‹ Épitaphier du vieux ParisChapitre 228 sur 323 · Arch. nat., L 646, n · texte numérisé non relu

Arch. nat., L 646, n

9. Ibid., id. — II semble qu’aucun membre de la famille Potier ne fut inhumé à Saint- Germain l’Auxerrois. La sépulture de cette famille était, en effet, à l’église des Saints- Innocents, dans la chapelle de la Vierge (ms. A2,

p. 502 et suiv.); celle de la famille Baillet à Saint-Merry ( ibid ., fol. 697 et suiv.). Le ms. A2, fol. 699, signale la sépulture dans cette dernière église de la sœur de Charlotte Baillet, Isabeau, dame de Silly, femme d’un autre Potier, Nicolas, seigneur de Blancmesnil, mais il ne fait mention de celle de Charlotte ni aux Saints-Innocents ni à Saint-Merry. Il y eut une autre chapelle de Gesvres au couvent des Célestins : en 1704, Léon Potier, duc de Gesvres, gouverneur de Paris, y fit démolir l’ancienne chapelle de Luxembourg et la fit rebâtir pour y établir sa sépulture et celle de ses ancêtres ( Épitaphier du Vieux Paris, t. II, p. 419).

10. Rue supprimée en 1854 par l’ouverture de la rue de Rivoli. L’hôtel de Rostaing, datant de 1570, rebâti en 1587, avait alors disparu depuis près de deux siècles, ayant été acheté par Louis XIV en 1664 pour l’agrandissement du palais du Louvre (Berty, Topographie historique du Vieux Paris, Région du Louvre et des Tuileries, 2e éd., t. I, Paris, 1885, p. 17-18).

demander en justice la reformation ou correction; faire faire une niche dans le mur de refend ... pour y enfoncer et placer l’autel, sans que cela puisse préjudicier à l’epitaphe du Chancelier de Bellièvre adossée contre ce mur;... faire un oratoire sous la fenestre d’icelle chapelle dans l’epaisseur du gros mur de l’eglise du côté du cloître, de la largeur de ladite cloison; mettre leurs armes sur les vitres et murs, sauf à la clef de voûte... », le tout moyennant 4 000 1., dont moitié payable immédiatement et moitié au décès de Charles de Rostaing. D’autres clauses concernaient le renouvellement de la concession au bout de cent ans, l’ouverture du caveau, etc. 1.

Un somptueux ensemble décoratif fut effectivement placé par les Rostaing dans la chapelle. Une gravure d’Israël Silvestre nous en a conservé la représentation 2. Il en subsiste quelques vestiges. De part et d’autre de la fenêtre, deux pilastres de style Renaissance portent, dans le bas, l’un, la représentation en bas-relief de saint Charles Borromée, patron de Charles de Rostaing, l’autre celle de sainte Anne, patronne d’Anne Hurault, sa femme. Contre le mur de refend, du côté de l’ouest, deux piliers supportent un fronton semi-circulaire sur lequel sont couchées « deux grandes figures d’hommes nuds à longues barbes et formes herculéennes... » 3. Ces personnages tiennent d’une main une massue et de l’autre un écu sur lequel un monogramme de la Vierge remplace aujourd’hui les armes des Rostaing. Cette décoration n’eut pas l’heur de plaire à des amateurs éclairés, tels que Germain Brice et Piganiol de la Force : le premier la considère comme « d’un dessein mauvais et d’une exécution fort grossière » 4, le second admet qu’elle est riche, mais juge que la sculpture en est « d’un goût très médiocre » 5.

La concession de 1647 provoqua une réclamation de la part des héritiers Olivier, mais on leur opposa la vente faite par leurs ascendants en 1598, et la famille de Rostaing demeura en possession de la chapelle6. Cependant, le concessionnaire n’y fut pas inhumé, mais il choisit sa sépulture dans l’église des Feuillants. Quant à sa femme, Anne Hurault, veuve en premières noces de Gilbert de la Trémoïlle, on a déjà vu qu’elle avait été enterrée dans l’église de Vaux-le- Pénil 7, mais son cœur porté aux Feuillants et ses entrailles à Saint-Germain l’Auxerrois 8. Après la mort de Charles et en exécution de ses dernières volontés, ses enfants, Louis-Henri, marquis de Rostaing, François, comte de Rostaing, premier chambellan du duc d’Orléans, et Marguerite-Renée, marquise de Lavardin, y fondèrent, le 10 juin 1661, une messe basse à célébrer quatre fois

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