‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 3)Chapitre 373 sur 386 · LEGENDE DE LA CHAPELLE · texte numérisé non relu

LEGENDE DE LA CHAPELLE

1 Sanctuaire.

2 Nef.

3 Chœur des Religieux.

6 Chapelle de S1 Jean de Dieu.

5 Chapelle de la Vierge.

0 Chapelle de S1 Jean-Baptiste.

7 Chapelle du S1 Esprit.

8 Chapelle de S1 2 3 * 5 * 7 Augustin.

9 Chapelle de S1 Laurent.

10 Passages.

1 1 Anciennes Chapelles.

12 Petit cimetière.

13 Cour et ancien cimetière.

16 Sacristie.

E. Hocriere<iu Gel.

J. Sulpis sc.

HOPITAL DE LA CHARITE

Vue de l’hôpital de la Charité

HÔPITAL DE LA CHARITÉ

NOTICE HISTORIQUE

Vers le milieu du xvie siècle, un Portugais, Jean Ciudad, qui prit le nom de Jean-de-Dieu, avait institué à Grenade une société de séculiers, qui s’occupait de soigner les pauvres malades. Cette communauté se répandit promptement en Espagne, en Portugal et en Italie. Le pape Pie V l’approuva par sa bulle du i01' janvier 1672 et imposa à ses membres l’obligation de suivre la règle de saint Augustin. Le ier octobre 1 5 8 6 , Sixte-Quint en lit la congrégation des frères de Jean-de-Dieu, à laquelle il permit de tenir un Chapitre général et d’établir

(1) D’après le plan de Gomboust.

La vue générale de l’hôpital est extraite du plan de Turgot. Le plan topographique est une réduction de celui que Tenon a inséré dans ses Mémoires sur les hôpitaux de Paris. (PI. 1 , Antoine del.) M. Laboulbène a publié, en tête de sa nolice sur l 'Hôpital de la Charité, la reproduction d’un autre plan , actuellement conservé dans les bureaux de l’économat, qui doit dater de la première moitié du xviii' siècle.

Les anciennes archives de l’hôpital, qui avaient

été réunies aux Archives centrales de l’administration des hospices, ont été brûlées en 1871, lors de l’incendie du Dépôt de l’Assistance publique.

Il existe toutefois aux Archives nationale un certain nombre de titres relatifs à cet établissement, et notamment un document très instructif auquel nous avons fait de nombreux emprunts , qui a pour titre: fr Mémoire présenté à M. le procureur general par les religieux de l’Hôpital de la Charité, en conformité de la déclaration du Roi du 1 1 février 176 k.-n (Arch. nat. , M. 676, n° 6.)

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des constitutions. Paul V, par ses bulles du 7 juillet 1611 et du 1 3 février 1617, érigea en Ordre religieux les congrégations d’Espagne et d’Italie, et les admit aux trois vœux monastiques en y ajoutant celui de l’hospitalité; le i5 avril 1617, il approuva les constitutions dressées par le Chapitre général tenu à Home eu

La reine Marie de Médicis, qui avait connu à Florence les frères de Saint-Jeande-Dieu, en appela cinq à Paris vers l’année 1602 et les logea dans une maison avec jardin, sise au faubourg Saint-Germain, à un bout de la rue de la Petite- Seine, vers le bord de la rivière. C’était dans ce même endroit que, près d’un siècle auparavant, François Ier avait projeté de bâtir un hôpital qui devait être appelé le Sanitat ou la Charité W.

L’établissement des frères en France fut approuvé par des lettres patentes de Henri IV, du mois de mars 1602, enregistrées au Parlement le 1 ô avril 1609, à la Chambre des Comptes le 17 juillet et à la Cour des Aides le 12 août®. Le

(l> François 1", par ses lettres dn 1 3 août 1 5 1 9 , avait ordonne' la construction de cet hôpital pour les malades atteints de la peste, et il avait affecté à cet établissement une somme de 10,000 livres tournois. En 1627, le manque d’argent provoqua la cessation des travaux. Mais l’emplacement conserva longtemps le nom de la Charité, qui paraît avoir été attribué aussi, d’après Jaillot, à la partie de la rue de Saint-Père, voisine de la Seine.

C’est vraisemblablement par suite de ce voisinage que les religieux italiens reçurent le nom populaire de Frères de la Charité, qui leur fut donné par Henri IV, dans ses lettres patentes de mars 1602, r quoique leur véritable nom fut celui de congrégation de Saint-Jean-de-Dieu « , ainsi que le remarquait le P. Helyot. ( Histoire des Ordres monastiques , t. IV, p. i32.) Lors de leur arrivée à Paris, on les nommait simplement Fratri ignoranti.

ffDans le fauxbourg de Saint Germain des Prez, écrivait Palma Cayet, se sont établis les Fratri ignoranti , autrement dit de Saint Jean, lesquels sont très sçavanls ès remedes de toutes maladies. Ils s’appellent ainsy par une façon de modestie et ne cherchent pas les disputes de paroles.

«Ces religieux ont eu pour favorable la Royne très chreslienne qui par sa pieté les a faict eslablir; ils sont hospitaliers non seulement pour heberger lespassans, mais aussy les malades, mesme de maladies dangereuses, les panser eux mesmes de leurs mains, leur fournir des medicamens et les nourrir. Si les malades meurent, ils vacquent aussi à leurs réconciliations et leur font le dernier office

de sépulture chrestienne, priant Dieu pour eux par un catalogue exprès qu’ils gardent en leur eglise ; chose qui a semblé si belle et si louable que plusieurs y ont contribué pour les establir, combien que l’authorilé de la Royne fust plus que suffisante. ■« ( Chronologie septénaire, année 160/1.)

Dans le contrat du 27 août 1611, conclu entre les curés et marguiliiers de Saint-Sulpice et les nouveaux religieux, il est simplement question de l’hôpital Saint-Jean- Baptiste, dit de la Charité.

(2) Voici le texte des lettres patentes de Henri IV : crNous avons par le roport et récit de la Reine, nostre très chère et amée compagne et espouze, esté asseurez et informez de la singulière pieté, dévotion, soin et affection envers les pauvres des Freres religieux de la congrégation du dévot Jean de Dieu, approuvée, confirmée et autorizée de l’autorité de nostre Saint Pere le pape et establie tant à Piome que ez autres plus notables villes d’Italie, et le bien et utilité que reçoit le public des villes où leurs hospitaux sontjà fondez, pour estre leur principal soin, travail, fonction et exercice, après le service de Dieu, de retirer, nourrir, traicter, panser, medicamenter et faire enterrer les pauvres et autres œuvres pieuses et charitables, desquels considerans que la mesme commodité et utilité se peut retirer par leur establissement en cestuv nostre royaume, notamment en ceste nostre bonne ville de Paris, et la multitude et abondance des pauvres qui s’v retirent mérité et requiert bien d’estre secourus, aydez et assistez de quelque ordre plus exact que celuy qui s’observe ez hospitaux jà fondez et or-

HÔPITAL DE LA CHARITÉ

i3 septembre 1602, l’évêque de Paris, Henri de Gondi, autorisa ces hospitaliers à résider dans son diocèse M, et, le 5 février ibo5, la reine leur lit donation du logis qu’ils occupaient et qu’elle avait payée de ses deniers.

Lorsque la reine Marguerite voulut établir près de son palais un couvent de religieux Augustins, elle eut besoin de cette maison, et elle offrit aux hospitaliers de leur céder à la place une propriété quelle achèterait à cette intention, dans la rue de Saint-Père, près de l’ancienne chapelle de ce nom. L’échange fut conclu le U septembre 1606 et approuvé par lettres patentes du 1 1\ avril 1609^. Au mois d’octobre suivant, sur la demande de la reine Marguerite,

donnez en icelle. Pour ces causes , inclinant à la très humble priere de nostre dicte espouze, en participant au zelle et singulière affection que nous savons qu’elle a de voir ladicle congrégation et quelque monastère de l’ordre et profession d’icelle establis en ceste nostre dicte ville ou ez faubourgs, pour le seul bien qu elle desire et s’en promet aux pauvres et la pitié et compassion qu’elle en a, ayant déjà choisy elle mesme et loué une maison assez propre et commode pour servir à la retraite d’aucuns desdicts religieux, désirant avancer autant qu’il sera possible l’effet de ses sainctes, pieuses et charitables intentions . , nous avons audict Bon-

nelle , vicaire general d’icelle congrégation , donné et octroyé . , donnons et octroyons par ces pré¬

sentes, signées de nostre main, pouvoir et permission expresse, tant pour lui que pour ses confieres de ladicle congrégation, de demeurer et s’habituer en nostre royaume, et y vivre selon les ordonnances, réglés et statuts de leur vœu et profession ; et à cet effecl, pour commencer à donner lieu à leur establissement , voulons et nous plaist qu’ils puissent faire bastir et construire un hospital en ceste nostre dicte ville de Paris ou ez fauxbourgs d’icelle, ezquels se pourront accommoder, avec une eglise et les logis, cloislres, cellules et autres demeures , logement et bastimenl qui leur seront necessaires pour y vivre, demeurer et habiter, avec les commoditez requises et necessaires pour dignement vacquer en ce qui despend de leur dicte profession, y faire le service divin, chercher et mandier l’aumosne des gens de bien ez dicte ville et fauxbourgs et autres lieux circonvoisins pour la nourriture des pauvres malades , infirmes et nécessiteux qui se retireront en leur dict hospital et leur nourriture et entretenement avec iceux, de recevoir toutes et chacunes les choses qui leur pourront eslre volontairement et librement données, aumosnées,

léguées et délaissées pour leur dict logement, construction d’hospitaux et des dépendances, vivres, vestiaires, meubles, ustensiles et autres commoditez qui leur feront besoing pour leur dict esfa-

blissement . » (E. Leguay, Histoire de l’Ordre

de la Chanté de Saint-Jean-de-Dieu , p. 35.)

(1) rrHenricus de Gondy, Dei et Sanctæ Sedis

apostolicæ gratia parisiensis episcopus . , uni-

versis présentes litteras inspectons salutem in Domino. Notion facimus quod, viso per nos libello supplice nobis pro parte fratris Joannis Bonelli, congregationis devoli Joannis Dei religiosi professi, et aliorum ejusdem congregationis fralrum porrecto, ut in sequendo præfali domini nostri Begis christianissimi voluntatem eisdem in civitate ac diocesi nostris parisiensibus manendi, hospitalia construendi et erigendi, ibidemque juxta statuta Ordinis et congregationis prædiclæ vivendi, piorum fidelium eleemosinas colligendi, petendi et recipiendi, aliaquepietatis chrislianæ opéra exercendi, habitumque dictæ congregationis deferendi, cæteraque omnia faciendi et exequendi , quæ per statuta dictæ congregationis per sanctissimum dominum nostrum Papam approbata fieri et exequi consueverunl, licenliam et facultatem concedere vellemus

et dignaremur . ; quia nobis apparuit dictos

religiosos esse moribus optimis et vita præditos, devotos ac regularis disciplinæ observantissimos et ecclesiæ catholicæ ac pauperibus non esse infructuosos, nos, dictis fratribus religiosis prædicti Ordinis et congregationis in nostris civitate et diocesi eommorandi et manendi, hospitalia construendi, etc . licenciam concediinus et facul¬

tatem impartimur per præsentes , jure nostro et quolibet alienoin omnibus semper salvo. Datum Parisiis, sub sigillo cameræ nostræ, anuo Domini 1602°, die i 3a mensis septembris. n (Arcli. nat. , L. 76G.)

Le contrat d’échange, dont nous avons re-

l’abbé de Saint-Germain-des-Prés accorda aux frères la jouissance temporaire de la chapelle de Saint-Père W, en attendant qu’ils en eussent fait bâtir une autre (2b Ceux-ci prirent possession de l’oratoire et, après l’avoir réparé, trouvèrent plus

trouvé la minute clans l'étude Le Jay, ne renferme aucun détail sur les immeubles cédés par la reine Marguerite. D’après une requête présentée au Parlement, le 8 octobre 1 663 , par les religieux de Saint-Germain-des-Prés, pour réclamer le maintien de leurs droits, le terrain avait été vendu le 27 septembre i54a par le cardinal de Tournon, abbé commendataire de Saint-Germain , à Charles Thomas, conseiller et avocat du Roi, qui y fit bâtir un hôtel . cédé plus tard à Jean de Sansac. Cette propriété appartenait à l’orfèvre Jean Meurier, lorsqu'elle fut acquise pour la reine Marguerite par le conseiller Pierre Lescalopier, le 4 septembre 1606. Elle comprenait alors mine masure en laquelle il y avoit autres fois une maison et plusieurs édifices estans en ruines, cour au milieu, puis un arpent ou environ de terre derrière ladicte masure et, à costé d’icelle, un quartier et demy de terre, le tout clos de murs, tenant la totalité desdicts lieux d’un costé au Prez aux Clers, d’autre costé à l’eglise Sainct Pere et à un grand clos de l’abbaye Sainct Germain , d’un bout, par derrière aux fossez de ladicte abbaye, et d’un quartier et demy de terre ou environ, clos de murs, estant des appartenances de ladicte maison ou masure, assis au mesme lieu, au devant d’icelle masure, la rue entre deux.» (Arch. nat. , L. 766.)

L’immeuble cédé aux frères de la Charité se trouve très nettement marqué sur le plan de François Quesnel. Mérian , au contraire, indique l’hôpital comme placé au midi de la chapelle de Saint-Père et à une certaine distance; il est évident qu’il a dû le confondre avec l’ancienne maladrerie de Saint- Germain-des-Prés.

(l) DomBouillart constate que cetlechapelledevait être la première paroisse du faubourg Saint-Germain :

ce II paroît quelle subsistoit longtemps avant l’église de Sainl-Sulpice, dont il est fait mention dans la sentence arbitrale rendue en 1210. Il y a sujet de croire que dans son origine elle servoit de paroisse aux serfs de l’abbaye qui demeuroient aux environs, et que, leur nombre étant augmenté de beaucoup, Ton fut obligé d’en construire une autre plus spacieuse et dans un lieu plus commode pour les ha bi tans. Ce sentiment paroîlra assez probable si l’on fait attention que saint Pierre est patron de la paroisse, aussi bien que saint Sulpice. L’on

trouve, outre cela, dans les archives de l’abbaye, un titre en date du 6 février i38o , fait sous l’abbé Guillaume III , dans lequel sont marquées lescharges que le curé de Sainl-Sulpice étoit obligé d’aquiter dans la chapelle de Saint-Pierre, sçavoir : d’v faire l’office la veille et le jour de Noël, aux quatre fêtes annuelles, à la Circoncision, à l’Epiphanie ou Apparition, comme porte le titre, aux cinq fêtes de la Vierge, d’y dire la messe et faire l’eau bénite tous les dimanches de l’année, d’y aller en procession et celebrer la messe le jour des Cendres et le dimanche des Rameaux, et d’y faire l’office le jour de Saint-Pierre. Or, n'y ayant point de fondation particulière qui obligeât le curé de Sainl-Sulpice de faire ces sortes de fonctions dans la chapelle de Saint-Pierre, il est à présumer que c’est à cause qu’elle estoit l’ancienne paroisse et qu’en cette qualité, elle ne devoit point être destituée du service divin.» ( Histoire de l’abbaye de Saint-Germaindes-Prés , note , p. 212.)

A la chapelle de Saint-Père était attenant r un morceau de terre en cimetiere, contenant environ un quartier, qui n’avoit servi qu’à enterrer les pestiférés». (Arch. nat., L. 766.)

Dans la seconde moitié du xvie siècle, il fut concédé aux Huguenots, et l'Edit de Nantes leur en conserva la jouissance. Mais, le 6 mai i6o4, un arrêt du Conseil les en déposséda, à la requête de l’abbé de Saint-Germain-des-Prés et du curé et des marguilliers de Saint-Su Ipice, qui le réclamaient pour la sépulture de leurs paroissiens.

(2) Les droits de l’abbaye sur la chapelle furent formellement reconnus à cette occasion :

rr Je , Pierre Lescalopier, conseiller en la Court, ayant charge des affaires de la Royne Marguerite, confesse que, a ma priera et pour gratifier Sa Majesté, MM. les religieux, prieur et couvent de Saint Germain m’ont presté la chapelle de Saint Pere et m’en ont baillé la clef, pour en accomoder les moynes de la Charité à dire leur service , pour deux mois seulement, en attendant que la Itoyne de France, leur fondatrice, leur fera bastir une autre chapelle, et promets rendre ladicte chapelle el la clef d’icelle à mes dicts sieurs de Sainct Germain, à leur première demande, à peine de payer, en mon propre et privé nom, tous despens,

HOPITAL DE LA CHARITÉ

avantageux de le conserver définitivement^. Le 27 août 1611, par un accord avec le curé et les marguilliers de Saint-Sulpice ils obtinrent la cession définitive de la chapelle et du petit cimetière qui en dépendait, à la condition de les entretenir en bon état et de payer à la fabrique un sou tournoi de redevance annuelle^.

dommages et interests. Faict ce 9° jour d’octobre 1606. Lescalopier. « (Arch. nat. , L. 766.)

(1) Les frères de la Charité' présentèrent d’abord une requête aux religieux de Saint-Germain-des- Prés pour obtenir la concession définitive de la chapelle et du cimetière de Saint-Père :

rrSupplient humblement les pauvres relligieulx, prieur et couvent de l’hospital Sainct Jehan Baptiste, dict de la Charité, fondé es faulbourg Sainct Germain, disant qu’ils vous ont cy devant présenté quelques requestes concernant l’eglise de Sainct Pierre dicte Sainct Pere, anciennement parroisse du faubourg Sainct Germain, tendantes ad ce que voyans les pollutions qui se voyent journellement, comme de faict depuis peu il s’est veu dans le cymetiere qui est autour de ladicte eglise enterrer des corps la nuict, ne sachant s’ils sont chrestiens, catholicques, herelicques, ou bestes, pour ce que il se voit journellement dans le cimetiere des ossemens de bestes, comme ossemens, carcasses de chiens, chevaulx et autres bestes mortes, qui se jettent dans le cimetiere qui est ung lieu sainct et beny et où s’enterroient anciennement les paroissiens du faubourg; ce considéré, Messieurs, et comme seigneurs et supérieurs desdicts lieulx et que voyans les pollutions et plusieurs autres choses deshonnestes , joinct que ladicte eglise de Sainct Pere est prest à tumber et fust tombée, sy ce n’eust esté les réparations que lesdicls supplians y ont faictes et le bon soing qu’ils en ont euz, il vous plaise voulloir faire don de ladicte eglise et cimetiere audict hospital de la Charité, pour estre à perpétuité joincts et unis audict hospital, et lesquels supplians chercheront tous les rnoiens à euls possibles de maintenir et entretenir ladicte eglise, faire enclorre ledict cymetiere de murailles tout à l’entour, et vous ferez bien. » ( Ibid. )

Le prieur de l’abbaye décida qu’il ne pourrait être donné suite à cette requête tant cpie les religieux n’auraient pas acquitté les droits d’indemnité dont ils étaient encore redevables pour leur maison. Au lieu de payer ce qui leur était réclamé, les frères trouvèrent plus simple de traiter avec le curé et les marguilliers de Saint-Sulpice, moyennant une modique redevance, n.

(2) Dans le contrat, la cession primitive de la chapelle était présentée à dessein d’une façon très inexacte : irLes frères hospitaliers se sont adressés auxdicts sieurs curé, marguilliers et paroissiens, leur ont dict et remonstré qu’il avoit, pieu à la Royne, mere du Roy, à présent régnante, leur faire construire et bastir audict faulxbourg la maison et hospital où ils sont à présent establis et demeurans, et, d’aultant que l’esglise et chappelle de Sainct Pierre, dicte Sainct Pere, averque le cymettiere qui est à l’environ d’icelle , estoient et sont joignans leurs dictes maison et hospital, ils avoient obtenu desdicts sieurs curé et marguillier ladicte clef de ladicte chappelle, avecque permission d’y dire et faire célébrer le service divin, en attendant qu’il pleust à ladicte dame Royne leur faire construire et bastir une aultre esglise ou chappelle; mais parceque ladicte chappelle et cymettiere servent seulement à présent auxdicts sieurs curé, marguilliers et paroissiens pour les processions et services qu’ils y font en certains jours de l’année et que sans les incommoder ils en pourraient bien accommoder ledict hospital, ils les en avoienlsuppliéhumblement , leur offrant maintenir et entretenir ladicte chappelle en bon estât et faire clorre ledict cymettierre de murailles; et par lesdicts sieurs curé, marguilliers et paroissiens a esté dict et remonstré qu’iceulx et leurs prédécesseurs parroissiens ont toujours et de tout temps immémorial tenu que ladicte chappelle estoit anciennement la première esglise parrochialle dudict faulxbourg, lorsqu’il ne s’estendoit sy avant vers la ville comme il faict à présent; en laquelle aussy ils sont lousjours allés en procession en certains jours de l’année et y ont exercé tous droicls paroissiaulx . (Arch. nat., L. 766.)

L’abbé de Saint-Germain se plaignit avec raison de ce que ses droits étaient lésés par les termes de cet acte, et, le 1" avril i6i3, il adressa une requête à la Reine mère pour obtenir que le contrat fût refait en son nom. La reine se borna à le renvoyer à son Conseil; mais comme celui-ci ne pouvait pas exercer de juridiction contentieuse, l’affaire n’eut aucune suite. (Ibid.)

t3) Les curé , marguilliers et paroissiens de Saint- Sulpice cédèrent aux hospitaliers la jouissance de la

IMPRIMERIE NATIONALE

Les frères de la Charité, ainsi qu’on les appelait communément, ne subsistèrent au début que grâce aux libéralités du roi, de la reine et de quelques grands personnages, notamment du cardinal de Richelieu. Mais Henri IV, par ses lettres patentes du mois de janvier 1610, que Louis XIII confirma au mois d’août 1611, les autorisa à se faire recommander au prône des églises paroissiales pour obtenir des aumônes, ce qui leur procura bientôt des ressources suffisantes pour accroître leur propriété et agrandir leur maison. Ils achetèrent d’abord aux Augustins déchaussés près de seize cents toises de terrain, sur les rues Jacob et de Saint-Père, pris sur celui qui avait été donné à ces religieux par la reine Marguerite, et plus tard ds acquirent la plupart des terres adjacentes à leur hôpital, sur les rues de Saint-Père, des Deux-Anges, Saint-Benoît et Tarannew. Dès l’an-

ehapelle et du cimetière, :rà la charge que lesdicts freres hospitaliers, tant pour eulx que pour leurs successeurs relligieux, ont promis et seront tenuz de bien et deuement entretenir lodicte esglise de touites réparations, tant grosses que menues, faire clorre ledict cymettiere de murs et d’y faire mettre une grande porte, qui sera ouverte pour y entrer par lesdicts sieurs curé, marguilliers et paroissiens et enterrer ceulx qui vouldront y estre enterrés, ensemble pour y aller en procession quand ils adviseronl bon estre, mesmement le jour du dimanche des Rameaux devant la croix qui est audict cymettiere, ainsy que de coustume; comme aussy seront tenuz lesdicts religieux recepvoir lesdicts sieurs curé , marguilliers et parroissiens dudict Sainct Sulpice, presens et futurs, touttefois et quantes qu’ils voiddront aller en procession à ladicte chappelle et y célébrer le divin service, et, en ce cas, les oblations et offrandes qui seront lors faictes en ladicte chappelle appartiendront audict sieur curé, tout ainsy que dans ladicte esglise de Sainct Sulpice, et sans que, à l’occasion de ladicte permission par tel et sv long temps que ce soit, lesdicts freres hospitaliers et leurs successeurs se puissent aultrement dire appropriez de ladicte chappelle et cymettiere; et pour recognoissance des droicts de ladicte fabricque dudict Sainct Sulpice, lesdicts freres hospitalliers seront tenuz et ont promis de porter ou envoyer par l’ung d’eulx à l’œuvre dudict Sainct Sulpice ung sol tournois par chascun an, de jour le feste de Sainct Sulpice, au mois d’aousl, à commencer au jour et feste de Sainct Sulpice prochainement venant; car ainsy le tout a esté dict, convenu et expressément accordé par et entre lesdicles

parties . Faict et passé l’an 1G11, le samedy

37e jour d’aoust. -n (Arch. nat. , L. 766.)

(l) rfPar contrat passé le 12 juillet 161 3, les frères hermites de Saint-Augustin, réformés non déchaussés, ont donné, à titre de rente rachetable au denier vingt, au couvent et hôpital de la Charité douze cens soixante quinze toises et demie, dix pieds de terrain, provenant de celuy donné auxdits Augustins réformés, par la reine Margueritte, scis au Pré aux Clercs, sur les rues Jacob, des Anges, Saint Pere, contigu audit hôpital, moyennant, à raison de six sols chaque toise, trois cens quatre vingt deux livres, quatorze sols tournois île lente, remboursable de sept mille six cens cinquante cinq livres , aussy tournois, outre le cens à qui il pourroit appartenir ... ; ladite vente concertée entre lesdits religieux Augustins et de la Charité,

sous les yeux de leurs fondatrices respectives .

"Par contrat passé par devant Le Jay, le 17 mai 1 6 a3, il appert que Pierre Harron, maistre maçon, et Marguerite Lasseray, sa femme , de luy autorizée , ont vendu à Arnaud de Lessègues, bourgeois de Paris, pour et au prolïit de l'hôpital de la Charité, une place close de murailles, excepté le bout de derrière, ladite place contenant ensemble cent sept toises ou environ de superficie, seize rüe Jacob, tenant à l’hôpital de la Charité, du côté de la rüe des Deux Anges, ladite vente moyennant treize

cent soixante livres .

"Par contract passé devant Riviere, notaire à Paris, le 17 mars 1637, il appert que M. Hierome Châtelain, bourgeois de Paris, et Marie Censier, sa femme, de luy autorisée, ont vendu auxdits religieux de l’hôpital de la Charité trois cens soixante une toises, un pied, trois poulces, faisant une portion de la quatriesme partie d’un clos fermé de murs, scis à S‘ Germain des Prez et contigu audit hôpital , que ledit Châtelain avoit acquis des reli-

HÔPITAL DE LA CHARITÉ

née i6i3, ils commencèrent à construire d’importants bâtiments pour le service hospitalier P), dont la Reine mère posa la première pierre (2), et, en même temps, ils firent démolir l’ancienne chapelle, pour en édifier sur leur propre fonds une plus vaste, qui fut dédiée au mois de juillet 1621, par l’archevêque d’Embrun, avec l’autorisation de l’abbé de Saint-Germain-des-Prés (3>. Au mois de janvier 1617, Louis XIII accorda aux frères la jouissance des privilèges dont bénéficiaient les Ordres mendiants de la ville de Paris. Par ses lettres patentes du mois d’avril 1620, enregistrées à la Cour des Aides le 20 mai suivant, il leur octroya, comme aux hôpitaux de fondation royale, l’exemption de tous impôts

gieux de S: Germain, par contract du 26 octobre 1 636 ; les trois autres parties dudit clos estant restées aux sieurs Robineau, Caille et Vernon, qui avoient acquis conjointement avec luy; ladite vente, à raison de vingt livres la toise, moyennant sept

mille deux cens vingt trois livres tournois .

rrPar contract passé devant Le Jay, notaire à Paris, le 1 4 juillet 1689, il appert que ledit sieur Cbatelain, cy devant nommé, et la demoiselle son épousé ont vendu auxdits religieux de la Charité une place fermée et close de murailles, assise audit ■ S' Germain des Prez , aussy contiguë audit hôpital sur la grande rue Taranne, et qui faisoit une autre portion du quart resté auxdits sieur et demoiselle Cbatelain, de l’acquisition dont il est question dans le contract precedent, ladite vente faite moyennant six mille cinq cent cinquante livres, dont six milles livres pour ledit terrain et cinq cent cinquante livres pour la moitié desdits murs qui deviennent mitoyens entre les vendeurs et

l’hôpital . « (Arch. nat. , M. 676.)

;1) Du Breul a noté les transformations qui furent opérées de son temps dans l’établissement des frères de la Charité :

rrLeur maison hospitalière, où ils sont à présent, du commencement ne consistoit qu’en une seule sale , quelques offices et une chapelle ; au bout de la mesme sale, court, jardin, et les chambres desdils freres au dessus de ladite sale.

rr Par succession de temps et par la charité des gens de bien ils y firent bastir la belle eglise qui s’y voit à présent et auprès le cimetiere où ils enterrent les corps des pauvres qui y meurent.

a En suite de ceste eglise ils ont fait bastir deux autres belles sales, l’une pour les malades, l’autre pour les petits enfans exposez à la taille, sales fort nettes; la grande des malades est embellie d’un autel fort bien paré et d’un buffet garny de vais¬

selle et autres ustenciles servans aux repas des malades.

ff La cour, qui est fort aggrandie, est embellie d’un beau donjon et au haut duquel est l’horloge, et en la mesme court la bouticque de l’apotiquairerie et une belle fontaine pour la commodité dudict hospital.

«Sur le devant est un autre bas timent regardant le Pré aux Clercs, où sont de belles sales, hautes et convenantes et par bas des galeries en forme d’arcades ou de cloistres, et un beau, grand et spacieux preau qui sera au milieu, r. ( Supplément , p. 4-2.)

Un mémoire imprimé en i658, qui a pour titre : rr Estât au vray des biens et revenus de l'Hospital de la Charité a, constate que: «-Finallemenl il a cousté a faire bastir l’eglise, la salle des malades et le reste des bastimens necessaires aux fonctions de l’hospitalité 3oo, 000 livres. a (Arch. nat., L. 766.)

Jaillot affirmait inexactement que la première pierre aurait été posée par la reine Marguerite. (T. V, xx, p. 64.) D’après le témoignage très précis de Lemaire, c’était bien à Marie de Médicis, la bienfaitrice des hospitaliers, que cet honneur avait été dévolu, et la pierre portait l’inscription suivante :

Maria Medicæa, Galliæ et Navarr.e regina REGENS, FUNDATRIX, ANNO 1 6 1 3 .

(T. III, p. i4a.)

(3) Lemaire et Jaillot prétendaient que la nouvelle chapelle avait été dédiée sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste; mais cette assertion est erronée, ainsi que le conjecturait M. Laboulbène. Le il juillet 1620, l’abbé de Saint-Germain-des- Près avait autorisé la dédicace de cette chapelle sous le titre de Saint-Pierre, que portait l’oratoire primitif. (Arch. nat., L. 778.)

et subsides pour les denrées et marchandises servant à leur entretien et à celui de leurs malades. Il les prit sous sa protection et sauvegarde spéciales par deux brevets des 6 juillet 1620 et 6 février 1623. Après qu’ils eurent été définitivement constitués en Ordre religieux, il confirma leur établissement en France, avec tous les privilèges qu’ils avaient précédemment obtenus, par ses lettres patentes du mois d’aout 1628, enregistrées au Parlement le t5 février 1 6 3 1 , à la Chambre des Comptes le 2 5 mai suivant et à la Cour des Aides le 1 3 février 1 6 3 2 . En décembre i6ô3, ces lettres furent renouvelées par Louis XIV et enregistrées au Parlement le 23 février îfiû/O1 2'. Louis XV, par ses lettres patentes du mois de mars 1 732, vérifiées en Parlement le 26 août suivant, confirma leur établissement et leurs privilèges.

Au milieu du xviie siècle, les frères de la Charité agrandirent leur chapelle par l’annexion d’un oratoire dédié à la Vierge, que l’archevêque de Bourges bénit le 2 h mai 1 6 5 6 . Les droits réciproques des religieux et de la fabrique de Saint- Sulpice sur cette chapelle avaient provoqué des contestations qui furent réglées par un accord amiable du 3o août 1669, homologué en Parlement le 6 mars 1660^; le curé et les marguilliers renonçaient à toutes leurs prétentions, moyennant le payement d’une somme de dix-huit mille livres, qui devait être employée pour les besoins de l’église paroissiale.

Au cours du xvme siècle, les bâtiments de l’hôpital de la Charité se développaient sur un plan rectangulaire limité au nord par les maisons de la rue Jacob, à l’est par la rue des Deux-Anges et les jardins botaniques, au midi par la rue Taranne, à l’ouest par la rue des Saints-Pères. Us comprenaient un rez-dechaussée voûté el deux étages avec greniers au-dessus. Dans le rez-de-chaussée étaient installés, du côté de la rue Jacob, la cuisine, le réfectoire et les autres

(1) Le texte des lettres patentes de Louis XIII et de Louis XIV a été publié par Félibien. (T. IV, p. 2 0 -28.)

(2) Aux termes de cette transaction, les curés et les marguilliers de Saint-Su Ipice «renoncent à tous les droits soit de procession, enterremens et autres généralement quelconques qu'ils s’estoient reservez par ledict conlract du 27 août 1611, consentent qu’il soit exécuté selon sa forme et teneur au proffict desdicts religieux de la Charité, purement et simplement, nonobstant l'obscurité ou ambiguité qui se peut trouver à quelques mots ou clauses dudict contract, dont l’explication la plus favorable est accordée auxdits religieux; veulent et accordent iceux sieurs curé et marguilliers que lesdicls religieux jouissent desdicts eglise ou chapelle et cimetière en question, comme ainsi que des autres lieux dont ils sont propriétaires, sons aucune condition

ni reserve . Ces désistement, renonciation et

descharge de droicts, cession et délaissement ainsi faicts moyennant la somme de dix huict mil livres tournois qu’iceux freres ont promis et promettent bailler et paier auxdicts sieurs marguilliers pour ladicte fabricque de Saint Sulpice, du consentement dudict sieur curé, en cette ville de Paris, franchement et quittement ou au porteur, et dans trois mois d’huy prochainement venant pour tout dellay

. dans lequel temps de trois mois d’huy les-

dicts sieurs marguilliers seront tenuz d'indiquer auxdicts religieux l’employ qu’ils seront obligez de faire de ladicte somme de dix huict mil livres, soit en achapt d’héritages utiles et profitables, ou construction de bastimens (autres toutefois que celuy de ladicte nouvelle eglise de Sainct Sulpice), au

profficl de ladicte œuvre et fabrique . * (Arch.

nat. , L. 766.)

HÔPITAL DE LA CHARITÉ

services. Les salles des malades, au nombre de six, occupaient le premier étage, dans cette même partie; mais, par suite de la déclivité du terrain, elles se trouvaient au rez-de-chaussée vers la rue Taranne. Quatre de ces salles bordaient la rue des Saints-Pères et les jardins; elles étaient reliées par deux salles transversales, de telle façon que toutes communiquaient entre elles, pour faciliter le service et permettre aisément aux malades l’accès d’un vaste promenoir. Le second étage des bâtiments servait au logement des frères; les greniers étaient utilisés comme magasins. L’hôpital avait son entrée principale sur la rue des Saints- Pères, en face la rue Saint-Guillaume et un passage de service dans la rue Jacob, près de la rue des Deux-Anges.

La chapelle reconstruite d’abord en 1 6 1 3 , sur un plan rectangulaire, reçut au milieu du xvue siècle la forme d’une croix latine, par suite de l’addition d’un chevet et d’un transept W. Dans la croisée, à l’entrée de l’abside qui servait de chœur aux religieux, se trouvait le sanctuaire; les bras du transept formaient deux oratoires, dont les autels étaient installés dans des absides secondaires, celiu de droite dédié à Saint-Jean-de-Dieu, et celui de gauche à la Vierge. La nef, qui représentait exactement la chapelle primitive, comprenait tout d’abord quatre petits oratoires de chaque côté. En 1 73a , lorsque le portail de l’édifice fut reconstruit sur les dessins de Robert de Cotte, architecte du Roi, quatre de ces oratoires furent supprimés ou convertis en passages, et il ne subsista plus que ceux de Saint-Jean-Baptiste et du Saint-Esprit à droite, ceux de Saint-Augustin et de Saint-Laurent à gauche.

Le cimetière de Saint-Père, dont l’étendue avait été réduite dès l’année 1675, fut presque complètement supprimé en 1762, et il n’en subsista qu’un enclos très étroit contre la nef de la chapelle. Le reste de l’emplacement fut utilisé par les religieux pour construire des maisons en bordure sur les rues Taranne et des Saint-Pères et pour établir une vaste cour plantée d’arbres. Depuis la fin du xviii6 siècle, les inhumations avaient lieu dans le cimetière dit «de la Charité-», situé de l’autre côté de la rue des Saint-Pères, vis-à-vis de l’hôpital, qui, après avoir appartenu pendant quatre-vingts ans aux Réformés, avait été attribué aux frères de la Charité, par un arrêt du Conseil du i5 août i685(2). Dans le périmètre de l’hôpital se trouvaient englobés vingt et un immeubles que les religieux avaient édifiés ou achetés et qu’ils donnaient en location.

L’hôpital de la Charité, qui comprenait environ deux cents lits répartis entre

(l) Les historiens se sont bornés à signaler la construction de l’oratoire de la Vierge, qui eut lieu de i65o à 1 056. Mais comme cet oratoire formait le bras gauche du transept, il n’est guère vraisemblable qu’il ait été bâti isolément; c’est donc à cette époque qu’il faut placer la transformation complète

de la chapelle par la construction du chevet et du transept.

(2) Dans le plan de Paris, en 1697, de Nicolas de Fer, on trouve déjà le cimetière indiqué sous le titre de ^Cimetière de la Charité, autrefois des Protestants V.

six grandes salies, recevait en moyenne trois mille malades par an(1). Il était administré par un prieur triennal, assisté d’un infirmier principal, de deux infirmiers secondaires et d’un apothicaire en chef, et desservi par un grand nombre de frères, un religieux prêtre, deux aumôniers et vingt-cinq domestiques. Le service médical était assuré par deux médecins en titre et un suppléant, et par un chirurgien major avec un substitut et un gagnant- maîtrise. Les religieux étaient seuls chargés du soin des malades, à l’exclusion des domestiques, et ils préparaient eux-mêmes les médicaments pour toutes les maisons de l’Ordre. Un service externe permettait aux malades du dehors de venir faire panser leurs blessures. Lorsque la déclaration du Roi, du mois de juin 1761, eut rendu aux hospitaliers le libre exercice de la chirurgie dont ils avaient été dépossédés par les lettres patentes de 17 aA, des cours d’anatomie furent institués dans l'établissement.

Comme l’hôpital était le chel de tous ceux du même Ordre établis en France, le Provincial et son conseil y avaient leur résidence, et c’est là que se tenaient les assemblées triennales pour les élections. Il servait aussi de noviciat pour tout l’Ordre et d’école pour les jeunes religieux qui y apprenaient la médecine, la pharmacie et la chirurgie. Aussi le nombre des frères s’élevait-il généralement jusqu’à soixante

L hôpital avait pour annexe un établissement spécial, rue du Bac, près de la rue de Varennes, dénommé 1 hôpital des Convalescents, qui avait été fondé par Angélique Faure, veuve du surintendant des finances Claude de Bullion Cette

(l) D’après la Déclaration des biens du 25 septembre 1733, le nombre des lits était de 1 5 4* (Arcb. nat. , S. 6102.) Le mémoire de 176 A constate qu'ils s’élevaient à 198, dont 160 étaient fondés et 33 subsistaient des charités publiques. Dans les Mémoires de Tenon, ce nombre est porté à 218, et, d’après Thiéry il s’élevait à 23o en

Au cours du \viue siècle, les revenus annuels de 1 hôpital étaient de 179,554 livres, i3 .sols, 6 deniers, et les dépenses de 169,468 livres, 18 sols, 6 deniers. (Arcb. nat., M. 676.)

rrLa communauté est composée d’environ soixante religieux, tant profez que novices, ils n’ont point de mense séparée; tout est commun, les revenus et les aumosnes, et tout s’emploie pour la subsistance des freres et des pauvres. R y a cent cinquante lits pour autant de malades, dont chacun a son ht en particulier. On 11’y reçoit que des hommes et des garçons attaqués de toutes sortes de maladies curables, non contagieuses ni veneriennes. On leur donne tous les secours dont ils

peuvent avoir besoin, tant corporels que spirituels. Ils sont v isitez tous les jours par le médecin de la maison accompagné de quelques uns des infirmiers, apothicaires et chirurgiens, pour execuler ses ordonnances à l’égard des blessés et des autres malades. 11 y a toujours quelques freres dans les salles d’infirmerie, qui font la garde soit de nuit, soit de jour. Ces religieux s’exercent non seulement à la pieté et à tous les devoirs de la charité envers les malades, mais encore à l’anatomie, la chirurgie, la pharmacie, la chimie, la botanique et à toutes les autres connoissances qui ont du rapport à la medecine pratique, comme les plus convenables à leur profession. * (Félibien, t. Il, p. 1266.)

(3) Cet hospice, fondé, au nom de madame de Bullion, par André Gervaise, chanoine de l’église de Reims , avait été cédé par lui aux religieux de la Charité le 24 mars i652. Le contrat de cession fut approuvé par lettres patentes du mois d’octobre 1 656 , enregistrées le 21 décembre 1 658. (Arch. nat., L. 776. — Cf. Topographie historique. Faubourg Saint-Germain , p. 4 1 7-423.)

HÔPITAL DE LA CHARITÉ

maison était réservée aux ouvriers malades sortant de la Charité, qui avaient la faculté d v rester huit jours pour achever leur rétablissement 0).

Lorsque survint la Révolution la maison conserva son affectation spéciale. Mais, après la suppression des ordres monastiques, les religieux se retirèrent, et l’hôpital, rattaché à l’administration de l’Assistance publique, fut desservi par des laïques et reçut le titre d’hospice de l’Unité. Sous le Consulat, on lui rendit sa dénomination primitive, qu’il a conservée définitivement.

Depuis cette époque, l’hôpital s’est notablement agrandi et a subi d’importantes transformations. Un nouveau corps de logis a été édifié en bordure sur la rue Jacob et l’on y a transféré l’entrée; la rue des Deux-Anges a été annexée en majeure partie à l’établissement et les bâtiments de la rue des Saints-Pères entièrement reconstruits ont absorbé l’emplacement des immeubles qu’ils enclavaient autrefois. Le petit cimetière est devenu un jardin; le terrain de l’ancien cimetière des Réformés qui avait été fermé aux inhumations a été aliéné et sur son emplacement l’on a bâti plusieurs maisons.

La chapelle, fermée au début de la Révolution, fut utilisée pour le service hospitalier. L’architecte Clavareau, en restaurant le portail, remania la disposition générale de l’édifice; il fit disparaître les petits oratoires latéraux, et il divisa la nef et le transept par des planchers en deux étages qui devinrent des salles de malades. C est là que fut établie, le ier prairial an vu (20 mai 1799), l’école de médecine clinique qui remplaçait les cours institués avant 1789 dans l’hospice par Corvisart et Desault. Celte école, placée sous la direction de la Faculté de médecine qui était tenue de pourvoir aux dépenses d’enseignement, forma, jusqu’en 1 82 k, un établissement distinct et indépendant; elle avait son amphithéâtre au rez-de-chaussée, dans l’ancien chœur des frères.

Le reste du rez-de-chaussée de la chapelle qui n’avait pas reçu d’affectation spéciale est devenu, depuis le 3 septembre i85o, le siège de l’Académie de médecine (2h Cette installation qui n’a jamais eu qu’un caractère provisoire doit prendre fin prochainement, et le rez-de-chaussée de la chapelle sera annexé à l’hôpital.

(1) Au début , l’hospice ne comptait (pie neuf lits. La Déclaration du 90 janvier 1781 constate qu’ils étaient au nombre de vingt -quatre, rr journellement occupez par les pauvres malades choisis dans les plus indigens du grand nombre de ceux qui sortent de leur grande maison et qui passent dans celle desconvalescens huit jours francs et quelquefois même quinze jours, selon le besoin, pour acquérir un degré de force suffisant afin de pouvoir se livrer aux travaux pénibles auxquels cette classe de malheureux est toujours assujetie, et notamment pour

donner aux domestiques sans place le loisir de s’en procurer, comme aussi aux ouvriers sans boutique la facilité d’en trouver et enfin à ceux qui désirent retourner dans leur pays le moyen de trouver des voitures. « (Arch. nat., S. 6109.)

(2) La nef de la chapelle a été séparée par une cloison en deux parties , dont l’une forme la salle des séances de l’Académie et l’autre la salle des vaccinations; les bureaux de l’Académie sont installés dans l’ancienne chapelle de Saint-Jean-Baptiste et la Bibliothèque dans celle de la Vierge.

EPITA PHIER DO VIEUX PARIS.

INDEX ALPHABÉTIQUE

Arnaud (Claude), 977.

Barboteau (Louis), 969.

Bernard (Claude), 975.

Bourgeois (Perrine), 974.

Frezon (Guillaume), 967.

Hachette (Marie), 968.

Joulet (François), 966.

Cadolu (Geneviève de), 972.

Desnotz (Pierre) , 970.

Forxe de Cherville (Mathieu-Marie), 973.

Frezon (François), 967.

La Baille (Biaise), 976.

Lambert ( Henri ) , 971.

Lévêque (Henri), 968.

Legauffre ( Thomas), 976.

Rouillé (Elisabeth), 971.

Vue de la chapelle de la Charité (1).

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