‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 4)Chapitre 389 sur 442 · COUVENT DE SAINTE-AVOYE · texte numérisé non relu

COUVENT DE SAINTE-AVOYE

et des lettres patentes de Louis XIII, du mois de février 1623, confirmèrent leur nouvel établissement.

Les religieuses de Sainte-Avoye suivirent dès lors la règle de Saint-Augustin; elles se vouèrent à l’éducation et à l’instruction de la jeunesse, reçurent des pensionnaires et ouvrirent des classes gratuites pour les enfants pauvres du quartier.

Les bâtiments du couvent, fort modestes jusqu’en 1622W, furent notablement agrandis au xvue siècle par l’acquisition de diverses propriétés^. Contigus à l’hôtel de Beauvilliers, ils occupaient la moitié d’un côté de la. rue Sainte-Avoye et une grande partie de la rue Geoffroy-Langevin; la chapelle s’élevait à l’intérieur du couvent, presque à l’angle des deux rues (3), et les jardins s’étendaient jusqu’au cul de sac Beaubourg.

En 1792, les Ursulines durent abandonner leur maison, qui fut vendue comme

propriété nationale, le A thermidor an v

homme maistre Guy Hovisier, docteur en théologie

et curé de l'eglise de Sainct Mederic . Auquel

contract est intervenue noble damoiselle Magdelaine Luillier, femme de Saincte Beuve, laquelle en faveur d'icelle aggregation a doté la susdicte maison de Saincte Avoye de la somme de mille livres tournois de rente annuelle et perpétuelle. Et pour ce que lesdicles suppliantes ont consenty librement et

volontairement à ladicte aggregation, . avons

loué, approuvé, confirmé et omologué iceluy contract en louttes et chacunes choses y contenües. » (Areh. nat., L. 1078, n° 17.) — Sauvai a publié le texte latin de cet acte. (Preuves, t. III, p. i4g.)

(1) Du Breul observe qu’rril n’y a nulle autre antiquité en celte maison ou hostel , que celle ( plus pitoyable que remarquable ) qui fait tomber en decadence tous les trois ou quatre corps d’hostel d’icelle». (p. 616.)

Un plan de la censive de Saint-Merry, dessiné sur parchemin vers la fin du xvie siècle (Arch. nat., IIIe sect. , nu 1 1) , nous a conservé la vue perspective des anciens bâtiments de Sainte-Avoye. Cette vue a été publiée par A. Bonnardot dans dans ses Etudes archéologiques sur les anciens plans de Paris (p. 2 3).

11 existe aussi aux Archives nationales une série de plans du couvent qui datent du milieu du xvif siècle. Après examen, nous avons constaté avec M. Hochereau que c’étaient simplement des projets de reconstruction , dressés sans doute lorsque les Ursulines prirent possession du couvent, mais qui ne furent pas mis à exécution.

(22 juillet 1797), avec cette clause que

(2) Le 1" décembre 1625, les religieuses acquirent par échange avec les Chartreux rrune petite maison et une place faisant partie d’un jeu de paume sis à Paris, joignant la maison desdictes dames Saincte Avoye, pour accroistre la cour et autres lieux de leur dicte maison , à la reserve toutesfois du droict de tripot, pour en faire hastir un autre ailleurs, ou autrement disposer dudict droict, comme bon sembleroit auxdicls religieux». (Arch. nat., S. A 76 4. )

(3) Une requête présentée par les Ursulines au Bureau des finances de la Généralité de Paris, le 3 décembre 1 683 , nous apprend quelles rrdésiroient faire construire une porte d’entrée en leur eglise, sur la face de laditte rue Saincte-Avoye , avec quelques ornemens pour former un corps saillant d'environ neuf pouces, et, comme leur ditte eglise est beaucoup plus elevée que le pavé du rez de chaussée de laditte rue, il leur est necessaire de faire aussy poser ou devant de laditte porte trois marches en saillie , pour faciliter l’entrée de laditte eglise, lesquelles n’incommoderont pas la voye publicque , laditte porte d’entrée de leur ditte eglise estant seize au plus large de laditte rue.» (Arch. nat. , S. 476/1.)

Cette réparation fut autorisée par les Présidents trésoriers de France, le 4 janvier 1686. Il ne paraît pas cependant quelle ait été exécutée , puisque Thiéry constate, en 1787, qu’rril faut monter à un premier étage pour voir l’église de ces religieuses, qui est jolie mais assez petite». (T. I,

l’acquéreur abandonnerait ultérieurement une partie du terrain pour le percement d’une voie, projetée dès 1 793 , et qui devait servir de prolongement à la rue Paradis-au-Marais. Les bâtiments furent transformés en habitations particulières, et l'on démolit la chapelle. En 1889, l’ouverture de la rue de Rambuteau acheva de faire disparaître les derniers vestiges du couvent.

JEAN HERSANT.

Une inscription, gravée sur une lame de cuivre scellée dans le mur méridional de la chapelle, rappelait le souvenir des libéralités de ce bienfaiteur de la maison:

461. — Les EXECUTEURS DU TESTAMENT DE FEU MESSIRE JEAN HERSANT, JADIZ FONDATEUR DE LA CHAPELLE DE SAINCTE AVOYE A PARIS, EN L’HONNEUR DE DlEU ,

de Nostre Dame et de Saincte Avoye, du résidu des biens de l’execution

DUDICT DEFFUNCT, ONT DONNÉ ET AUMOSNÉ CESTE MAISON A LA FABRICQUE DUDICT HOSTEL DE SAINCTE AVOYE, POUR LE BIEN ET AUGMENTACION DE SONDICT HOSTEL ET CHAPELLE, MOYENNANT CE QUE LES BONNES FEMMES DUDICT HOSTEL SOIENT TE¬ NUES DE FAIRE CELEBRER UN OBIT SOLEMPNEL , CHASCUN AN, A TOUSJOURS, LE XXII DECEMBRE; C’EST ASSAVOIR VlGILES A NEUF PSAULMES ET NEUF LEÇONS, ET MESSE A DIACRE ET SOUBSDIACRE AVEC DEUX CHORIENS; ET FERONT METTRE DEUX CIERGES ARDANS DURANT LE SERVICE, POUR LE REMEDE DES AMES DUDICT DEFFUNCT, DE SES

AMYS ET DE TOUS TRESPASSEZ. — DlEU EN AIT L’AME. AMEN.

D11 Breul, p. 61 5.

Plan du couvent de Sainte-Avoye.

Vue du couvent des Barnabites b).

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