconde chapelle, on voyait contre le mur deux tables de marbre blanc portant une inscription en l’honneur de René de Trévélec ® :

907. — A LA PLUS GRANDE GLOIRE DU DlEU DES ARMÉES. || ANECDOTE.

L’an 1694, sous le régné de Charles II, Roi d’Espagne, l’armée des Maroquins COMMANDÉE || PAR LE GENERAL BACHA ALI-BENEB-D ALAB , COMMENÇA LE SIEGE

de Ceuta, en Afrique, l’un || des plus mémorables, tant par la durée et l’opi-

(1) Il est probable que les conditions de la fondation devaient être, suivant l’usage, détaillées tout au long dans l’inscription. Millin a dû se borner ici à les résumer, au lieu de transcrire intégralement le texte.

(2) La date donnée par l’inscription est fautive : le marquis d’Aulède mourut le 26 août 1 7 48 ; c’est ce qu’établissaient le registre des sépultures de l’église Saint-Paul pour cette année et celui des inhumations faites aux Célestins, ainsi que l’ont constaté les auteurs du Rapport sur les fouilles.

(3) On lit dans Millin : n-Une inscription en lettres d’or, sur une table de marbre noir, apprend que cette chapelle a été acquise à perpétuité par René, baron, comte de Trévélec, chambellan du roi d’Espagne, colonel d’infanterie au régiment de Luxembourg, qu’il a commandé avec honneur en

trois batailles contre les Maroquins. Cette pierre est accompagnée des armes de Trévélec, auxquelles la clef de chambellan est suspendue. Au-dessus est le buste en relief en marbre blanc de M. de Trévélec.

« Entre les deux croisées dont les vitres sont aussi décorées des armes de Trévélec, est une pierre tumulaire sur laquelle est gravée l’épitaphe de M. de Trévélec, mort en 1773.» ( Les Célestins, p. 25-26.)

Une estampe de. Millin reproduit ce monument. (Ibid., pl. III; Charpentier sculp.)

Le buste de René de Trévélec avait été conservé au Musée des monuments français , ainsi que le constate le Rapport au comte de Vaublanc :

rr 5 3 3 . Des Célestins. Portrait en bas-relief et de profil du comte de Trévélec. n

Nous n'avons pu savoir ce qu’il est devenu.

NIATRETÉ DE L’ATTAQUE, QUE PAR || LA FERMETÉ ET LA VIGUEUR DE LA DÉFENSE; IL DURA L’ESPACE DE PLUS DE VINGT SIX ANS. || En 1720, SOUS LE REGNE DE PHILIPPE V,

roi d’Espagne, et celui de Muley-Ismael, roi de Maroc, les || Mahometans

AYANT REDOUBLÉ LEURS EFFORTS POUR SE RENDRE MAITRES DE CEUTA, LES ESPA¬ GNOLS || LEUR OPPOSERENT DE NOUVELLES FORCES; LE MARQUIS DE LeDE FUT ENVOYÉ AU SECOURS DE LA PLACE A LA |] TETE D’UNE ARMÉE DE VINGT MILLE HOMMES. CETTE GUERRE DURA PARTIE DE I 720 ET DE 1721, PENDANT || LAQUELLE IL Y EUT TROIS BA¬ TAILLES OÙ LES ARMES DE SA MAJESTÉ CATHOLIQUE FURENT TOUJOURS VICTORIEUSES. Le II QUINZE NOVEMBRE 1720, DES LA POINTE DU JOUR, AU SIGNAL DE QUATRE COUPS DE CANON, LES || TRANCHÉES DES INFIDELES FURENT EMPORTÉES , TANDIS QU’AU MEME MOMENT DON JOSEFH DE LOS RlOS, || GÉNÉRAL DES GALERES D’ESPAGNE, FEIGNOIT AVEC SES GALERES ET DES CHALOUPES UNE ]| DESCENTE AU DESSUS DU VIEUX CEUTA MA¬ ROQUIN, POUR FAIRE UNE DIVERSION, (TOUT CE TERREIN || FORME UNE LANGUE DE TERRE D’UN QUART DE LIEUE ENTRE LA MER DU DETROIT DE GIBRALTAR [| ET CELLE DE TeTOUAN). Le MARQUIS DE LeDE POURSUIVIT LES FUYARDS jusqu’au VIEUX CEUTA, Il OÙ LE GROS DE LEUR ARMÉE, QU’ON DISOIT D’ENVIRON TRENTE MILLE HOMMES, NOUS ATTENDOIT || DE PIED FERME; ELLE AVOIT ALORS POUR GÉNÉRAL LE BACHA AYMET-DEN-

Aly-den-Abdala. Les || deux armées étant en presence, la première bataille se

DONNA; LE REGIMENT WALON || DE LUXEMBOURG DE DEUX BATAILLONS ETOIT AUSSI ARRIVÉ AU VIEUX CEUTA MAROQUIN, LA |] BAYONNETTE AU BOUT DU FUSIL, SANS SES DEUX COMPAGNIES DE GRENADIERS, QUE LE MARQUIS || DE LEDE AVOIT EMPLOYÉES AILLEURS PENDANT LA MARCHE, CE QUI NOUS AFFOIBLISSOIT |j BEAUCOUP. MAIS LA PIERRE QUE LES ARCHITECTES ONT REJETTÉE EST DEVENUE LA || PRINCIPALE PIERRE DE L’ANGLE. CE BRAVE ET INTREPIDE REGIMENT ETOIT COMMANDÉ, EN L’ABSENCE || DU MARQUIS DE pRANCLIEU, COLONEL EN PIED, PAR LE COLONEL BARON DE TrÉVÉLEC, FRANÇOIS, || DEPUIS COMTE DUDIT NOM, PAR CONCESSION DE S A MAJESTÉ CATHOLIQUE; IL FERMÉ (lj LA GAUCHE DE L’ARMÉE D’ESPAGNE. Le CHEVALIER || DE LeDE , LIEUTENANT GENERAL, QUI COMMANDÉ LA GAUCHE, NOUS FIT ENTRER DANS UNE PLACE || SPACIEUSE, ENVIRONNÉE DE GRANDES ET BELLES MAISONS SUR LE GRAND CHEMIN DE TETOUAN, OÙ CE || HEROS, TRES DIGNE FRERE DE NOTRE GENERAL, ENTRA AVEC NOUS L’ÉPÉE A LA MAIN; A PEINE Y FUMES NOUS || ENTRÉS QUE LES INFIDELES NOUS SALUERENT AVEC LE FEU DE LEUR MOU SQUETERIE , QUE NOUS SUPORTAMES || QUELQUE TEMS SANS ORDRE

de tirer. Alors un capitaine s’etant avancé vers le baron de Trévélec || lui dit : Mon colonel, nos soldats s’impatientent de ne pas tirer. Aussitôt le baron de Trévélec || s’avança vers le chevalier de Lede, et lui fit son

RAPPORT; || IL REÇUT L’ORDRE DE FAIRE TIRER || PAR DEMI-MANCHE; CE QU’lL FIT EXE¬ CUTER DE RETOUR À SES DRAPEAUX. PEU APRES LE CHEVALIER DE LEDE || FUT BLESSÉ TRES-DANGEREUSEMENT À LA GAUCHE DE NOS PIQUETS; NUL AUTRE OFFICIER GÉNÉRAL N’ETANT K VENU POUR LE REMPLACER, LE BARON DE TrÉVÉLEC RESTA DANS CETTE PLACE LE PREMIER EN GRADE PENDANT || TOUTE LA BATAILLE, L’ARMÉE D’ESPAGNE APRES QUATRE HEURES DE COMBAT SANS AVANTAGE SUR L’ENNEMI, || LE MARQUIS DE Lede, AYANT FAIT DONNER EN DERNIER LIEU SA CAVALERIE SANS FRUIT, FIT BATTRE || LA RETRAITE. ELLE NE FUT POINT ENTENDUE PAR LE REGIMENT DE LUXEMBOURG, PARCEQUE DEPUIS LE || COMMENCEMENT DE LA BATAILLE, IL COMBATTOIT SEUL ET SEPAREMENT DANS LA GRANDE PLACE, DONT NOUS || AVONS PARLÉ. NOTRE GÉNÉRAL

;l) Le graveur a mis ici : Fermé, et plus bas : Commandé, pour : Fermait et Commandait.

APRES LA RETRAITE, AYANT SÇU QUE CE REGIMENT M ANQUOIT, LUI ENVOYA || I.’ORDRE DE SE RETIRER, QUI FUT DONNÉ AU MAJOR QUI DANS LE MOMENT SE TROUVOIT SUR LE DERRIERE; || AUSSITOT IL FIT FAIRE UN DEMI-TOUR À DROITE POUR LA RETRAITE. .

Une nombreuse cour, vers cinq heures du soir, se rendit chez le marquis de Lepe, dans la grande mosquée ou il avoit fait pratiquer son logement. Son Excellence y gracieusa beaucoup le baron de Trévélec et lui demanda

ENSUITE s’il AIMOIT LA BIERE; IL LUI RÉPONDIT QU’lL l’AIMOIT BEAUCOUP ET QU’lL

s’y etoit facilement accoutumé en Flandre, où il avoit servi . La dessus

LE MARQUIS DE LeDE LUI FIT APPORTER DE LA BIERE D’ANGLETERRE ET ORDONNA DE PRESENTER LE PREMIER VERRE AU COLONEL BARON DE TrÉVÉLEC, ET, LORSQU’IL FUT REMPLI, LE GÉNÉRAL SE TOURNA VERS LES OFFICIERS GÉNÉRAUX ET AUTRES ET LEUR

dit : Messieurs, je compte que vous ne laisserez pas boire monsieur tout seul. Le baron de Trévélec envoya dans le temps le précis de cette anecdote a don Miguel Fernandez Durand, marquis de Toloza, alors ministre

DE LA GUERRE, QUI EN FIT LA LECTURE A SA MAJESTÉ CATHOLIQUE, CE QUI LUI VALUT UNE GRATIFICATION DU Roi, QUI CONSISTOIT DANS UNE COMPAGNIE, DANS LE MEME REGIMENT .

Armes. D’azur à trois croissants d’or ; à la fleur de lis du meme en abîme.

Guilhermy, t. I, p. 478-480; — Millin, Les Célestins, p. 25 (1).

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