‹ Épitaphier du vieux ParisChapitre 37 sur 323 · Arch. nat., LL 414, fol · texte numérisé non relu

Arch. nat., LL 414, fol

Le chapitre tirait de la location des maisons et échoppes du cloître une part appréciable de ses revenus : 47 570 livres en 1744 L A ces ressources s’ajoutaient le produit des dîmes des paroisses rattachées à Saint-Germain, les redevances payées par les vicaires perpétuels de l’église elle-même et de plusieurs autres églises de Paris (Saint-Sauveur, Saint-Eustache, Saint-Roch, l’hôpital de la Trinité, les Quinze-Vingts), une part des profits des inhumations faites aux Saints-Innocents, enfin les cens et rentes de propriétés foncières ou domaines ruraux, à Paris et aux environs. La situation prospère des finances du chapitre de Saint-Germain l’Auxerrois contrastait grandement, au milieu du xvme siècle, avec l’état déplorable de celles du chapitre de Notre-Dame 1 2; elle fut l’une des causes de l’union du chapitre de Saint-Germain à celui de Notre-Dame : en 1744, les différends qui opposaient sans cesse les chanoines au clergé paroissial de Saint-Germain en fournirent le prétexte.

La vie paroissiale

Nous avons vu 3 que le chapitre de Saint-Germain l’Auxerrois remontait sans doute au temps de Robert le Pieux. La plus ancienne mention d’un curé desservant la même église semble être celle qui se rencontre dans un acte d’Eudes de Sully de 1202 4. La vie de la paroisse se trouve bientôt affectée par cette coexistence; un recueil d’offices publié en 1745 le souligne :

Son union avec un collège de chanoines dans la même église, lui ôtant une partie considérable des fonctions et exercices de piété ordinaires aux paroisses, la rendoit... en quelque sorte informe. Le chapitre étoit seul en possession de célébrer l’office public et canonial, dont les heures n’étoient pas toujours aussi commodes qu’auroient pu le souhaiter nombre de paroissiens qui avoient la dévotion d’y assister. A l’exception de l’administration des sacremens, de la messe paroissiale, de quelques saluts et tout au plus de quelques offices de fondation, la paroisse n’avoit point d’office réglé et ordinaire 5.

Le service paroissial se faisait seulement dans les trois chapelles du bas-côté sud, appelées précisément pour cette raison « la paroisse »; ce bas-côté étant trop étroit pour contenir tous les assistants, ceux-ci devaient se répandre dans la nef et sous le clocher, d’où ils suivaient très mal les offices; de plus les messes paroissiales devaient commencer très tôt, afin de se terminer avant l’office canonial. Le curé de la paroisse avait titre de vicaire perpétuel; il partageait le produit

Page 1