‹ Épithélioma primitif de l'urèthreChapitre 14 sur 41 · LA · texte numérisé non relu

LA

bulbaire est avancée cependant et quelques aréoles seulement restent perméables. $ : à

L’épithélium pavimenteux, stratifié, non corné, épais, est formé de dix à quinze assises de cellules polygoñales: non dentélées, Endartérite des grosses

artères du corps spongieux.

Segment III. — (Région sus-bulbaire en avant de l'ulcération). . L'urèthre est en forme de fente transversale, il est entouré d’une zone de

. tissu fibreux, pur, dense, serré. La cavité uréthrale est tapissée d’un épithélium

pavimenteux stratifié, non corné, très épais (15 à 20 couches), reposant sur un derme papillaire. Au niveau d’un de ses angles latéraux, la cavité uréthralé est ouverte et communique avec les trajets fistuleux. IL y a là un ensemble de fentes diverticulaires irrégulières, creusées dans le tissu fibreux péri-uréthral, allant de l’urèthre à l’extérieur et contournant toute la partie latérale du bulbe, en dehors de son enveloppe fibreuse, pour se diriger en bas. Tous ces trajets sont tapissés d’un épithélium pavimenteux stratifié, très épais, proliférant,

“identique à l’épithélium uréthral et continu avec lui. 11 semble qu'il y ait là

une prolifération volumineuse bourgeonnante de l’épithélium uréthral à l’inté-

rieur des trajets fistuleux. Quelques diverticules de ces trajets sont absolument

remplis par des masses desquamées d’épithélium plat.

Segment IV. — (Région membraneuse ulcérée.) :

L'urèthre est très dilaté. La paroi inférieure est lé siège d’une grande ulcération détruisant toute la muqueuse, et dont le fond ést formé par du tissu ‘embryonnaire avec des flots nécrotiques. La muqueuse est conservée en quelques points seulement de la paroi supérieure. L’épithélium uréthral conservé est

. pavimenteux, stratifié, très épais, non corné, à derme papillaire, Il existe une sclérose péri-uréthrale circulaire, non totale. Quelques glandes dilatées avec

péri-adénite.

OBSERVATION III. (Personnelle.)

, 8 ans, entre salle Velpeau, no 29, le 27 mars 1891.

ae en 1860, jamais complètement guérie depuis. Début des symptômes de rétrécissement en 1885.

En 1890, entré à Necker avec un abeès urineux. Incision : dilatation jusqu'au 37 Béniqué ; il sort, conservant une fistule périnéale.

Pas de traitement depuis lors : rentré en mars 1891, avec une grosse induration périnéale traversée par plusieurs trajets fistuleux.

Urèthre rétréci dans toute la région périnéale, admettant un n° 12. Incision

épée, résection des tissus fibreux péri-uréthraux, sonde à demeure ne 14.

Le malade meurt d'infection fébrile le 3 mai, avec une double pyélo-néphrite

suppuréé.

A lAutopsie, l'urèthre est étroit dans toute la portion pénienne postérieure ; en avant du bulbe, on ne peut distinguer le canal : il se perd au milieu de tissus fibreux indurés. À ce niveau commence un vaste foyer de suppuration périnéal,

qui s'étend ên arrière jusqu’à l’aponévrose périnéale moyenne et enveloppe la demi-circonférence inférieure du bulbe. En arrière, on retrouve le canal très largement dilaté.

EXAMEN HISTOLOGIQUE. — Segment I. — (Région spongieuse antérieure.)

L'urèthre rétréci s'ouvre, sous la forme d'un trou rond, irrégulier, au milieu du corps spongieux diminué de volume. Il est entouré d’un anneau de tissu scléreux dense, complet, formé de tissu fibreux au milieu duquel se distinguent des nodules de tissu élastique et des faisceaux. musculaires hypertrophiés. Le corps spongieux est oblitéré dans plus de la moitié de son étendue ; en quelques points même, on ne retrouve que de rares aréoles perméables à la périphérie, sous l'enveloppe fibreuse. C’est au niveau des parties latérales et de la paroi supérieure du canal que le tissu fibreux néoformé est le plus épais et le plus ancien. L'urèthre est revêtu d’un épithéllum pavimenteux stratifié, épais, sans couche cornée : la ligne basale, sinueuse, repose sur des papilles rudimentaires du derme : en quelques points, infiltration embryonnaire sous-épithéliale loca= lisée.

Segment II. — (Région spongieuse postérieure en avant du bulbe.) ;

L'urèthre et le corps spongieux ont ici complètement perdu leur aspect normal. A leur place, on trouve une masse volumineuse homogène, où, à l'œil nu, on ne distingue plus trace de canal. :

Le corps spongieux est envahi et oblitéré en totalité par une infiltration embryonnaire confluente. Au milieu de ce tissu inflammatoire uniforme, existent d’étroites fentes fissuriques dirigées vers la face inférieure, où elles se con= tinuent avec des trajets fistuleux multiples, compliqués, qui s'ouvrent à l’extérieur dans le foyer périnéal. Ces fentes, creusées dans le tissu embryonnaire, sont tapissées d’une couche d’épithélium pavimenteux stratifié, ici très bas et corné, là très épais, proliférant, dessinant des saillies papillaires et des bourgeons ; en quelques points, les fentes élargies sont remplies de gros amas d’épithélium plat desquamé. Par endroits, la prolifération épithéliale est énorme : de gros bourgeons épithéliaux dermoïdes pleins, où se dessinent des amas lobulés concentriques, analogues à des globes épidermiques, naissent du revêtement épithélial des trajets, et s’enfoncent dans le tissu embryonnaire périphérique.

Les trajets fistuleux sont, comme les fentes avec lesquelles ils communiquent, revêtus d'épithélium dermoïde, épais, non corné. En étudiant les coupes où débute cette remarquable lésion, on peut en comprendre l’évolution. Ces fentes revêtues d’épithélium, représentent les vestiges de l’urèthre, entouré, déformé, comprimé, presque détruit par une infiltration embryonnaire confluente ; d’abord péri-uréthrale, cette infiltration inflammatoire envahit bientôt tout le corps spongieux. On constate aisément la continuité entre le revêtement épithélial de ces

fenies et les trajets fistuleux qui s'ouvrent dans le foyer de suppuration sous= uréthral.

IL y a là évidémment une poussée inflammatoire totale, surajoutée aux lésions

anciennes, et qui aurait abouti sans doute à la destruction par suppuration de tout ce segment de l’urèthre.

El. Diet … Segment IIT. — (Région bulbaire antérieure.)

. Ici on retrouve les lésions anciennes bien caractérisées, faciles à interpréter, L'urèthre, assez large et béant, à la forme d’une fente transversale se pro- . longeant par ses deux angles latéraux j jusqu’au voisinage de l'enveloppe fibreuse du bulbe : la paroi supérieure est lisse, l'inférieure est interrompue en son milieu par un prolongement en forme de cul-de-sac étroit, qui s'enfonce profondément au-dessous du canal, dans le tissu-altéré du bulbe.

Le tissu péri-uréthral présente des lésions scléreuses avancées et étendues

- singulièrement disposées : quatre nodules de tissu fibreux pur, compact, de

volume inégal, sont disposés autour du canal, deux à la partie supérieure, deux à la partie inférieure, symétriquement placés l’un à droite, l’autre à gauche de Ja ligne médiane, directement sous- -épithéliaux; ils sont réunis-entre eux par un tissu conjonctif moins dense, où se distinguent plusieurs amas nodulaires de tissu élastique. Le bulbe est oblitéré dans presque toute son étendue, sauf quelques aréoles encore perméables à son extrémité inférieure.

L'épithélium uréthral est épais, pavimenteux, stratifié, vraiment épidermoïdal :

. une couche basale de cellules cubiques ; des couches nombreuses de cellules polygonales dentelées s’aplatissant vers la surface, s’infiltrant de granulations d'éléidine ; en plusieurs points, couche cornée épaisse, en abondante désquamation à la surface. Dans la couche moyenne, on rencontre des îlots cellulaires -où les éléments indistincts gonflés, dégénérés, ne se colorent plus.

L’urêthre est ici le point de départ d’une fistule dont on suit facilement la formation. L'un des angles latéraux de la fente uréthrale est ouvert et se continue à plein canal avec un trajet qui aboutit au foyer péri-uréthral. Ce trajet, très irrégulier, présente deux diverticules longs et étroits, fissuriques, dirigés l’un en haut, l’autre en bas, et contournant la demi-circonférence latérale du bulbe, en dehors de son enveloppe fibreuse. Le trajet et ses diverticules sont tapissés en totalité d’un revêtement épithélial pavimenteux stratifié en continuité avec l’épithélium uréthral pathologique. On peut même, au point où débute ce trajet

fistuleux, constater l'existence d’une active prolifération de cet épithélium. Un

cordon épithélial plein, irrégulier, avec des renflements et des bourgeons volumineux, part du revêtement épithélial de l’urèthre au niveau de l’angle du canal, et s'enfonce dans le tissu péri-uréthral, jusqu’à l'enveloppe du bulbe,

Le revêtement épithélial dermoïde de la fistule semble donc bien nettement

- une émanation de l’épithélium uréthral pathologique proliférant.

Segment IV. — (Région sus-bulbaire, point où l’urèthre pénètre dans le bulbe.) ;

L'urèthre, large, béant, dessine un orifice quadrilatéral irrégulier. Il est entouré d’une zone scléreuse circulaire complète où des amas élastiques alternent avec des lames fibreuses. Au-dessous de lui, le bulbe, dont les trabécules sont fort épaissies, garde encore dans sa partie inférieure des aréoles perméables.

Cf GE épithélium repose sur une zone d” infiltration embryonnaire plus ou moins

épaisse, irrégulièrement répartie ; c’est au niveau des deux angles latéraux du

‘remplies d’un amas d’épithélium desquamé confus. Les conduits excréteurs sont

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