‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 4)Chapitre 16 sur 442 · LX VII I · texte numérisé non relu

LX VII I

le souvenir ayant disparu à la longue, personne n’avait un intérêt direct à protester en leur faveur, à réclamer leur conservation. Quant aux: lames de pierre ou de marbre, elles avaient subi avec le temps d’inévitables altérations; leurs dessins et leurs inscriptions s’étaient usés sous les pieds des fidèles. Aussi est-ce sans aucun scrupule <jue, lors des réfections de pavement rendues si fréquentes par la multiplicité des inhumations dans les églises, on les utilisait comme de simples dalles, après les avoir retaillées et retournées.

Sous la Révolution, lorsque l’Assemblée constituante eut décrété que les biens du clergé deviendraient la propriété de la nation, elle eut soin défaire retirer des couvents et des édifices religieux les effets mobiliers et les productions artistiques, en vue de les vendre ou de les conserver dans l’intérêt des sciences et des arts. La Convention prescrivit des mesures analogues, après la fermeture des églises paroissiales. Mais le déplacement des monuments de sculpture ou d’architecture ne pouvait s’opérer, on le comprend, sans de graves dommages, surtout lorsqu’il était confié, comme cela arriva trop fréquemment, à des mains brutales et inexpérimentées. Les tombeaux eurent particulièrement à souffrir de ces déménagements forcés, et, pour quelques-uns qui nous sont parvenus à peu près intacts, combien, volontairement ou non, furent mis en pièces!

Il était réservé à notre siècle d achever ces regrettables destructions. Les transformations de la capitale et les exigences de la voirie ont fait disparaître graduellement la plupart des anciens édifices religieux et, le plus souvent, les pierres tombales qu’ils conservaient encore ont été abandonnées aux entrepreneurs de démolitions, qui les ont employées comme de vulgaires matériaux de construction, ou appropriées à des usages aussi étranges qu inattendus.

Nos souvenirs tes plus lointains, observait M. de Guilhermy, nous montrent le dallage de nos plus anciennes églises parisiennes encore composé en partie de pierres sépulcrales. Il y en avait à Saint-Germain-des-Prés, à Saint-Séverin , à Saint-Germain-l’Auxerrois, à Sainl- Gervais, à Saint-Merry et ailleurs. Aujourd’hui la Sainte-Chapelle du Palais possède seule quelques dalles funéraires dignes d’intérêt. Les restaurations, les embellissements qui ont défiguré tant d’édifices, ont été particulièrement funestes aux inscriptions dont la présence contrariait la symétrie de quelque décoration nouvelle .

Reaucoup de dalles funéraires arrachées des cloîtres et des églises ont été dispersées dans

en plus grotesques et sottes, qui depuis les anarchiques et splendides déviations de la Renaissance, se sont succédé dans la décadence nécessaire de l’architecture .

«•Aux siècles, aux révolutions qui dévastent au

moins avec impartialité et grandeur, est venue s’adjoindre la nuée des architectes d’école, patentés, jurés et assermentés, dégradant avec le discernement et le choix du mauvais goût, n ( Notre-Dame de Paris, liv. III, chap. I.)

INTRODUCTION

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