SYMPTOMES. — COMPLICATIONS, — PRONOSTIC
Des hémorrhagies, des écoulements vaginaux plus ou moins abondants, des douleurs à localisations et à irradiations diverses, des troubles des fonctions de la vessie ou du rectum, tels sont les principaux symptômes de l’épithélioma du vagin.
Début. — Le début est parfois insidieux et la tumeur peut atteindre de grandes dimensions sans attirer l’attention de la malade. Quelquefois même, elle n’est découverte que par hasard, à l’occasion d’un examen chez une femme enceinte, par exemple. Le plus souvent, des écoulements ichoreux, des pertes blanches légèrement striées de sang ou des hémorrhagies véritables décident la malade à consulter un chirurgien.
D’autres fois, les mictions et les gardes-robes douloureuses ou suivies d’une perte de sang, le coït rendu impossible par les douleurs qu'il cause et les hémorrhagies dont il s'accompagne, marquent le début de l'affection. La malade peut, en prenant une injection, constater ellé-même la présence d'une tumeur. Des douleurs plus ou moins vives, locales ou à distance,
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peuvent aussi apparaître. Mais, contrairement à l’opinion de West, la douleur spontanée n’existe que rarerement au début.
Symptômes fonctionnels. — Peu à peu, au fur et à mesure de l'évolution du néoplasme, les symptômes s’accentuent. L'écoulement vaginal devient plus abondant. Les malades ne perdent au début qu’un peu de liquide séreux ou roussâtre ; puis, ce liquide devient louche, jaunâtre ou jaune-verdâtre, épais, enfin purulent ; parfois strié de sang, il peut prendre une couleur brun sâle, si la quantité de sang est plus considérable. Il entraine avec lui des grumeaux, des débris mortifiés de la tumeur. Il répand une odeur infecte, pénétrante, qui peut rendre le séjour d’une salle d'hôpital impossible aux voisines de la malade. La fétidité des secrétions peut être telle qu'elle provoque des vomissements chez les malades atteintes d’épithélioma (Brückner).
L’abondance de l'écoulement ichoreux est très-variable. Parfois, les malades ne se plaignent que de quelques pertes blanches ; d’autres fois, la quantité du liquide est plus considérable et les oblige à se garnir. Chez une femme enceinte, la perte était continuelle et si abondante qu’elle lui avait fait croire à un écoulement des eaux de l’amnios (V. os. xxiv). L’irritation produite par cet écoulement est bientôt suivie de l’inflammation de la vulve et des parties non encore atteintes de la muqueuse.
Comme l’évoulement, l'hémorrhagie est un symptôme habituel de l’épithélioma du vagin ; dans quelques cas pourtant elle n’est pas signalée dans les observations,
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Son abondance varie beaucoup. Quelquefois, c’est à peine si les malades remarquent quelques petits filets de sang dans les pertes vaginales; ou bien, c'est un simple suintement séro-sanguin ; parfois c'est une hémorrhagie véritable, mais peu abondante. Enfin il peut arriver, surtout dans certaines tumeurs très-vasculaires, que l’hémorrhagie soit inquiétante par son abondance et sa durée. L’hémorrhagie peut être le premier symptôme observé. Elle peut être le seul, ou bien s'associer à l'écoulement et à la douleur. On peut, après l'avoir observée au début, ne plus la voir se reproduire; ou bien elle revient à des intervalles variables ; il n’y a rien d’absolu à ce sujet. Quand elle survient à peu près à l’époque des règles, elle peut passer inaperçue ; ou bien l’on peut croire à des règles particulièrement abondantes. Notons en passant que, lorsque l’épithélioma reste limité au vagin et que le col n’est pas touché, il y a peu de modifications de la menstruation. Lorsque l’hémorrhagie se produit chez une femme enceinte, elle peut mettre sur la voie d’une tumeur vaginale, qui est si facilement méconnue dans ce cas, les douleurs, les écoulements, les troubles de la miction et de la défécation étant rapportés à l’état de gestation.
Ces hémorrhagies peuvent survenir spontanément par le seul fait du travail ulcératif. Ou bien elles sont provoquées par un effort quelconque, la miction, la défécation, le coït, le début du travail chez les femmes enceintes. Il est rare que le toucher vaginal, même pratiqué avec prudence, ne soit pas suivi d’une petite hémorrhagie ; d’autres fois, ce sera la canule à injec-
tions quilèsera les parois du vagin, et provoquera une perte de sang.
Les douleurs sont très-variables comme intensité. La douleur spontanée peut même faire défaut, ainsi que le démontrent plusieurs observations. « Dans beaucoup de cas qui sont pourtant très-avancés, les douleurs ne sont pas intenses, et même manquent complètement ». (Winckel.) Sur 12 cas de Küstner, 6 fois les douleurs ne sont pas signalées. On ne peut donc guère admettre l'opinion de West, qui veut que la douleur soit un des symptômes les plus fréquents et les plus précoces, ni celle de Rondot, pour qui elle est plus accusée que dans le cancer de l'utérus. Il est remarquable, au contraire, de voir des tumeurs volumineuses évoluer sans causer de grandes douleurs.
Quand la douleur existe, elle offre divers caractères. Quelquefois, les malades accusent dans le vagin et à la vulve une impression de demangeaison, de cuisson, qui paraît se rattacher à l’irritation provoquée par l’écoulement. D’autres fois, elles ont la sensation d’un corps étranger dans le vagin, avec pesanteur, tiraillements, besoins d'expulsion. La douleur locale sera sourde, continue, ou bien elle sera lancinante, ténébrante, et apparaitra par paroxysmes.
Elle peut s’irradier en divers sens, vers l'abdomen, le bassin, le sacrum, les lombes, le pli de l’aine, les membres inférieurs, la vulve. La rachialgie en particulier est assez fréquente. On chserve aussi assez souvent des douleurs le long du trajet du sciatique. La douleur est bilatérale ou n’occupe qu'un seul côté. Fréquem-