‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 4)Chapitre 390 sur 442 · PRIEURÉ DE SAINT-ÉLOI · texte numérisé non relu

PRIEURÉ DE SAINT-ÉLOI

NOTICE HISTORIQUE

D’après une ancienne tradition, saint Eloi avait reçu du roi Dagobert une maison assez vaste, située dans la Cité, à peu de distance du palais de ce prince, dont il fit une abbaye de filles, vers l’année 633. Comme cette communauté religieuse s’était rapidement développée, il obtint peu après de la libéralité du roi les terrains nécessaires pour accroître l’ancien bâtiment, et il fit construire une grande église, à laquelle il donna le titre de Saint-Martial, qui fut aussi attribué au monastère t'2). L’enceinte du couvent, très vaste pour

(1) D'après le pian de Turgot.

(’ Le texte qui rappelle ces fondations prêle à la controverse. Saint Ouen écrivait en effet, dans la Vie de saint Eloi, son ami : rrÆdilicavit sanctus Eligius, immo renovavit basilicam in honorem sancli Martialis, lemovicensis ponlificis et confesso¬

ns, eaque urbane stabilita , tecta ejus plumbo vestivit. -n Lebeuf pense que saint Eloi se borna rrà reparer et renouveler une église du titre de S. Martial, évêque de Limoges, qui étoil déjà ancienne de son temps*. (T. II, p. 454.) Jaillot est d'un avis contraire : « Comme le culte de saint Martial ne

l’époque, était fermée de hautes murailles et formait ce que l’on appela la Ceinture de Saint-Eloi lorsque, après la mort du fondateur, son nom fut substitué communément au vocable primitif de Saint-Martial (2h

L’abbave paraît être restée d’abord sous la juridiction temporelle des rois de France. Charles le Chauve, cédant aux instances d’Ingelvin, évêque de Paris, s’en dessaisit en faveur de l’église cathédrale, par un diplôme du 8 mai 871, que Louis le Bègue confirma en 878.

Au cours du xnc siècle la discipline s’était singulièrement relâchée dans la communauté, si bien qu’après de fréquentes objurgations demeurées sans effet, l’évêque Galon dut se résoudre, en l’an 1107, avec l’assentiment du pape Pascal Il et du roi de France Philippe Ier, à expulser du couvent les religieuses, qui furent transférées dans divers monastères (3h II donna l’abbaye à Thib ant, abbé de Saint-Pierre-des-FossésW, à la condition d’y établir un prieur et douze religieux de son Ordre, ce qui eut lieu; le couvent prit alors le titre de Prieuré de Saint-Eloi (5 . Mais cette concession ne subsista que jusqu’en 1 1 a 5 ; Thibaut se

s’étoit pas encore répandu au delà des limites de t Aquitaine, il est a présumer que S. Eloi,qui étoit de Limoges, apporta avec lui quelques-unes de ses reliques, qu'il les mit dans l’oratoire qu’il avoit pratiqué dans sa maison et que, lorsqu’il bâtit son monastère, il lit construire une église sous son nom. Il avoit l'ait bâtir une chapelle, il la renouvela, l’agrandit et la changea en une église. Je ne crois pas, conclut-il, que cette interprétation du texte de S. Ouen soit forcée, n 11 nous paraît néanmoins beaucoup plus vraisemblable d’admettre, pour expliquer le mot rrrenovavit«, qu’il existait un ancien oratoire, auprès duquel saint Eloi établit son monastère, el que, après l’avoir restauré et agrandi, il le dédia à saint Martial.

(1) rr L’abbaye de Saincl Eloy, du temps de saincte Aure, estoil grande, et contenoit toute la rue de Calende, depuis la rue Au Fevre, qui est devant la porte de Sainct Germain le Viel, jusques aux rues de la Barillerie, de la Vieille Drapperie et de Saincte Croix. Tout lequel circuit s’appelle encore aujourd’hui la Ceinture de Sainct Eloy. Et falloit que pour si grand nombre de religieuses l'eglise fut ample; qui me faict conjecturer que celle de Sainct Martial n’est que le chœur de la première et celle de Sainct Eloy la nef. » (Du Breul, p. 77.)

(2) c En quel temps après son trespas et canonisation cesle eglise a commencé à estre nommée de Sainct Eloy, il nous est incertain. Tant y a que le nom luy demeure encore aujourd’hui. « (Du Breul, P- 77-)

(3) Un diplôme de Philippe Ier, de l’an 1107, rappelle les motifs de cette expulsion : rcAssensu domini Pape Paschalis, monicione quoque et consilio canonicorum sancle parisiensis Ecclesie, necnon et consensu nostro et Ludovici nostri, Gallo, parisiensis episcopus, ab ecclesia beati Eligii,membro videlicet episcopatus sui, propter intemperantem quam imprudenter agebant fornicacionem moniales, quam vis canonice sepissime correptas, templurn Domini aperte pravo usu violantes, ac correpciones pastoris penitus négligentes, spe melius agendi a prefata domo dejecit. Acceptis daque domini Pape litteris, tune temporis Parisius venientis, dataque licencia Ordinem religionis inibi ponendi, nostra licencia et ordinacione, cum filii nostri Ludovici observacione, beato Petro Fossatensi ejusdemque loci Tbeobaldo abbati, prefatam ecclesiam beati Eligii, in cellam duodecim monacliorum, cum prioratu suo perpetualiter possidendam concessit et babendam; salvo quidem jure sue potestatis et ecclesie pariensis, quamadmodum et in ipsius charta détermination est. « (Du Breul , p. 76. )

Cette abbaye porta plus tard le nom de Saint- Maur-des-F ossés.

(5) D'après Bonfons, ce fut alors que le prieur de Saint-Eloi, rayant deparly les terres qui estoient sujettes audit monastère, fut aussi cause de la fondation des églises parochiales de Saincte Croix en la rue de la Drapperie, qui estoit un hospital, de Sainct Pierre des Assis, de Sainct Martial, de Sainct Bon et de Sainct Paul -n. (Fol. 35.)

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