Ibid., LL 412, fol. 310 v
8. Ibid., id., fol. 331 v°. — Le Grand Conseil occupa successivement deux maisons dans le cloître de Saint-Germain l’Auxerrois : la première, de 1583 à 1625, était nommée maison « des
coquilles », la deuxième, de 1625 à 1686, se trouvait dans la partie occidentale du cloître, à l’endroit où sera, en 1698, la maison du doyen, à gauche du passage ouvrant sur la rue des Poulies. Le Grand Conseil quitta cette dernière résidence en 1686 pour aller loger à l’hôtel d’Aligre, rue Saint-Honoré, dans la paroisse de Saint-Germain l’Auxerrois. Sur les lieux de séance du Grand Conseil, voir Jean-Paul Laurent, Le Grand Conseil, dans Guide des recherches dans les fonds judiciaires de V Ancien Régime, 1958, p. 42 et n. 3 et 4.
ÉGLISE DE SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS
est autorisé à étaler des « images et marchandises » le long des murs et à côté du portail de l’église, vis-à-vis de la porte du chanoine Nigon. En 1694, au sieur Fournier succèdent, le long du doyenné, Pierre Laforest et Marie Jaquin, sa femme, pour y établir des tableaux de dévotion L Dans le cloître, vis-à-vis de la porte Sainte-Anne, la femme Dufey, « maîtresse lingère », avait obtenu en 1704 la permission « de placer un tiroir ou boîte à tiroir » pour y vendre et débiter pendant le jour ses ouvrages de toile et de dentelle 2; la veuve Lefebvre lui succède, en 1707, en qualité de « ravaudeuse des enfants de chœur, pour en jouir sa vie durant, tant et si longtemps qu’il plaira au chapitre » 3. Le garçon libraire Issoré peut, en 1709, placer une boutique portative au-dehors du porche de l’église, pour y vendre des « Heures » et autres livres de dévotion 4. C’est contre les murs des fonts baptismaux qu’en 1711 la dénommée Gaze est autorisée à étaler des livres, à condition de tenir les lieux propres; quelques mois plus tard, on lui construit une échoppe 5. Certaines locations sont plus importantes : en 1680, le chanoine Philippe Chappellier se voit adjuger deux arcades du cloître, « à la charge qu’il ne pourra percer les voûtes du bassin ni endommager les gros murs » 6. En 1711, le bedeau Paul Lamotte prend à bail pour trois ans le passage du cloître au Louvre 7. Les noms des locataires des maisons du cloître et des maisons des rues voisines appartenant au chapitre sont tous connus pour la période 1763-1787 8; on a conservé de même les noms des locataires, pour l’année 1770, des places et échoppes adossées au mur des charniers, au portail de l’église, à la chapelle des fonts baptismaux, au bas du perron de la maison dite « le doyenné », sur le pavé du cloître 9.
Le cloître forme un enclos particulier. Quand, en 1637, les « députés du quartier » prétendent imposer les maisons du cloître à la taxe des « boues et du pavé », le chapitre proteste : de tout temps, en effet, il a gagé un « boueur » pour nettoyer le cloître et en emporter les ordures hors la ville; de même, il a toujours entretenu le pavage à ses frais 10. De fait, en 1680, on voit le chapitre régler une dépense de 512 livres 10 sols, montant du mémoire d’un paveur qui a pavé le cloître; cependant, le chapitre est loin de supporter seul cette sorte de dépense : un tiers des frais d’entretien du pavage est alors payé par le Grand Conseil n, un tiers par la fabrique de la paroisse, et un tiers conjointement par le chapitre et par la communauté, à raison de deux tiers payés par la communauté et un tiers seulement, soit l/9e du total, par le chapitre 12.