‹ Épithélioma primitif de l'urèthreChapitre 37 sur 41 · RE · texte numérisé non relu

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moins grosses que le poing, qu’à la palpation on reconnaît formées par des ganglions multiples, tuméfées, de consistance dure. De chaque côté, elles envoient du côté de la partié antéro-supérieure de la cuisse et en haut, au-dessous du ligament de Poupart, des cordons épais, fortement adhérents. Les ganglions. - lymphatiques des régions hypogastrique et lombaire ne semblent pas augmentés de volume au toucher.

L'examen des organes thoraciques du malade ne montre rien d'anormal.

En considérant les caractères de la tumeur, son rapide accroissement, sa consistance, sa tendance à se confondre d’une façon intime avec les parties voisines, l'infection déjà existante des ganglions de la région, on pouvait sans aucun doute admettre que nous nous trouvions en présence d’une tumeur maligne, d'un carcinome; seulement le point de départ ne semblait. pas pouvoir être établi d'une façon bien certaine.

On pouvait exclure un carcinome partant de la prostate ou de la portion membraneuse de l’urèthre, car la tumeur se délimitait nettement d'avec la prostate, qui n'offrait d'ailleurs aucune modification au toucher et était parfaitement indé- pendante de la tumeur. Il n’y avait pas davantage moyen de penser à une tumeur maligne développée primitivement aux dépens de la muqueuse uréthrale, car la aquelse de l’urèthre était absolument Jisse, ne présentait aucune modification et qu'en outre les signes d'une affection uréthrale manquaient. De même il semblait falloir exelure une tumeur partant de la peau et se développant dans la profondeur, car, dans ce cas, on aurait certainement pu reconnaître le siège primitif du point de départ dans la peau.

Un sarcome qui se serait développé aux dépens de l'aponévros e périnéale,

semblait à peine admissible, car il y avait déjà une infection prononcée des gan-

glions, bien que la tumeur se soit d'abord montrée dans la région où la partie spongieuse de lPuréthre devient (PSRAAREUSE et perfore le feuillet moyen de l'aponévrose périnéale. 2

En dernier lieu, on ne pouvait plus penser qu’à une tumeur se développant dans les glandes dé Cowper, en faveur de laquelle, de, prime abord, semblait parler la localisation entre le bulbe et la prostate. Pour toutes ces raisons, je posai le diagnostic de néoplasme développé dans ces glandes, bien que, dans notre cas, en raison de la rareté de cette variété de tumeurs malignes encore

* mal connues, on ne put porter qu’un diagnostic de probabilité.

L'extirpation de la tumeur, faite le 14 août, en même temps que l’ablation de tous les ganglions inguinaux infectés, confirma le diagnostic.

- Après désinfection rigoureuse de tout le champ opératoire, l'évacuation du gros intestin, et l'introduction d'une sonde métallique dans la vessie, on fit, sous chloroforme, une incision menée sur la plus grande courbure de la tumeur, qui, -passant sur la ligne médiane, partait du bulbe de l’urèthre jusqu'à l'oritice anal externe, ayant en tout 14 centim. de long. La séparation de la peau et du dartos déjà solidement adhérents en certains points de la tumeur, se fit sans difficulté ainsi que la mise à nu de la tumeur sur les côtés, après section de l'aponévrose

superficielle du périnée, des muscles transverses du périnée superficiel et profond et l'incision des deux muscles ischio-caverneux.

Sur le bulbe de l’urèthre, avec lequel la tumeur était en rapport intime, on dut, de chaque côté, pour dépasser les limites de la tumeur, réséquer la plus grande partie du muscle bulbo-caverneux, et même dans la portion membraneuse de l'urèthre, pour éviter la blessure de l’urèthre, on dut recourir à une dissection attentive de la portion antérieure. Pour faire l’ablation complète de la tumeur sans blesser la paroi rectale, il fallut, après avoir introduit le doigt dans le rectum, sectionner de chaque côté entre le sphincter externe de l’anus et son releveur, au travers des faisceaux profonds de l’aponévrose périnéale, un morceau de la tumeur s’avançant en forme de cône du côté de la muqueuse rectale.

L'hémorrhagie, pendant cette longue opération, qui dura une heure trois quart, fut en somme très peu considérable, car J'incision ne fut faite qu'après ligature des tissus distendus.

Après exlirpation dela tumeur, on vit, au fond du champ opératoire en avant, le bulbe de l’urèthre complètement mis à nu par la dissection, puis la portion membraneuse de l’uréthre tendue en longueur et limitée de chaque côté par l’aponévrose propre du périnée sectionné, et, en arrière, apparaissait la prostate aucunement modifiée dans la forme et la grosseur. L’éxtirpation est faite sans blessure de l’urèthre ou du rectum. es

Après avoir désinfecté à fond la plaie avec du sublimé à 1/2000, elle fut suturée dans toute sa longueur, sauf à l’angle le plus postérieur, dans lequel fut introduit un drain. Après avoir mis un pansement provisoire, on procéda à l’extirpation des ganglions inguinaux des deux côtés. L’extirpaton en fut assez laborieuse, surtout à droite, où les tumeurs ganglionnaires, grosses comme une

noisette où même une noix, ne furent séparées qu'avec peine de la gaine des

vaisseaux à laquelle ils adhéraient. De ce côté, il fallait également disséquer un cordon lymphatique suivant le trajet des vaisseaux jusque sur la face antérosupérieure dé la cuisse. Pour éviter toute rétention de sécrétion, les plaies inguinales ne furent que partiellement suturées, le milieu des deux incisions fut laissé libre et, après les avoir soigneusement désinfectées, on plaça un pansement à Ja gaze au sublimé, comprimant les deux plaies inguinales et le périnée.

: En ce qui concerne les suites de l'opération, il y a peu de chose à dire. Elles furent très favorables. Les deux premiers jours seulement la température vespérale monta à 380-3804; à part cela, le malade resta absolument exempt de fièvre ; dans la première semaine après l'opération, il dut être sondé ; au bout de huit jours, il commença à uriner spontanément, et la défécation qui, au commencement, avait été très douloureuse, se fit bientôt sans difficulté; les grandes plaies se réunirent en grande partie par première intention et seuls les points qui avaient été laissés ouvertes demandèrent un peu plus de temps pour la cicatrisation.

Quatre semaines après l'opération, le malade quitta la clinique avec une plaie périnéale complètement fermée et avec des plaies inguinales bourgeonnant déjà à leur surface, de la grosseur à peu près d’une pièce de deux sous. L'état général s'était notablement amélioré, le malade commençait à marcher sans douleur; il

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