‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 4)Chapitre 20 sur 442 · LXXV1I · texte numérisé non relu

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servir aux opérations du ressort de la Commission des monnaies, et me paraît, par cette raison, devoir lui être abandonne'e; je vous autorise, en conséquence, à la remettre à ses agens, ainsi qu’à remettre à ceux du Ministre de la guerre tous les objets de ce genre qui, n’étant pas dorés, seront dès ce moment, et tels qu’ils se trouvent, en état d’être employés aux usages militaires . Vous êtes également autorisés à faire délivrer par le citoyen Lenoir, à la Com¬

mission des monnaies, tous les ornemens du culte, garnis d’or et d’argent, qui se trouvent encore au Dépôt, malgré les ordres réitérés de mes prédécesseurs, au Département et à la Municipalité, ainsi qu’à faire remettre aux agens du citoyen Amelot ou à ceux du Département les débris de ces ornemens qui, de soie ou d’étoffes, devront être exceptés de la livraison à la Commission des monnaies et vendus à la diligence de l’administration des domaines nationaux (1).

Le Comité de salut public ne tarda pas à se rendre compte des dangers que présentait l’application rigoureuse de son arrêté du i3 septembre; aussi prescrivit-il, par ses instructions du 2 novembre, d’excepter de la fonte tous les cuivres qui pouvaient être considérés comme des chefsd’œuvre de l’art (2). Ce ne fut pas, néanmoins, sans difficulté que Lenoir parvint à recueillir, et surtout à garder aux Petits-Augustins, les objets métalliques.

Pour obtenir un bas-relief du tombeau de Christophe de Thou et deux petits génies qui se trouvaient à l’Arsenal où ils allaient être fondus, il fut obligé de donner l’équivalent de leur poids en morceaux de cuivre ; de même pour les statues priantes de Henri II et de Catherine de Médicis, et pour les Vertus qui décoraient leur tombeau. Quant aux statues dont Sarrazin avait orné le mausolée des Condé, a Saint-Paul, il ne réussit à les préserver qu’en les recouvrant d’une couleur blanche délayée à la colle, qui leur donnait l’apparence du marbre. Enfin, c’est au péril de sa vie qu’il eut l’audace de cacher les figures d’anges, ciselées en argent par Sarrazin et Coustou, qui soutenaient^ dans l’église de la Maison professe des Jésuites, les cœurs de Louis XIII et de Louis XIV. Cet acte de courage n’est pas pour nous surprendre : Lenoir n’avait-il pas reçu un coup de baïonnette, en protégeant le mausolée de Richelieu contre des soldats qui s’apprêtaient à le détruire.

(1) Archives du musée des mon. franc. , 1. 1, p. 20.

(2) Voici le texte de ce document significatif : crColIot d’Herbois et Billaud-Varenne, membres du Comité de salut public, au citoyen Puguenot, commissaire de la section du Panthéon. Tous les cuivres inutiles qui se trouvent dans les églises et dans les collèges de Paris et qui peuvent servir à la fabrication des canons doivent être envoyés à l’Arsenal; mais il est à remarquer que, parmi les monuments de cuivre qui se trouvent dans les églises de Paris,

il en est qui sont de véritables chefs-d’œuvre de l’art. Il faut donc, avant de les faire enlever, examiner s’ils ne doivent pas être conservés à la postérité, et, dans le cas d’un doute à cet égard, prévenir le Comité d’instruction publique." ( Inventaire des autographes et documents historiques composant la collection de M. Benjamin Fillon, séries I et II, p. 42, n° 166. 1877, in-4°; — cité par M. Courajod, dans son ouvrage sur Alexandre Lenoir,

t. I, p. XVIII.)

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