XI
Ms. B. — Epitaphes des églises de Paris. Bibliothèque nationale, Cabinet des Litres, vol. rel. t t 1 o.
Recueil des sépultures, tombeaux, epitaplies et inscriptions qui se trouvent dans toutes les églises, abbayes et monastères de la ville et fauxbourgs de Paris, 1 645. Bibliothèque nationale, Cabinet des titres, vol. rel. 5i4, 5 1 5, 5 1 6.
Ces manuscrits, formant actuellement deux recueils distincts, ont une même origine. Ils avaient dû être séparés par le hasard des circonstances et ils s’étaient trouvés par suite isolés dans la classification du Cabinet des titres; pour marquer leurs rapports, nous les avons compris sous une seule désignation.
Le ms. 1110 (B1) est divisé en deux parties: la première seule (p. î à 286) se compose de transcriptions originales; la seconde (p. 287 à 44y), d’une écriture plus moderne, paraît formée avec des copies d’épitaphes relevées sur les dessins de Gaignières. Une table des articles et une table des noms de personnes terminent le volume. La première partie comprend quatre articles importants relatifs aux églises de Saint-Séverin et de Saint-An dré-des-Arcs, aux couvents des Grands- Augustins et des Chartreux; elle se rattache évidemment au recueil d’épitaphes formé par d’Hozier, puisque celui-ci a inscrit lui-même, en tête de l’un des cahiers (p. 169), la note suivante :
Ces six cahiers d’epitaphes, deux des Grands-Auguslins et quatre des Cordeliers, ceux des Augustins commançant au fol. 91 et finissant au fol. 102, et ceux des Cordeliers commençant au fol. 187 et finissant au fol. 232, traqués des autres cahiers de la suite de ces epitafes que j'avois pressé en livres et faisant la matière d’un gros volume, avoient été rendus, raportés et restitués ainsi défectueux, contre la bonne foi d’un dépôt de 38 ans, par M. de Gaignières, le 20e de septembre 1712. Etfecl d’une lettre que je lui avois écrite le 19 du mesme mois pour l’obliger à me faire la restitution qu’il me doit. Voir cette lettre et les autres que je lui ai écrites à l’article Gaignières. D’Hozier R).
sur les liions et effets demeurez après le décès de Mre Pierre Clairambault, généalogiste des Ordres du Piov, datte au commencement du quinze janvier mil sept cent, quarante, et l’inventaire desquels biens et effets 0 esté fait par Morin notaire soussigné , dallé au commencement dudit jour unze mars mil sept cent quarante, et a esté le présent premier feuillet colté douze; cy douze. — Morix.ii
(1) Voici la lettre à laquelle d’Hozier faisait allusion; elle méritait d’être publiée à titre de curiosité historique :
rr Je scais, Monsieur, que je m’y prends bien tard de venir à cette heure vous marquer un inutile repentir d’avoir été plus de cinquante ans la dupe
d’une probité dont les aparences m’ont séduites, quoique j’aye toujours aperçu tous les détours d'une manœuvre que vous avez scu mettre habilement à profit partout où vous avez eu quelque accez; j’avoiie que je n’ai pu résister ni à la vehemence et à l’avidité de vos désirs, ni à l’illusion de vos promesses ; si vous êtes persuadé que le succez qu’ils ont eu et les avantages que vous en avez tiré sont un titre suffisant qui vous aquile envers ceux de qui vous avez arraché de quoi vous enrichir de leurs dépouilles, moi qui ne saurois trouver dans votre persuasion le moindre équivalent qui me rende ce que vous avez pris de mon cabinet, contre la fidélité d’un dépost que je vous avois confié, non-
INTRODUCTION
Le ms. 5 1 5 (B2), paginé i à 790, comprend vingt-deux articles; il commence à l’hôpital de Saint-Gervais et finit à l’église de Saint-Sauveur.
Le ms. 5 1 k (B3), paginé 1 à 797, comprend onze articles; il commmence à l’église des Saints-Innocents et finit à l’église de Saint-Gervais.
Le ms. 5 1 6 (B4), paginé 1 à 7Ô2, comprend quatorze articles; il commence à l’église de Saint-Leu et Saint-Gilles et finit au couvent des Feuillants.
En tête de chaque manuscrit se trouvent placées la table des édifices et la table alphabétique des noms de personnes. Il convient d’observer que les divers articles des trois volumes se succèdent dans un ordre tout à fait arbitraire.
obstant le billet que vous avez eu l’adresse de vous faire donner par mon neveu et que j’ai souscrit parce que vous lui aviez fait entendre que vous e'tiez disposé à lui faire justice et à lui restituer ce que vous n’avez pu ni du vous approprier. En sup posant encore en vous, comme je le croyois, de l’honneur et de la conscience, je vous déclare de nouveau, comme je l’ai déjà fait, en m’expliquant par des lettres que je vous ai écrites et dont, à tout événement, je garde les copies, que, comme vous n’avez eu de moi aucun droit légitime, soit de bouche ou par écrit, qui vous ait jamais autorisé à faire usage de mon bien et que vous n’en avez jamais remplacé la plus petite partie par aucun échangé, je ne vous donne ni ne vous cede, pour ce monde-ci et pour l’autre, quoique ce soit de ce que vous n’ignorez pas que vous me devez. Je scais du reste que je n’ai plus de restitution à prétendre, par les dispositions que vous avez faites; mais comme cela ne vous justifiera point à l’egard de Dieu , c’est à vous à juger encore , pendant que vous êtes, si vous avez eu raison de me surprendre et d’abuser de ma facilité et si j’ai tort de continuer de m’en plaindre et de vous avertir qu’il faut mourir sans aucun reproche de la part de ceux qui survivent. D’Hozier. — A Paris, le 19e de septembre 171 2.5) (Bibl. nat., Gab. des titres, Cabinet de d’Hozier, 8986.)
A la suite de cette lettre, d’Hozier observait que Gaignières lui avait restitué, le lendemain 20 septembre, divers recueils historiques ou généalogiques, et notamment : n- Six cahiers tronqués d’epitaplies des églises des Âugustins et des Cordeliers , un seul cahier de i’eglise des Augustins commençant au fol. 91 et finissant au fol. 102, et cinq cahiers de l’eglise des Cordeliers commençant au
fol. 187 et finissant au fol. 282.55 Et il continuait ainsi : a Ces morceaux détachés d'un gros recueil d’epitaphes des églises de Paris faisoient partie d’un très gros volume que j’en avois presté et confié audit sr de Gaignières, il y a environ trente-huit ou quarante ans, car ce fut vers la fin de l’année 1672 ou 1676 que je commençai à lui livrer mon cabinet, sous la fausse idée qu’il me donna, et qui me séduisit, d’y mettre un ordre qui devoit le rendre très commode, pour trouver tout d’un coup toutes les matières qu’il contenoit et dont la multitude étoit immense; mais il sçut réduire tout cela à presque rien, en comparaison de ce que j’avois, et en abusant de ma franchise, de ma simplicité et de ma confiance dans les promesses d’an homme masqué, ardent et faux, il profita habilement d’une crédulité dont je me suis repenti trop tard fort inutilement. 55
Dans son étude sur le cabinet de Gaignières, M. Léopold Delisle a signalé ce dénouaient singulier des relations des deux illustres collectionneurs. n La vérité m’oblige à rappeler, écrit-il , que d’Hozier se plaignit amèrement de Gaignières; sur la fin de sa vie, il lui reprocha d’avoir abusé de sa communication, n El il ajoute; «- Heureusement ce que nous savons de l’humeur du célèbre généalogiste doit nous mettre en garde contre des assertions qui sont en complet désaccord avec les observations qu’on peut faire sur le cabinet de d’Hozier, comme sur celui de Gaignières. 53 (Le Cabinet des manuscrits , t. I, p. 3/17.)
Dans le cas présent, il ne paraît pas que Gaignières ait jamais eu l’intention de s’approprier le recueil -d’épitaphes qui lui avait été prêté, puisqu’il avait écrit, de sa propre main, en tête de l’un des cahiers : rrCecy est à M. d’Hozier.))
IMPRIMERIE NATIONALE