LXXV III
Dans ces temps difficiles, toutefois, la Commission lemporaire des arts lui facilitait sa tâche autant qu’il était en son pouvoir, et, à la date du 7 fructidor an n (9/1 août 179/1), e^e félicitait hautement de l’ordre qu’il avait établi dans son Dépôt. Quelques jours après, le 1 h fructidor an 11 (3 1 août 179/1), Grégoire lisait à la Convention son premier rapport sur le Vandalisme qui émut si vivement l’opinion, et la cause des œuvres d art était désormais gagnée. La Commission lemporaire des arts s’empressa d autoriser, le 99 vendémiaire an m (91 octobre 179/1), les chefs des divers Dépôts placés sous sa surveillance à prendre toutes les mesures qu’ils jugeraient propres à assurer la conservation des monuments dont ils étaient responsables. Pour bien marquer le caractère de leurs nouvelles attributions, un arrêté du Comité d instruction publique leur conféra, le /i brumaire ( 9 5 octobre), le litre de Conservateurs, litre qui fut officiellement confirmé à Lenoir, par un décret de la Convention du b frimaire an 111 (97 novembre 179/1). Encouragé par les circonstances, Lenoir n'hésitait pas à rendre ses collections publiques le i5 fructidor an 111 (icr septembre 1790).
Néanmoins, le Dépôt des Petits-Augustins restait toujours, en vertu de son attribution primitive, un bureau de vente et de triage; il n’avait qu’un caractère r provisoire et movible (1)«. Pour garantir son existence d’une façon définitive, Lenoir adressa le 99 vendémiaire an iv (91 octobre 1795), au Comité d’instruction publique, un mémoire dans lequel il rappelait brièvement ses travaux et exposait la situation du Dépôt.
Déjà, disait-il, je voyais un jour calme et serein luire dans le Dépôt, et la Commission des arts me paraissait un rempart sûr pour te protéger. Je remontai mon courage et tes inonumens arrivèrent en luyant les barbares qui détruisaient tout. La hache des Vandales, que te parti de l’étranger avait placée dans la main des misérables soudoyés pour nous plonger dans l'ignorance et nous entraîner de nouveau, avait passé dans tous les temples, et, malgré les soins actifs de la Commission temporaire, la torche de la destruction et du désordre a fait beaucoup de ravages.
Il existe encore des marbres, des statues, des objets précieux dont j’ai demandé le transport; je le redemande encore avec instance.
Je me suis empressé de porter une main conservatrice sur tous les chefs-d’œuvre et l’on peut en juger en voyant le Dépôt conlié à mes soins.
La Commission temporaire a vu avec satisfaction mes travaux, et le Comité d instruction publique me l’a témoigné par une lettre flatteuse; aussi je prie la Commission des arts d’agréer ma reconnaissance. Pour répondre à tant de bontés, j’ai cru devoir augmenter d’activité et me consacrer tout entier au bien des arts; toute ma vie est pour eux.
Par la même occasion il sollicitait l’aulorisation de restaurer le tombeau
Ces expressions se retrouvent dans un rapport présenté par Lebrun au Comité d’instruction publique, le 17 août 1 7 9 h . (Archives du musée des monuments français , t. II, p. 202.)
INTRODUCTION