‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 4)Chapitre 388 sur 442 · DE SAINTE-AVOYE · texte numérisé non relu

DE SAINTE-AVOYE

Le couvent de Sainte-Avoye, situé dans ia grande rue du Temple, fut à ses débuts une maison de retraite établie, à la fin de l’année 1283, par Jean Séquence (2), chefcier-curé de Saint-Merry, et par la veuve Constance de Saint-Jacques , pour quarante veuves, pauvres et âgées (3). I^a direction spirituelle et l’adminis-

(1) D’après le plan de Turgot. — Le plan du couvent a été reproduit d’après Verniquet.

(2) Son nom latin était Sequens, que l’on a traduit indistinctement par Séquence ou Suivant.

(3) La fondation se trouve constatée dans le vidimus d’une lettre de l’Official de Paris, donné par Villiers de l’Isle-Adam, garde de la prévôté, le 29 septembre 1 483. 11 était dit dans ce document : cScavoir faisons qu’estably en nostre presence, Mro Jean dict Sequence, chevecier de l’eglize de Sainct Mederic a Paris , a affirmé que depuis peu il avoit acquis certaine maison scise a Paris, en la rue du Temple, en la censive du chapitre de Sainct

Mederic susdict, entre la maison d’Estienne Le

Couvreur et celle de Richard Boutevillain .

Pareillement il a affirmé et recogneu que luy et Constance, dicte de Sainct Jacques, veufve d’un bourgeois de Paris, desirans faire un ouvrage pieux en viie de charité, ont d’un commun consentement spécialement destiné ladicte maison pour une congrégation de pauvres femmes veufves, aage'es de cinquante ans ou plus, la faisant bastir a communs frais ou de leur propre, pour la demeure perpétuelle desdictes pauvres veufves, ou nombre de quarante. C’est pourquoy ledict sieur Jean et ladicte Constance, après nous avoir asseuré

[PIUMERIE NATIONALE.

tration de cet hospice avaient été attribuées aux curés de Saint-Merry, et ce fut run d’eux, Jean Hersant, successeur de Jean Séquence^'), qui la dota, dans les dernières années du xme siècle, d’une chapelle dédiée à sainte Avoye; d’où le nom donné plus tard au couvent et à la rue

La communauté des Bonnes femmes de la rue du Temple®, comme on les appelait vulgairement, n’était astreinte à suivre aucune règle monastique, et elle paraît avoir subsisté avec son organisation primitive jusqu’au xvne siècle. En 1621, elle demanda à être réunie à la congrégation des Ursulines, sur les conseils de Madeleine Luillier, veuve de Claude de Sainte-Beuve, conseiller au Parlement, dont les libéralités avaient permis à ces religieuses de fonder un premier établissement à Paris, au faubourg Saint-Jacques, en 1610. Cette union, acceptée par le curé de Saint-Merry, fut réglée par un contrat du 1 6 décembre 1621 et madame de Sainte-Beuve constitua à la communauté une rente de mille livres. Le h janvier 1622, l’évêque de Paris, Henri de Gondi, approuva ce contrat®; les Ursulines prirent possession de la maison de Sainte-Avove le 3 1 janvier suivant,

que tout ce que dessus estoit véritable, ont donné ladicte maison en toutes ses circonstances et dépendances . pour le dessein de la congrégation desdictes pauvres veufves . se reservant neantmoins

tant en commun qu’en particulier toule leur vie le droict de pourvoir a ladicte maison et a ladicte congrégation, ordonnant que, si ladicte Constance survit audict chevecier, elle aura le soin, la garde et la provision de ladicte maison et après elle le chevecier de Sainct Mederic qui sera pour lors et sa tille Isabelle, si elle en veut prendre la charge; mais, après le deceds de ladicte Isabelle, ils sont demeurés d’accord que le soin, la garde et la provision de ladicte maison demeurera au chevecier de Sainct Mederic quel qu’il soit , et que ladicte maison ne sera pas employée a aultre usage que celuy auquel elle a esté destinée. Ce fut l’aict et accordé l’an de grâce 1283, le samedy devant la feste de NoëD. (Arch. nat. , L. 1078, n"s 1 et 3.)

(1) On connaît la suite des chefciers-curés de Saint-Merry depuis i3o3 et Jean Hersant ne figure pas parmi eux. Il parait donc incontestable qu’il succéda à Jean Séquence, après l’année ia83 et mourut vers 1 3o3.

(2) Cette rue, comprise entre celles de Sainte- Croix-de-la-Bretonnerie et desVieilles-Haudriettes, allait de la rue Barre-du-Bec à la rue du Temple, dont elle fait maintenant partie.

(3) Sur la foi de Belleforest et de Corrozet, Du Breul attribue à saint Louis la fondation de Sainte-

Avoye, et de plus, il confond, comme Félibien, cette maison avec le couvent de TAve-Maria, et la porte des Béguines avec la porte du Temple (p. 61 5 et 670). Juillot a pris soin de relever ces erreurs , provoquées sans doute par cette appellation de Bonnes femmes qui fut parfois aussi appliquée aux Béguines. (T. III , art. xm, p. 4.)

(4) Cf. Arch. nat., S. A 7 6 A .

(5) Cette approbation donnée par les vicaires généraux, au nom de l’évêque, était ainsi conçue : rrFaisons à scavoir, comme ayant veu un petit papier de supplication présenté au susdict Monseigneur l’illustrissime cardinal, evesque de Paris, ou à nous autres ses vicaires generaux, par la mere, sœurs et religieuses de la congrégation de Saincte Ursule fondée et erigée au fauxbourgs de Paris appelé de Sainct Jacques du Haull pas, par lequel il est exposé comme icelles suppliantes ont consenty à la requeste et demande qui leur a esté faicle de la part de la mere et sœurs demeurantes au lieu dédié soubs le nom et invocation de Saincte Avoye, en ceste ville de Paris, dans l’enclos et limites de la paroisse Sainct Mederic, afin quelles puissent estre associées et incorporées a la congrégation d’icelles suppliantes, religieuses de Saincte Ursule, et audict lieu vivre soubs mesmes et semblables vœux, réglés et constitutions, et pour ceste fin soient transférées cincq religieuses de Saincte Ursule

en ladicte maison . A laquelle aggregation et

association ou incorporation a consenty venerable

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