‹ Épitaphier du vieux Paris (volume 4)Chapitre 391 sur 442 · COUVENT DES BARNABITES · texte numérisé non relu

COUVENT DES BARNABITES

refusant, par scrupule de conscience, à conserver plus longtemps cette propriété, la rendit à l’évêque Etienne de Senlis. Celui-ci, après l’avoir gardée neuf ans, la remit au successeur de Thibaut, Aiscelin; les religieux de Saint-Benoît y revinrent et y restèrent jusqu’en 1 5 3 3 . A cette époque, l’abbaye de Saint-Maur ayant été sécularisée et rattachée à l’évêché de Paris avec toutes ses dépendances, l’évêque, Jean Du Bellay, reprit possession du prieuré de Saint-Eloi, dont les revenus fort importants furent réunis à la mense épiscopale et il établit dans les bâtiments conventuels des prêtres chargés de desservir l’église.

Le 9 juin 1 6 3 1 , Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, céda l’église et l’ancien prieuré, à demi ruinés h), aux religieux de la congrégation de Saint- Paul-Décollé, vulgairement appelés Barnabites. Ces Pères, appelés d’Italie en Béarn par Henri IV, en 1608, conformément aux vœux des habitants, avaient été définitivement autorisés à s’établir dans cette province, ainsi qu’à Toulouse et à Lyon, par lettres patentes du 1 1 décembre 1611. Cette autorisation fut étendue d’abord à la ville de Montargis, puis à toutes les villes du royaume, par de nouvelles lettres patentes du mois de mai 1620 et du mois de mars 1622. Le 29 mars de la même année, Henri de Gondi, cardinal de Retz, évêque de Paris, accorda aux Barnabites la faculté d’ouvrir des collèges dans son diocèse, et, quatre mois après, la Reine-Mère s’occupait de leur procurer un établissement à Paris ('2'.

(1) Il y avait longtemps déjà que les bâtiments du prieuré étaient singulièrement délabrés. Dès l’année 1 565 , l’évêque de Paris, Guillaume Viole, avait constaté cette fâcheuse situation. Au cours d’une de ses visites pastorales, il avait trouvé, disait-il, «-les bastimens et édifices, tant des églises unies à la table épiscopale que des fermes et mestairies y appartenons, assises aux chams, fort détériorés , démolis et caducques ... Le cloistre de Sainct Eloy estoit tellement corrompu, desmenbré et desemparé qu’il ne pourroit estre reediffié et rendu manable que pour la somme de quatre mil escus soleil, et que, sy de brief n’y estoit remédié, il tomberait du tout par terre et en ruines, qui serait de tant plus accroislre le dommage évident dudict evesque. »

A la suite de cette visite, l’évêque trvoullant obvier à ladicte totalle ruyne dudict cloistre et en ce et aultre chose faire oflice de bon vray pasteur, governeur et administrateur, il aurait faict voir et visiter lesdids cloistres, priser et estimer les réparations y necessaires a faire par Julien Hennebot, maçon, juré du Roy en l’office de maçonnerye, et Jehan Marlin, maçon et Jehan Longuets, charpentier, bachelier es arts de maçonnerie et charpenterie à Paris. « Sur leur rapport il avait résolu «de

bailler le cloistre à cens et rente emphylheote à quelque personnage notable et solvable, pour y bastir et faire maisons manables, à la charge de faire quelque petit bastiment pour loger et retirer les gens d’eglise y habitans, par icelluy sieur révérend ou ses prédécesseurs ordonnés pour chanter et celehrer le service divin accouslumé d’y estre dict. v

Le 11 juin 1 505 , le bail du cloître et du cimetière fut consenti dans ces conditions, au sieur Jacques Huppeau, par Guillaume Viole. Mais le 3o août 1 583 , à la requête de son successeur, Pierre de Gondi, ce bail fut cassé par une sentence du Parlement, confirmée, sur appel des défendeurs, par un arrêt du 3i août i585, et les héritiers de Jacques Huppeau furent condamnés à rrrestabür la muraille et closture dudict cimeliere Saincl-EIoy, et la remettre en tel estât qu’elle estoit lors et auparavant la démolition d’icelle. « (Arch. nat. , S. 3047.)

(2) Par un brevet de la Reine-régente, en date du to août 1622, trSa Majesté a ordonné et ordonne au controlleur general de sa maison, de louer une maison sous son nom, en ceste ville, pour y loger lesdicts Peres et y commencer les exercices, suivant et conformement a la volonté du

Us ne paraissent, toutefois, s’y être fixés qu’en 1628, et ils résidèrent au faubourg Saint-Jacques, jusqu’au moment où ils furent mis en possession de l’ancien prieuré de Saint-Eloi G). Cet établissement fut confirmé par lettres patentes du mois de décembre 1 633, mais l’Université s’opposa aussitôt à ce qu’elles fussent enregistrées en Parlement. Pour obtenir l’arrêt d’enregistrement qui fut rendu le 9 mai 1 6 3 G , les Barnabites durent se soumettre à diverses obligations, entre

Roy sondict seigneur, portée par les lettres patentes du mois de mars dernier, et consentement de monsieur le cardinal de Gondy, evesque de Paris, du 19 jour de mars». (Arch. nat. , L. 925). Leur première résidence au faubourg Saint-Jacques, rue d Enfer, est constatée par la donation de 1 63 1 . Fe'libien et Jaillot parlent d’un autre établissement au Marais dont nous n’avons retrouvé aucune trace.

(1) Ce fut à la recommandation du duc d’Orléans que l’arcbevêque, tr voulant prendre seing qu il fust continué a faire le service divin en l’eglise dudict prieuré,» céda aux Barnabites par un concordat, passé le 9 juin 1601, devant les notaires Jean Du Puys et Nicolas Le Bouclier, r ladicte eglize Sainct Eloy avecque toutes les veues, yssues, et passages, ainsy qu’elle se maintient et se comporte,

une place vuide et adjacente à ladicte eglize .

qui esloit anciennement le préau du prieuré, avecque le vieil corps de logis construit sur partie de ladicte place, joignant le clocber et attaché à une partie de la muraille d’icelle eglize, et où se tient à présent le sacristain de ladicte eglize. . ., moyennant et à la charge que ladicte eglize portera a perpétuité le nom et filtre de prieuré de Sainct Eloy, annexe dudict archevesché de Paris. »

Par cet acte, il leur imposait, en outre, l’obligation rc d’entretenir ladicte eglize d’ornemens, cloches et toutes réparations grosses et menues, tant de ladicte eglize que clocher d’icelle, mesme (ie faire reparer le portail de ladicte eglize qui a son yssue dans la rue de la Savatterie, vis à vis de la rue de la Vieille Drapperie, avecque les ornemens et décorations qu’ils adviseront, à la charge de remettre au dessus de la porte une image ou statue de sainct Eloy et au dessoubz de faire appliquer une placque de marbre ou seront escripts ces mots : Prieuré de Sainct Eloy, annexe de l’ Archevesché de Paris, et aux deux coslez d’icelle placque seront posez les armes dudict archevesché et dudict seigneur archevesque, et sans que, pour le présent ny a perpétuité ledict seigneur archevesque ny sesdicls successeurs puissent eslre aucunement tenuz aux-

dictes grosses et menues réparations qui peuvent eslre et seront cv après à faire en ladicte eglize, pour quelque cause et occasion que ce soit. Et outre, attendu que sur la voûte de ladicte eglize et enceinte des murailles d’icelle l’on a , par usurpation, contre la bienséance et disposition canonique, faict bastir et construire nombre de logemens où se peuvent tous les jours commettre actes indecens à la condition du lieu qui doibt perpétuellement demeurer sacré et non profane, ledict seigneur archevesque a donné et donne pouvoir auxditz Peres de retirer ou repeter toutes les places et portions qui ont esté ou peuvent eslre usurpées dans l’enceinte de ladicte eglize et sur les voûtes d’icelle, et d’agir pour le renouvellement d’icelles et démolitions des bastimens qui y ont esté construicts, ainsy qu’ils adviseront, etc. , à leurs risques périls et fortunes.» (Arch. nat., LL. 1 4 8 3 , Cartulaire des Barnabites,

1 04 1, fol. i4 v°.)

En faisant la donation du prieuré, l’archevêque s’était réservé tout un corps de bâtiment, dont il se dessaisit d’ailleurs peu après en faveur des Pères. L’acte de cession, du 19 mai 1639, constate que : n-Sur la remontrance à luy faicte par les religieux

Barnabites de la congrégation de Sainct Paul .

que le vieil corps de logis par luy réservé audict contract, avecque le passage de ses dépendances pour y faire bastir, quand et ainsy que bon lui sembleroit, l’Auditoire pour l’exercice de la Justice dudict Sainct Eloy, leur estait entièrement necessaire tant pour achever les réparations auxquelles ils sont tenuz, que pour construire partie de leur logement, et commodité de faire le service divin . . . ledict seigneur archevesque leurauroit, verbalement et dès l’année 1 6 3 3 , octroyé et concédé ledict corps de logis, avecque ses dépendances, lesquels en vertu de ladicte concession verbale ont à leurs fraicts et despens faict rebaslir de fons en comble ledict corps de logis et en iceluy la salle basse qui sert d’Auditoire, où la Justice dudict Sainct Eloy est exercée aux jours et maniéré accoustumée, par les officiers dudict seigneur.» (Ibid., fol. 26.)

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