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la recouvraient à sa partie postérieure et inférieure ; mais en avant elle se confondait avec le bulbe,qu'il fallut inciser assez profondément pour détacher complètement les parties malades. On eut encore à sectionner un petit pédicule fibreux et vasculaire qui se dirigeait en haut et en avant, et ge on supposa devoir renfermer le canal excréteur de la glande. I n'y eut qu'une hémorrhagie insignifi jante à la fin de l'opération. La paroi uréthrale avait dû être intéressée,
Car il s'établit une petite fistule urinaire qui exigea l'introduction d’une sonde à demeure pendant quelque temps. La plaie guérit sans autres suites fâcheuses, et ce résultat favorable s'est maintenu jusqu'à ce jour, c'est-à-dire après plus de deux ans.
Examen anatomique. — La tumeur de forme assez régulièrement ovoïde, a le
volume d’une grosse noisette, son plus grand diamètre mesure environ 2 centim. Sa surface est divisée en plusieurs lobes par des sillons peu profonds surtout apparents du côté de la grosse extrémité. Elle est entourée presque entièrement d'une capsule fibreuse assez résistante, quoique de faible épaisseur. L'extrémité antérieure de la tumeur, de consistance squirrheuse, se prolonge en un mince pédicule; vu la situation de ce dernier, qui fut trouvé implanté à la partie antérieure et interne du néoplasme au moment de l'opération, on avait. pensé d'abord qu'il pourrait renfermer le canal excréteur de la glande, mais l'examen histologique montra par la suite qu'il était exclusivement formé de tissu conjonctif avec quelques vaisseaux.
Sur une coupe passant par le grand axe, la surface de section de la tumeur présente à l'œil nu deux portions bien distinctes : d’une part, cinq lobes arrondis, finement grenus, occupant une forte moitié du champ (celle qui correspond à la grosse extrémité) et lui donnent une apparence glandulaire assez nette qui avait fait porter le diagnostic clinique, d'adénome. Il existe encore quelques
autres lobes non touchés par la section ; ily en a une dizaine en tout.
Le plus grand des lobes mesure environ 6 millim. de diamètre, le plus petit n'en à que trois ; les minces cloisons conjonetives qui les séparent se continuent sang ligne de démarcation avec l'autre moitié de la coupe, dont l'aspect contraste d’une manière frappante avec celui dé la partie précédente ; elle: paraît constituée par un tissu fibreux, dense, légèrement nacré, irrégulièrement parsemé de petites granulations qui confluent en quelques points pour former des îlots opaques offrant la même apparence que les lobes de la première portion, mais moins nettement limités et NR moins étendus (le plus gros”
atteignant à peine 2 millim).
Sur les coupes microscopiques examinés à un faible grossissement, on ne trouve rien tout d'abord qui rappelle la structure normale de la glande de Cowper; la tumeur est essentiellement constituée par des formations épithéliales agglomérées en masses compactes dans les lobes signalés plus haut, éparses au contraire et beaucoup plus petites au niveau de la deuxième portion où elles se trouvent séparées par des faisceaux musculaires lisses, de volume variable et s’entre-croisant dans: toutes les directions.
Au sein des masses épithéliales, on aperçoit en RHFRLE points une multi-
tüde d'espaces clairs, se “dessinant sur la coupe comme des taches arrondies, isolées ou réunies par groupes, et que l’on prendrait volontiers à première vue pour des formations kystiques. Un examen plus attentif ne tarde pas à montrer qu'il n’en est rien, et que ces lacunes sont occupées par des corps translucides se trouvant fréquemment en continuité de tissu avec la charpente lumineuse du néoplasme ; ces sortes de bourgeons de tissu conjonctif hyalin ne sont autres que des corps oviformes décrits par M.Ch. Robin dans ses tumeurs hétéradéniques (le la deuxième variété. ; à
Outre ces corps, le néoplasme renferme aussi de véritables excavations he tiques, de sorte que, pour le décrire complètement, nous devrons passer en revue successivement : les formations épithéliales avec leurs micro- -kystes, et le tissu interposé (stroma) ainsi que les corps oviformes qui en dépendent.
Suivant la disposition réciproque de ces diverses parties et leur degré é d'évolution, l'aspect général varie beaucoup d’un point à l'autre. Fee
Dans une grande portion de la tumrur, notamment dans celle qui Rnueu aux. lobules les plus volumineux et dans la majeure partie de l'étendue de ces derniers, les massesépithéliales ne se distinguent pas sensiblement par leur aspect : de celles qui entrent dans la composition de la plupart des épithéliomas glandulaires et dans celle de certains cancroïdes des téguments d'origine ectodermique (épithéliomas dits tubulés). Ce sont des tractus pleins, irrégulièrement ramifiés et anastomosés, parfois cylindriques, plus fréquemment moniliformes à renflements très inégaux alternant avec des portions rétrécies, tantôt pourvus d’expansions latérales en forme de lobules arrondis étroitement pédieulés et souvent réunis en groupes à disposition racémeuse, tantôt terminés par des prolongements eftilés.
Au centre de quelques-uns des amas:les plus Considérabless on. rencontre de petits foyers de nécrose tels qu'ils existent communément dans la plupart dés
tumeurs épithéliales.
Les cellules épithéliales sont assez petites, de forme polyédrique, à gros noyaux arrondis munis souvent de nucléoles volumineux et brillants. Leurs
limites sont souvent peu distinctes, ce qui tient au procédé de conservation
employé (fixation par l'alcool à,36°), mais on voit facilement qu’elles sont de volume fort inégal, juxtaposées la plupart du temps sans aucune symétrie apparente. Leur aspect général est sensiblement atypique, en d’autres termes le polymorphisme si caractéristique des éléments qui constituent les tumeurs épithéliales envahissantes est nettement reconnaissable, bien qu'il n “existe pas à un degré très prononcé. Les masses épithéliales sont séparées par une Hmite bien tranchée du stroma conjonctif ; ce dernier, généralement, peu abondant, est formé par un tissu lamineux fibrillaire entourant cà et là de Vaisseaux Le petit calibre. AE AC On trouve par endroits des cavités microcystiques dans un taie nombre de cylindres épithéliaux; ces excavations prennent un développement remarquable sur d’autres points tels que celui que nous avons représenté dans la figure suivante. On se trouve alors en présence d'un réseau de mincés travées
épithéliales pourvues d'une lumière centrale tubulée qui les parcourt souvent dans une grande étendue. Beaucoup de ces tubes sont assez régulièrement -calibrés, limités par une seule rangée de cellules cubiques formant un revétement d'une régularité remarquable. La cavité est remplie de cylindres et de blocs homogènes el transparents, légèrement teintés en jaune, qui se moulent exactement sur les parois. Ces corps englobent souvent des grains proto-. __ plasmiques et mêmes des cellules desquamées encore reconnaissables ; ils offrent l'a aspect des substances dites colloïdes et ressemblent beaucoup à ceux qu'ou rencontre fréquemment à l'état normal dans les pelits conduits de la glande de Cowper. Les tubes vus suivant une section transversale rappellent à s'y méprendre les canalicules droits du rein quand ils sont obstrués par les ii Le diamètre des plus petits est d'environ 50 y dont 15 à
y pour le contenu colloïde. Parfois même, mais plus rârénient, on trouve
RE . kystes un peu plus grands, dont le contenu est formé par un liquide trans-
Le NE
EN parent tenant en suspension de petits blocs et des grains colloïdes, et dont l’ épi- 12 thélium a pris le type cylindrique peu élevé (la hauteur est d'environ 14 p) à FRÈRE noyaux allongés suivant le grand axe des cellules. # à { ES On trouve encore, mais en moindre quantité, des microcystes à cavité étroite ARE TES - parfois presque linéaire, qui ne renferment qu'un liquide incolore et trans- Æ ET = parent. Si l’on avait pu concevoir quelques doutes au sujet de la nature épithé- 4 liale des éléments constituant le néoplasme, les aspects que nous venons de
décrire suffiraient pour les dissiper entièrement. * D Le stroma de la tumeur est le point de départ de productions hyalines dont les dispositions anatomiques sont souvent des plus remarquables et dont la présence imprime au néoplasme un cachet tout particulier.
ee Se Déjà, dans quelques portions des lobes qui ont été décrits en premier lieu, on peut voir des cloisons lamineuses qui ont perdu leur aspect fibrillaire Doha TPE = et offrent la réfringence et l’homogénéité qui caractérisent la transformation Es dite hyaline du tissu -conjonctif. En plusieurs points, ces cloisons émettent des
A prolongements qui s’enfoncent dans l'intérieur des formations épithéliales sous Ets forme de travées étroites ramifiées et anastomosées en tous sens. On voit ainsi œ une sorte de charpente réticulée, composée de trabécules brillantes qui LT Eee CRUE pénètrent au sein des masses épithéliales et paraissent subdiviser ces dernières RRPETS en lobules de plus en plus petits souvent juxtaposés sur les coupes avec une sorte de régularité. Un examen attentif peut faire découvrir çà et là des ren- fleménts arrondis échelonnés le long des travées de moyenne grosseur, ou fe même de petits appendices pyriformes brièvement pédiculés et offrant la même M CS | apparence hyaline.
# Mais c’est surtout dans la portion supérieure de la tumeur, là où les tubes et “ les lobules épithéliaux sont disséminés et généralement de petit volume, qu'on 2-7 peut étudier les différents aspects qu'affectent les productions hyalines et suivre le développement progressif de ces dernières. : Enétudiant les coupes à un grossissement de 400 à 500 diamètres, on aperçoit “en divers endroits, principalement vers les limites de la tumeur, des faisceaux
“vue, la plupart du temps, de toute apparence de structure. Cependant cette
lamineux qui paraissènt gonflés et dont la composition fibrillaire est peu dis-
tincte ; à cet état le 'carmin leur communique une teinte spéciale d'un rose -
sale. Sur d’autres la ‘transformation est de plus en plus accentuée, les faisceaux peuvent être atteints uniformément sur une certaine longueur, ou revêtir au
contraire un aspect moniliforme et comme variqueux. Quand la métamorphose
est complète, on voit, suivant les sens de la section, des champs arrondis où elliptiques, des bandes régulières ou sinueuses d’une substance-d’ aspect vitreux, ne se colorant en aücune façon par le picro-carmin ou par l’éosine, et dépour-
modification d’un faisceau isolé où de petits groupes situés en plein tissu conjonctif et entourés de toutes parts par des fibres normales est en somme assez exceptionnelle. En général le passage à l’état hyalin se produit surtout au
contact des parties épithéliales qui paraissent alors plongées dans une masse- À
fondamentale amorphe et brillante. Assez souvent la transformation se localise au pourtour des tubes et des petits lobules qui sont alors pourvus d’une enveloppe régulière simulant à s’y méprendre une paroi propre et complétant encore la ressemblance de ces parties avec des éléments glandulaires normaux.
Mais les modifications du tissu conjonctif ne se bornent pas à ces transformations en quelque sorte passives ; nous assistons au contraire à une véritable néoformation de parties hyalines ; celles-ci se présentent partout sous forme d’excroissances du stroma qui poussent dans l’intérieur même des lobules épithéliaux, les pénètrent en tous sens et tendent à les comprimer et à les
faire disparaître peu à peu en se substituant à eux. Cette substitution a été
décrite de la manière la plus exacte par M. Malassez sous le nom d’envahissement myxomateux de l’épithélioma, et les parties envahissantes ne sont autres que les corps oviformes de M. Ch. Robin. Commè ces phénomènes existent dans notre tumeur sur une grande échelle et sous des aspects très caractéristiques nous avons figuré les phases les plus AHPOFERUES de l'évolution
des corps oviformes. k : : ; Au premier stade, on voit un pêtit bour geon arrondi partir du tissu lamineux
au contact de lépithélium et refouler ce dernier devant lui, de manière à s’en coiffer s’il s’agit d’un tube ou d’un tractus mince, ou de on dons la masse épithéliale si celle-ci est plus volumineuse. Parfois le bourgeon offre encore au début une structure fibrillaire très nette ; mais il ne tarde pas à la perdre, et souvent même dès le début il est formé d’une substance hyaline et anhyste.
Bientôt des végétalions secondaires, séniles où pédiculées, fort variables quant à leur forme et à leur volume, se produisent sur le bourgeon primitif; des ramifications villeuses s'étendent de tous côtés dans la masse épithéliale qui ne tarde pas à se trouver remplie de cordons hyalins moniliformes avec des appendices arrondis plus ou moins longuement pédiculés, l’e HeonRe revêtant sur les coupes les aspects les plus divers.
Le développement ultérieur des corps oviformes présente également une série
de particularités intéressantes : ils grossissent peu à peu et leur accroissement ÿ
à pour résultat l'atrophie progressive de T'épithélium ainsi envahi. Dans les:
Pa ne Re Rene |
lobules un peu volumineux, les boules hyalines des cordons se présentent. ‘SUP | les coupes commedes champs arrondis clairs, séparés par des portions épithéliales de plus en plus étroites, à mesure que ‘ee Champs s’élargissent. En bien des points l'épithélium ne constitue plus qu’une sorte de‘réseau, encadrant les ‘1 F corps oviformes ; enfin ces derniers arrivent en contact, les trabécules épithé- SR liales s'atrophient et se résorbent, et l'on ne voit plus qu'un amas de corps ovi- | | formes avec quelques restes épithéliaux en voie de disparition. ‘# LE Le fait est encore plus frappant lorsqu'il s’agit de formations épithéliales d’un petit volume dans lesquelles vient pénétrer un corps oviforme et qui sont détruites rapidement. par la croissance de ce dernier. La plupart des corps hyalins qu’on trouve isolés dans, le stroma paraissent avoir cette origine, Lorsque les corps oviformes envahissent des masses épithéliales creusées de : microcystes, on observe encore une série de dispositions remarquables suivant £ la manière dont se comportent cés deux ordres de-formations, une fois qu’elles , viennent à se toucher.
Si ce sont des kystes à contenu liquide, les végétations hyalines en “déprie ment la paroi qui va s’accoler à celle du côté opposé; la cavité se réduit à une fissure linéaire qui entoure exactement, à la facon d’une poche séreuse, un groupe de corps oviformes ; elle l'isole pendant quelque temps des tissus ambiants auxquels il ne tient plus que par son pédicule, jusqu’à ce que les
* parties épithéliales disparaissent par atrophie progressive. ù ; . Quand les kystes placés sur le passage des formations hyalines en voie d’acpri : croissement.- sont à contenu solide (blocs ou cylindres colloïdes), ce dernier est G résorbé habituellement ‘en même temps que les épithéliums qui l’entourent. Cependant il arrive quelquefois qu'une végétation transparente déjà-ancienne et: molle pénètre dans une excavation de ce genre en traversant par irruption une paroi épithéliale, amincie peu à peu par l’atrophie, suite de la compression 8 exercée par le corps oviforme. Dans ces conditions, on peut trouver dans une même cavité épithéliale des formations hyalines et des blocs colloïdes, ce qui ne laisse pas d’embarrasser l'observateur au premier abord. | à FE Nous devons noter égalément quelques faits relatifs à l’évolution individuelle: ,des corps oviformes.
. On a vu précédemment que les excroissances laféralés émises ‘par les travées a stroma conjonctif représentent souvent au début de simples bourgeons d'un aspect fibrillaire assez prononcé (à moins, toutefois, qu'ils ne prennent naissance sur des parties hyalines, auquel cas ils sont absolument sans structure).
* Une fois que les végélations ont pénétré à quelque distance dans l'intérieur des lobules de lépithélioma,' leur tissu est tout à fait homogène, incolore et amorphe; il offre une certaine consistance ainsi que le prouve la manière dont les corps oviformes se comportent entre eux, et vis-à-vis des parties
: ambiantes. Mais, à mesure qu'ils approchent du terme de leur croissance (les plus gros ont environ un quart de millimètre de diamètre), leur constitution subit des modifications notables. Sur les corps de moyenne grandeur, on commence à voir un double contour, à coupe optique foncée et semblant indiquer la
formation d'une membrane d’enveloppe. Celle-ci est extrêmement mince au début, mais elle devient de plus en plus apparente, et bientôt le corps hyalin. se trouve pourvu d’une paroi propre épaisse de 3 à 4 y, formée par une sorte de condensation de la substance hyaline dans sa zone la plus superficielle, et limitée de part et d'autre par un contour net. Elle se distingue de la partie centrale qu’elle entoure par un degré de réfringence beaucoup plus prononcé, et aussi par une résistance et une ténacité plus grandes, ainsi qu'il est facile de le constater lorsqu'elle se trouve plissée sur les coupes ou déchirée sur les dissociations par suite d’un artifice de préparation. En examinant les corps les plus avancés en évolution, on voit que cette enveloppe n’a qu'une existence passagère. Elle perd peu à peu sa réfringence et son homogénéité, pour prendre un aspect mat et finement strié ; en même temps la netteté de son bord (vu-sur les coupes ou en section optique) s’efface;.au lieu d'être disposée suivant une courbe régulière, elle revêt l'apparence d’une bandelette ondulée, Bientôt elle présente des portions épaissies altérnant avec des amincissements au niveau desquels se produisent des solutions de continuité plus tard ; la paroi altérée est réduite à des sortes de lambeaux irréguliers qui semblent nager dans la partie intérieure du corps oviforme devenue liquide. I est évident que ce corps, à ce moment, a acquis une fluidité prononcée dont rien auparavant ne dénotait l'existence ; il renferme fréquemment des figures étoilées ou des sortes de réseaux irréguliers, qui paraissent provenir, en partie -du moins, des débris de l'enveloppe, et dont l'apparition paraît liée à la destruction de cette dernière. D'autres fois les corps oviformes offrent une apparence de couches cencentriques assez vaguement dessinées, ou bien leur substance se remplit uniformément de granulations moléculaires opaques. Malassez signale la formation de petites cavités myxomateuses résultant de la confluence de plusieurs corps oviformes, mais nous n'avons pas trouvé de stade ultime de la liquéfaction progressive des formations hyalines.
De nombreux corps oviformes à toutes les phases d'évolution se trouvent répartis sans aucun ordre dans toutes les partis de la tumeur, tantôt isolés, tantôt réunis en amas et affectant les groupements les plus variés. Si l’on ajoute à cela les formes irrégulières des lobules et des tubes épithéliaux, tantôt juxtaposés en lobes compacts, tantôt disséminés dans un stroma riche en faisceaux musculaires lisses et présentant les formations hyalines les plus diverses, on comprendra la variété très grande des aspects qu’offrent les préparations. Cette variété est telle qu'elle échappe à toute description méthodique et que nous avons dû nous borner à relater les faits anatomiques les plus saillants.
Nous devons signaler, pour finir, la présence vers l'extrémité antérieure de la tumeur, de quelques lobules normaux et de canalicules de la glande de Cowper qui persistaient au milieu des productions épithéliales pathologiques. D'autre part, la périphérie du lobe le plus volumineux présente un point où lépithélium formé un réseau absolument diffus au sein d’un tissu conjonctif dense, de sorte
que cette portion du néoplasme a toutes les apparences des tumeurs squirrheuses (carcinomateuses).
Outre la présence du pédicule fibreux considéré à tort comme le canal excréteur de la glande, nous avons utilisé quelques détails histologiques pour établir l'orientation de la tumeur. Nous avons trouvé, en effet, quelques faisceaux musculaires striés dans la capsule d’enveloppe vers la grosse extrémité,
- tandis que les fibres lisses existaient exclusivement et en grande quantité dans la partie opposée. Celle-ci renfermait encore quelques excavations en forme de
fifsures irrégulières souvent bordées par de gros tractus musculaires lissés et paraissant correspondre à des mailles de tissu érectile envahies par l'épithé-
=loma (NE
- La comparaison avec re normale de la région, montre qué ces données s'accordent parfaitement avec celle qui résultent de la relation de l’opération pour déterminer la position de la tumeur dans l'épaisseur du périnée.
D'après la description qui précède, on peut affirmer que notre tumeur répond aux productions dites tumeurs hétéradéniques à Corps oviformes de Ch. Robin. Ces dernières rentrent elles-mêmes dans un groupe assez hétérogène, qui a reçu, d’après Billroth, le nom de cylindromes.
M. Malassez a publié (Archives de Physiologie, 1883) une étude anatomique et critique de ces tumeurs, en appuyant ses observations personnelles d’un hislorique très complet de la question. Sauf quelques points dé détail, nous nous rallions aux opinions exprimées par cet auteur, qui a traité ce sujet avec sa
clarté et sa compétence habituelles. Nous renvoyons en conséquence à son
mémoire en ce qui concerne l’histoire générale des tumeurs de ce genre, en nous bornant à ajouter ici quelques LÉAGEoAE particulières sur le cas qui fait l'objet de ce travail. 2
La tumeur est évidemment de nature épithéliale. Malgré le soin que nous avons mis à en examiner toutes les parties, il nous a été impossible de trouver un point montrant l'origine de la néoformation et sa dérivation directe d'un
organe épithélial normal. Ainsi qu'il arrive ‘très fréquemment dans l'analyse anatomique des épithéliomas, les lésions étaient trop avancées au moment de
l'opération pour que l’on pût en retrouver les premiers stades. Nous devons considérer comme des formations hétérotopiques toutes les parties qui viennent
… d'être décrites ; si quelques-unes d’entre elles occupent encore l'emplacement
(1) Suivant 2. KLEIN (in Séricker's Handbuch, p. 647), on trouve entre les lobules de la glande de Cowper de nombreux faisceaux de fibres lisses qui pénètrent par la
portion supérieure et interne de cet organe et dépendent en majeure partie d’un
tractus musculaire longeant la face inférieure de l'urèthre à ce niveau, Cette couche
. musculeuse forme entre les deux glandes de Cowper une cloison de séparation dont
l'épaisseur peut dépasser 1 millim. D'autre part, on observe aussi des fibres striées
& qui se détachent du transverse profond et qui arrivent dans la glande par sa partie
inférieure et externe.
Sur nos préparations, nous avons pu suivre nettement le trajet de ces déénierss mais il nous à paru beaucoup moins facile de déterminer la disposition des muscles lisses qui affectent les directions les plus variées et qui semblent exister To toutes
48 parties de la glande.
pas
des organes qui leur ont donné naissance, ces derniers sont trop déormés de : être reconnaissables. I1 suffit d'ailleurs d'étudier la limite de la tumeur (prinei-
“palement vers sa partie antéricure) pour se convaincre qu'on est en présence d'une zone d’envahissement bien caractérisée ; les tractus épithéliaux, souvent
tout à fait atypiques, pénètrent de toutes parts au milieu des faisceaux museu-
laires lisses, les dissocient et les font disparaître. - Dans la glande de Cowper normale, on voit au contraire les fibres cellules réunies en tractus volumineux
qui s'étendent entre les lobules glandulaires sans jamais pénétrer dans l'inté-
rieur de ces derniers. A l'extrême limite des parties enlevées, nous avons même “eu à signaler des portions de tissu érectile envahies par le néoplasme.
On voit done que si les données topographiques relatées plus haut, et la per-
sistance d'éléments glandulaires normaux dans la tumeur, nous permettent
d'affirmer que celle-cise trouvait bien sur l'emplacement de la glande de Cowper, -nous n'avons par contre aucun renseignement immédiat sur les premiers débuts -de l'affection. En admettant que les acini de la glande ont été le point de départ de l'épithélioma, nous fronege une hypothèse: très pose mais non un fai 5 =
démontré.
Les végétations qui traversent les formations: épithétiates et qui constituent les corps oviformes répondent parfaitement à la description et aux dessins qu'en a donnés M. Robin. Nulle part, nous n’y avons trouvé de vaisseaux capillaires, ni même de cellules fibro- plastiques bien nettes (1); et il en a été de même ù dans les autres productions du même genre que nous avons eu l’ occasion d'exa-
miner. En quelques points seulement, les corps hyalins présentaient une sorte
de filament axile plus foncé ; mais d'une façon générale, leur, substance’ était
parfaitement anhyste. Ce n’est que par l'étude des formes intermédiaires qu'il est possible de rattacher cés excroissances villeuses, dépourvues de structure, aux différentes formes du tissu conjonctif dit RENE tel qu’ on le voit chez l'embryon ou chez l'adulte. '
Suivant les tumeurs examinées, on peut dire que les comparaisons aqueles LE
ont eu recours les divers auteurs (villosités choriales, gaînes adventices trans-
parentes de certains vaisseaux, ete.), sont toutes plus ou moins justifiées, mais Fe
ne s'appliquent qu’à des cas particuliers.
Quant à l'apparition d'une enveloppe à la périphérie des Corps les plus âgés
nous là considérons comme le premier signe de leur dénutrition et de Bu
liquéfaction conséeutive (ramollissement. muqueux) (2). LR ETES
(1) Nous devons dire à cet égard que la dissociation ne nous à donné que de
médiocres résultats, vu le séjour prolongé de la pièce dans l'alcool. En opérant:
dans des conditions plus favorables, peut-être eût-on trouvé quelques éléments figu-
rés; mais s’il y avait eu dés capillaires, ïls auraient certainement ‘été visibles sur r les L
coupes. : ï (2) Nous pensons avec M. Malassez que les corps oviformes. débats par es pre-
miers observateurs, se rapportent en partie à des produits de sécrétion épithéliale,
comparables par exemple aux blocs colloïdes de notre tumeur, J’ai rencontré plu-
sieurs fois dans des épithéliomas de ce genre, en même temps que des formations
ne.
Les formations hyalines du stroma, diffuses ou localisées {systématisées,
Malassez) sous forme de zones plus ou moins épaisses autour des cylindres épi-
théliaux, n'offrent également qu'une analogie lointaine avec les parois propres de certaines glandes normales composées d'un manchon de substance hyaline ou finement fibrillaire, doublé intérieurement d’une couche de cellules spéciales.
Il faut remarquer d’ailleurs que ces termes de dégénérescence ou transformation colloïde, hyaline, muqueuse, ete., ont une significatiou assez peu précise et se rapportent à des objets fort disparates. Les tentatives faites jusqu'ici pour en donner une caractéristique chimique bien définie ne paraissent pas avoir été fort heureuses. Ces mots ont trait plutôt à certaines qualités optiques, à des analogies de structure. Il est évident, par exemple, que le fait de trouver les réactions de la mucine dans une série de productions histologiques, n’autoriserait nullement à les regarder comme identiques, quant à leur nature et à leur origine.
- Quelle est enfin la signification générale deces épithéliomas (cylindromes), et y at-il lieu d’en faire un groupe à part ? On trouve dans toutes les régions des tumeurs présentant à tous les degrés de développement des formations hyalines dans leur charpente lamineuse. L'existence de végétations très étendues avec des amas d’appendices oviformes est sans doute un fait anatomique très frappant à l'inspection des préparations ; mais en somme il ne constitue en quelque sorte que le dernier terme d'une série qui se rattache par une gradation insensible aux autres tumeurs épithéliales. Même la destruction progressive par les corps oviformes des. parties plus anciennes de l’ Épithéhora trouve son pendant dans les
: phénomènes d'atrophie et de cicatrisation qu'on observe dans certains squirrhes.
Nous pensons en résumé, que la plupart des cylindromes doivent rentrer nié la catégorie des épithéliomas glandulaires les moins atypiques (métatypiques, Malassez), productions relativement bénignes dans la première période
de leur existence, mais sujettes à prendre plus tard une marche envahissante.
Nous aurons l'occasion de développer plus simplement ces considérations dans un mémoire en voie de publication sur les épithéliomas de la mamelle.
OBSERVATION XLVI (de MM. KOCHER et KAUFMANN).
- À 12 ans, le malade, qui a aujourd’hui 57 ans, fit une chute et tomba à califourchon sur une poutre. A la suite, il pissa du sang et pendant quelques années il éprouva une sensation de cuisson au moment de la miction. Il y a quatre ans, le malade eut des douleurs de rein. Depuis deux ans, il éprouve une douleur continue, sourde à l’anus et au périnée, qui, dans ces derniers temps, est devenue presque insupportable et influe sensiblement sur le sommeil. I1y a en même
conjonctives hyalines, des noyaux cartilagineux, etc., de petites cavités kystiques renfermant des sortes de concrétions alhumineuses affectant parfois des formes très régulières et offrant même des apparences de structure. Étudiés par dilacération, ces
- corps prêtent certainement à la confusion avec les vrais corps oviformes,.